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Le mouvement lycéen et étudiant est en cours depuis mi-septembre. Une nouvelle manifestation sociale est prévue samedi au départ de la place de la République à Paris. Le gouvernement a promis le remplacement progressif de Parcoursup d'ici 2028 et 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur.
Des commerçants des quartiers des alentours de la place de la République ont dénoncé vendredi la décision de la Préfecture de police d’autoriser une nouvelle manifestation samedi au départ de cette place, estimant être les «victimes récurrentes» des rassemblements organisés dans l’est parisien.
Dans un courrier adressé aux autorités, plusieurs représentants de commerçants des secteurs alentour de la place de la République affirment que le quartier «est encore loin d’avoir pansé les plaies des violences des dernières semaines», en référence aux «affrontements violents des 17 et 18 octobre entre les forces de l’ordre et les manifestants, auxquels ont succédé des pillages». «Dans nos 3e, 10e et 11e arrondissements, la protection des commerçants et des biens a manifestement fait défaut», estiment-ils. Les représentants calculent une perte de chiffre d’affaires entre 20 et 70 % «depuis ce nouveau cycle de manifestations», décrivant un «quartier bouclé, des rues inaccessibles, des commerces privés de clientèle».
«Nous considérons qu’il est profondément contraire à l’esprit d’équité démocratique que les mêmes quartiers soient systématiquement désignés comme lieux de rassemblement et, par conséquent, soient toujours les premiers à supporter les conséquences de ces tensions», écrivent-ils, tout en affirmant être attachés au droit de manifester. Ils demandent par ailleurs que ces manifestations n’aient pas lieu le samedi, qu’ils présentent comme une journée cruciale pour leur activité.
Une quarantaine de lycées ont été bloqués vendredi, donnant lieu à «des phénomènes de violence extrêmement durs» et 154 personnes ont été interpellées, a annoncé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Ont été comptabilisés «41 établissements scolaires bloqués (vendredi) matin, c’était deux fois plus hier», a résumé le ministre qui a tenu à faire un point sur le mouvement lycéen en cours depuis mi-septembre, lors d’une conférence de presse à Paris sur le dispositif de sécurité pour la journée de mobilisation sociale samedi.
Selon une source policière, 10.500 personnes ont pris part à 183 actions vendredi dans le cadre du mouvement lycéen et étudiant dans des villes, hors Paris. Laurent Nuñez a déploré «des phénomènes de violence extrêmement durs» devant les établissements scolaires bloqués, avec «des prises à partie systématiques des forces de sécurité intérieure» lors des interventions.
Des incidents ont été recensés «à Lyon, devant le lycée Édouard-Herriot où un incendie a été allumé, à Pessac (Gironde), à Cugnaux» en Haute-Garonne, où il y a eu «un début de mise à feu, notamment dans le hall de l’établissement scolaire, à Saint-Jean-de-Braye (Loiret), à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour le lycée Suger, ou encore à Limoges, où on a assisté à des tirs, venant de l’extérieur, de mortiers sur des élèves qui étaient à l’intérieur», a-t-il énuméré, sans préciser le nom de l’établissement en question à Limoges. Des «élèves ont été blessés» lors de ces incidents vendredi, selon le ministre.
À Lyon, «un commandant de police a été isolé, projeté au sol et a été violemment agressé (...) par une dizaine d’individus», a décrit le ministre pour qui il s’agit d’un «lynchage». Lors des interventions des forces de l’ordre, 16 d’entre elles ont été blessées et «154 interpellations» ont été réalisées, a-t-il annoncé. Policiers et gendarmes continueront à intervenir «quand il y a des violences, quand il y a des exactions, pour protéger les établissements scolaires, protéger les élèves qui se rendent dans ces établissements, qui, la plupart d’ailleurs, assistent aux cours, et protéger les personnels de l’éducation nationale», a prévenu Laurent Nuñez.
Sébastien Lecornu aura un échange lundi après-midi avec les représentants des lycéens et des étudiants, avant la première réunion prévue du «comité de réforme» du système d’orientation Parcoursup, a indiqué Matignon vendredi.
Le premier ministre réunira lundi, dans les locaux de Matignon situés avenue de Ségur, les représentants des lycéens et des étudiants «pour un premier temps d’échange» de 15h30 à 17h, avant une réunion plus spécifiquement dédiée à Parcoursup prévue de 17h à 19h, à laquelle il assistera au moins au début, avec les ministres Édouard Geffray (Éducation) et Philippe Baptiste (Enseignement supérieur).
