Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri nommée Première ministre
Une nomination historique marquée par des défis politiques et sociaux majeurs
Quick Look
- Fatima Ezzahra El Mansouri devient la première femme nommée cheffe du gouvernement au Maroc par le roi Mohammed VI.
- À la tête du PAM, elle fait face à une absence de majorité absolue, une crise sociale et des promesses électorales ambitieuses à tenir.
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Why It Matters
Fatima Ezzahra El Mansouri dirige le PAM depuis 2024. Elle a été la première femme élue maire de Marrakech en 2009.
Une nomination historique avec son revers de la médaille. Les élections législatives au Maroc, dimanche 27 septembre, ont débouché sur une situation inédite dans le pays. Pour la première fois, le roi du Maroc a nommé une femme à la tête du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri ou "FZM", comme la surnomment les médias du pays.
La nouvelle cheffe du gouvernement est pourtant loin d'être une personnalité inconnue pour les Marocains. Avocate de formation, elle est entrée en politique en 2008 lorsqu'elle a rejoint le PAM (Parti Authenticité et Modernité) dans la lignée du roi, parti qu'elle dirige depuis 2024 et qui s'est imposé aux législatives. "Il s'agit d'un moment véritablement historique", a-t-elle déclaré aussitôt nommée par le roi Mohammed VI. La nouvelle Première ministre sait de quoi elle parle. Déjà, en 2009, elle est la première femme élue maire de Marrakech, après une élection qui avait été cependant contestée.
C'est en 2026, à 50 ans, qu'elle devient Première ministre. Sa mission s'annonce toutefois très difficile car certains des dossiers qu'elle devra traiter sont délicats. Des cadeaux empoisonnés se glissent en effet derrière cette nomination historique, avec plusieurs écueils à contourner. Le premier étant constitutionnel : Fatima El Mansouri n'a pas de majorité absolue, son parti a décroché moins de 100 sièges sur les 395 de la Chambre des Représentants. Elle va ainsi devoir rassembler au sein d'une coalition afin de faire passer ses textes. D'autant que sur les sujets stratégiques, la ligne qui ne se discute pas reste celle du roi.
L'autre souci et chantier principal sur lequel le nouveau gouvernement devra se pencher est d'ordre social, avec une série de données qui montrent l'étendue du sujet. Le chômage est en hausse, les prix s'envolent, les inégalités se creusent et la confiance dans le système politique diminue, notamment chez les jeunes qui boudent les urnes, mais pas la rue. Une problématique déjà observée fin juillet avec la crise de Ceuta, l'enclave espagnole prise d'assaut par des migrants et des jeunes marocains.
Cette situation complexe s'accompagne ainsi des promesses de campagne que Fatima El Mansouri va devoir honorer. Il s'est dit beaucoup de choses pendant la campagne et le parti du PAM a promis du rêve. Promesse de créer un million d'emplois, celle de ramener les pensions de retraite à 3 000 dirhams (270 euros), gratuité des factures électriques pour les plus défavorisés ou encore celle d'un salaire minimum à 5 000 dirhams contre 3 500 aujourd'hui... La liste ne s'arrête pas là, avec la certitude relevée par de nombreux économistes que tout ne sera pas possible.
Fatima El Mansouri devra se méfier de la déception des Marocains car les islamistes sont en embuscade. Ils sont passés de 13 sièges à 54 lors des dernières élections.
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