
La députée Éléonore Caroit revient sur la persistance de la contestation sociale, les difficultés du gouvernement et le climat politique tendu.
Interrogée sur la persistance de la colère sociale en France, la députée Éléonore Caroit évoque les crises internationales, l'impact énergétique et la division de l'Assemblée nationale, tout en pointant du doigt les stratégies politiques de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
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La France fait face à une contestation sociale persistante liée au pouvoir d'achat et aux prix de l'énergie, sur fond d'instabilité parlementaire.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Antoine Comte : On voit que la colère sociale ne faiblit pas à travers tout le pays. Qu'est-ce que le gouvernement auquel vous appartenez a raté ? Pourquoi cette colère sociale perdure, voire s'amplifie ?
Éléonore Caroit : Nous sommes dans un moment extrêmement compliqué, notamment sur le plan international. On voit bien l'effet de la fermeture du détroit d'Ormuz sur le prix de l'énergie en France. Vous n'avez pas eu autant de guerres et de conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, vous n'avez pas eu autant d'impacts sur les économies occidentales et européennes depuis des décennies. Par ailleurs, vous êtes dans un moment où vous avez un gouvernement d'une alliance avec une assemblée extrêmement divisée, donc une difficulté à avancer sur des réformes structurelles.
La faute, peut-être, à la dissolution de 2024.
Une chose est certaine, c'est que c'est plus compliqué depuis 2024. Mais déjà depuis 2022, vous n'aviez pas de majorité claire à l'Assemblée nationale. Surtout, vous avez des groupes politiques qui ne prennent pas les décisions structurelles qui sont nécessaires pour notre pays. On peut refaire le match et réécrire l'histoire. En tout cas, aujourd'hui, le fait est que vous avez des Français qui manifestent pour leur pouvoir d'achat, leur pouvoir de vivre, pour avoir des conditions de vie meilleures, mais vous avez surtout une échéance présidentielle dans six mois avec différents candidats qui proposent des programmes différents, et surtout la nécessité d'influer sur ces programmes.
Est-ce qu'il y a eu un raté de la part du gouvernement ? Pourquoi ne faire la conférence sociale que lundi 9 novembre ? On a l’impression qu’il y a aussi eu un retard à l'allumage avec les lycéens et que ce mouvement aurait été peut-être évité.
En tout cas, j'espère qu'il y aura un apaisement, qu'il y aura un dialogue qui va justement permettre d'être dans de bonnes conditions pour passer un budget parce que c'est absolument essentiel et ensuite, justement, pour préparer ces échéances. Est-ce qu'on aurait pu faire avant ? Est-ce que cette colère s'explique ? Vous avez une colère qui est récurrente et sur les conditions dans lesquelles elle s'exprime, sur le fait que le prix de l'énergie, le prix à la pompe est bien plus important, c'est conjoncturel et c'est quelque chose sur lequel on a un impact en diversifiant nos sources d'énergie, en limitant l'effet de cette hausse, mais elle est là.
Il n'y a pas eu un défaut d'anticipation du gouvernement ?
Vous savez, le gouvernement est à l'écoute. Le gouvernement apporte des réponses aux lycéens. Aujourd'hui, il propose un dialogue social. Il avait proposé un dialogue social au moment de la réforme des retraites, il a proposé un dialogue social à chaque fois qu'il y a des manifestations et des contestations. En revanche, ceux qui ont un intérêt objectif à ce que ces manifestations deviennent de plus en plus nombreuses et potentiellement de plus en plus violentes ne sont pas du côté du gouvernement, ils sont du côté des candidats à la présidence de la République.
À qui pensez-vous ?
Je pense tout simplement à Marine Le Pen, qui engrange parce qu'elle bénéficie de cette colère alors qu'elle ne propose rien qui soit valable. Je pense à Jean-Luc Mélenchon, qui se dit que dans un climat plus insurrectionnel, il a peut-être des chances d'avoir son face-à-face avec Marine Le Pen, dont il rêve déjà depuis plusieurs échéances électorales.
Est-ce qu'on peut le reprocher ? C'est faire de la politique, de soutenir des mouvements sociaux.
Est-ce que vous pensez que faire de la politique, c'est alimenter une colère ? Éteindre un débat, c'est éteindre un dialogue, c'est annihiler toute forme d'altérité, de dialogue avec des gens qui ne pensent pas comme vous. Moi, je pense que faire de la politique, c'est être à l'écoute des Français, mais c'est aussi leur dire quelle est la réalité objective du monde et de la France et apporter des solutions qui soient concrètes et à long terme pour notre pays.
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Tenue de la conférence sociale le lundi 9 novembre
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