Cette réunion sur Parcoursup sera «élargie» aux organisations syndicales et patronales, aux associations de parents d’élèves, aux parlementaires des deux chambres, ainsi qu’aux représentants des établissements d’enseignement supérieur. Ce «comité» présentera des «premières recommandations courant novembre» nourries des propositions des élus, avait indiqué mercredi le premier ministre lors d’un débat organisé sur ce sujet au Sénat. Certaines propositions pourront au final faire l’objet d’un «projet de loi».
Le lycée Henri Matisse de Cugnaux, en périphérie de Toulouse, a été évacué vendredi matin après plusieurs départs de feu «volontaires» qui n’ont toutefois pas fait de dégâts «structurants», a indiqué à l’AFP le maire de la ville, confirmant une information de la Dépêche du Midi. L’incendie est parti de plusieurs endroits - des poubelles et deux pianos de l’établissement - et les quelque 600 élèves présents dans les lieux ont pu évacuer malgré un «petit mouvement de panique» après le déclenchement de l’alarme, a décrit le maire, Aurélien Andreu-Seigné.
«À ma connaissance, il n’y a pas de dégâts matériels structurants», a-t-il précisé, estimant que le lycée, qui n’était pas bloqué, pourrait «a priori» rouvrir lundi. Un autre lycée, dans la ville voisine de Tournefeuille, a été touché jeudi par un incendie déclenché par des personnes encagoulées. «On pense qu’il y a quand même un phénomène d’entraînement par rapport au lycée voisin», a confié à ce propos Aurélien Andreu-Seigné, soulignant que le lycée Henri Matisse n’avait connu «aucun incident jusqu’à présent».
Le proviseur adjoint d’un lycée de Nancy a été aspergé avec un extincteur vendredi matin, par une personne qui s’était dissimulée dans une poubelle, en marge du mouvement étudiant, a-t-on appris du rectorat. Le proviseur adjoint du lycée Henri-Poincaré de Nancy, qui n’a pas été blessé mais a été «surpris et choqué», a déposé plainte, et le proviseur, qui était présent mais plus en retrait au moment des faits, le fera aussi, a indiqué à l’AFP le rectorat, confirmant une information initiale d’Ici Lorraine. Ils vont désormais bénéficier de la protection fonctionnelle.
Dans une vidéo partagée sur le réseau social X, on peut voir une personne surgir d’une grande poubelle, alors que le proviseur adjoint s’en approche, et mettre en action un extincteur dans sa direction. Un grand nuage blanc le recouvre instantanément. «L’accueil se passait de manière plutôt paisible» vendredi matin mais vers 8h00, «un groupe d’individus s’est approché de l’établissement avec des poubelles», retrace le rectorat.
Alors que le proviseur adjoint s’approche pour leur demander d’arrêter, l’un de ces individus donne une tape sur la poubelle. Quelqu’un en surgit, un extincteur à la main qu’il décharge vers le proviseur adjoint. Cela a été fait «de manière relativement frontale, ils étaient très proches», souligne le rectorat, qui condamne, «avec la plus grande fermeté, ces actes de violence intolérables». Un enseignant, présent à proximité du proviseur adjoint, a également reçu du produit. Les cours se sont néanmoins tenus normalement dans l’établissement vendredi.
Un post circulant sur le réseau social X ce vendredi accuse la police d’avoir «foncé sur une terrasse» avec une moto à Nantes, en marge de la manifestation du 5 novembre contre la vie chère. «Une bande de miliciens semant la terreur. C’est une fois de plus une scène choquante et révoltante commise par les forces de l’ordre. Elle a eu lieu sur une place nantaise, après la manifestation du 5 novembre», écrit le compte Contre Attaque, vidéo à l’appui.
«Contrairement à ce qu’affirme cette publication, les policiers n’ont pas “foncé sur une terrasse” pour “semer la terreur”», rétorque le compte officiel de la Police nationale, qui explique que des policiers motocyclistes en patrouille dans le centre-ville ont été «visés par des jets de projectiles». «L’un d’eux a tenté d’interpeller un suspect place du Pilori, avant de se retrouver encerclé par un groupe hostile. Ses collègues sont intervenus pour le dégager, essuyant à leur tour des jets de pierres, de verres et de chaises depuis la terrasse d’un bar.»
La police précise qu’un individu ayant «sauté» sur un motocycliste, provoquant sa chute et la dégradation de la moto, a été «identifié», «interpellé» et «placé en garde à vue». «L’intervention des policiers visait à protéger leur collègue pris à partie, et non à s’en prendre aux clients d’une terrasse.»
Une reporter de Politis et une photographe du collectif Divergences vont porter plainte après avoir été frappées par des membres des forces de l’ordre lors de la manifestation de jeudi qu’elles couvraient à Paris, a annoncé leur avocate à l’AFP. Le parquet de Paris doit ouvrir une enquête pour «identifier, parmi les effectifs présents, les auteurs des violences», a réclamé Me Chirinne Ardakani, qui entend porter plainte pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique et entrave concertée à la liberté d’expression.
Selon son récit, le cortège a été chargé «sans raison apparente et sans aucune forme de sommation» vers 19H00 place de la Nation, à l’intersection avec le boulevard Dorian (12e arrondissement). Les deux journalistes ont «été brutalement bousculées, puis frappées à plusieurs reprises par des agents qui leur ont asséné, entre autres tentatives manquées, un violent coup de matraque sur le crâne pour Madame Martelet et plusieurs coups aux jambes, plusieurs coups à l’épaule et au crâne pour Madame Sudry-le Dû», précise l’avocate. Elles portaient un brassard presse pour l’une, un casque et un sac siglé presse pour l’autre, précise-t-elle.
La reporter de Politis «présentait une plaie saignante et abondante au crâne», et a été prise en charge à l’hôpital. Un certificat médical atteste «d’un traumatisme crânien, de plusieurs dermabrasions» et d’autres «lésions», résume-t-elle. La photographe, casquée, a «de multiples hématomes aux épaules». Ces violences «ont été commises sur des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions», par des policiers qui ne pouvaient «ignorer qu’ils étaient face à des professionnelles de la presse», dénonce-t-elle.
Dans un communiqué, la rédaction de Politis a appelé «l’ensemble de la classe politique et des médias à réagir», et dit son intention de déposer également plainte auprès de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Une cinquantaine de responsables d’universités franciliennes ont défilé symboliquement vendredi dans Paris, du Sénat à Matignon, pour demander une «action urgente» en faveur des étudiants et lycéens. «Notre idée est qu’il y a urgence pour 2027. Les cours sont perturbés ou annulés, les étudiants sont en fragilité, notamment les licences et les 1ères années, le personnel administratif est épuisé», a affirmé à l’AFP Nathalie Drach-Temam, la présidente de Sorbonne Université qui a participé à cette marche.
Une quinzaine d’établissements étaient représentés au sein du collectif qui a défilé, parmi lesquels la Sorbonne, Assas, la Sorbonne Nouvelle, l’Ecole normale supérieure, Paris-Saclay et l’Inalco (langues et civilisations orientales). Ils ont défilé dans le calme et n’avaient pas demandé à être reçus par des membres du gouvernement ou des parlementaires. Leur objectif : «que l’État mobilise un milliard d’euros» pour la jeunesse et «déclenche un plan d’urgence en faveur de l’université dès maintenant et pour l’avenir».
Face au mouvement lycéen et étudiant, le gouvernement a promis le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028 et 15.000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur. Ces «places supplémentaires pour 2027 c’est maintenant qu’on les installe», souligne Nathalie Drach-Temam, qui souhaite des réponses concrètes ainsi que des Etats généraux de la jeunesse, à cinq mois de la présidentielle.
Un des trois adolescents soupçonnés d’avoir participé à l’agression d’une policière le 1er octobre à Paris en marge du mouvement lycéen a été placé sous contrôle judiciaire mais pas les deux autres, a appris l’AFP vendredi de source judiciaire. Cette décision a provoqué la colère du syndicat policier Alliance.
À la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux de la vidéo de l’agression, sur laquelle la policière est projetée au sol d’un coup de pied, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «violences en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique». Un adolescent de 15 ans puis deux de 16 ans ont été interpellés et doivent comparaître devant le tribunal pour enfants à Paris le 23 février. Le juge des enfants avait alors refusé leur placement sous contrôle judiciaire, conduisant le parquet de Paris à interjeter l’appel de ces ordonnances.
Mercredi, comme l’a révélé Actu17, la cour d’appel de Paris a au contraire décidé de placer un des mineurs - qui ne s’est pas présenté à l’audience - sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter son domicile entre 22H00 et 06H00, obligation de suivre une scolarité, interdiction d’entrer en contact avec les coprévenus et la victime, et obligation de suivi psychologique. Le contrôle judiciaire doit encore lui être notifié. La cour a par ailleurs confirmé la mesure éducative judiciaire provisoire. Pour les deux autres mineurs, jusqu’ici inconnus de la justice, comme celui de 15 ans, la cour a confirmé le refus de contrôle judiciaire.
AI outlook — possibilities, not facts
Le comité de réforme de Parcoursup présentera ses premières recommandations courant novembre.
Very likely · Within weeks
Le lycée Henri Matisse de Cugnaux rouvrira a priori lundi.
Likely · Within days
Les trois mineurs soupçonnés d'agression sur une policière comparaîtront devant le tribunal pour enfants de Paris le 23 février.
Very likely · Within months
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