"L'accueil dans les manifs, je n'ai jamais vu ça" : comment Jean-Luc Mélenchon surfe sur la contestation sociale en vue de la présidentielle
À l'approche de sa convention présidentielle, le candidat de LFI profite des mouvements sociaux et de la colère contre la vie chère pour dynamiser sa campagne, malgré les critiques de ses adversaires sur la polarisation du paysage politique.
Quick Look
Jean-Luc Mélenchon lance sa campagne présidentielle lors de la convention de La France insoumise au Bourget, en s'appuyant sur la mobilisation sociale et la mise à jour de son programme pour dynamiser sa candidature face au bloc central et à Marine Le Pen.
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Why It Matters
La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon intensifient leur campagne présidentielle en s'appuyant sur les mobilisations sociales et la mise à jour de leur programme.
Fin de semaine plus que chargée pour La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Le quadruple candidat à l'Elysée doit prendre la parole, samedi 7 novembre, lors de la convention présidentielle du mouvement pour lancer officiellement la campagne présidentielle. Depuis Le Bourget (Seine-Saint-Denis), il mettra en avant la mise à jour de son programme intitulé "L'Avenir en commun", dévoilée la veille, avec 1 069 mesures annoncées, qu'elles soient nouvelles, existantes ou actualisées.
Avant ces deux rendez-vous majeurs pour La France insoumise, le tribun était présent à la manifestation parisienne dans le cadre de la mobilisation sociale du 5 novembre, à l'appel de l'intersyndicale. Entouré des députés Mathilde Panot, Sébastien Delogu ou encore Eric Coquerel, le candidat s'est contenté de répondre à la foule massée devant lui en faisant un cœur avec ses doigts, sourire aux lèvres, avec un accueil beaucoup plus favorable que celui reçu par Raphaël Glucksmann, qui a dû quitter le cortège après avoir été hué.
Pour l'ancien socialiste, l'automne est une période d'intensification de sa campagne. Et la colère lycéenne, comme le mouvement social contre la vie chère, lui offrent une opportunité pour exposer ses revendications. Officiellement, il ne s'agit pas d'une tentative de "récupération" du mouvement. "Nous savons que c'est impossible. (...) Le seul but possible pour nous, c'est d'être assez utiles pour être nous-mêmes 'récupérés' par le mouvement et qu'il nous utilise jusqu'au point de nous faire siens", a défini Jean-Luc Mélenchon auprès de Mediapart, fin octobre.
"Le vieux modèle des années où les partis instrumentalisaient un mouvement de jeunes façon 'Baron noir', ça n'existe plus."
Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à la présidentielle
à Mediapart
Dans les faits, la proximité entre La France insoumise et les multiples colères est perceptible. "L'accueil réservé à LFI dans les manifs', je n'ai jamais vu ça, savoure un cadre du mouvement. Il y a une forme d'osmose, ça se voit dans les pancartes thématiques ou programmatiques." "Il y a une force de la propagande LFI dans la jeunesse qui est incroyable. On ne va pas la nier, elle est réelle", souffle un proche de Raphaël Glucksmann, candidat Place publique soutenu par le PS, tout en regrettant l'hostilité des militants insoumis dans le cadre de ce mouvement social : "Il y a une forme de confiscation de la manifestation."
"Deux alternatives se dégagent et on est l'une d'elles"
Le gouvernement, les centristes, la droite et l'extrême droite accusent de leur côté la gauche radicale de créer les conditions des violences observées en marge des cortèges, notamment le samedi 17 octobre. A l'Assemblée nationale, trois jours plus tard, Laurent Nuñez a accusé le mouvement d'avoir "jeté de l'huile sur le feu" en lui reprochant "de manipuler les services de renseignements pour les diriger contre La France insoumise" lors des événements violents du week-end, ce que les élus mélenchonistes ont récusé.
Quel rôle ce mouvement social joue-t-il concrètement pour Jean-Luc Mélenchon ? Certains évoquent un renforcement de la dynamique insoumise avec l'agrégation des colères, auxquelles s'ajoute la vague de dénonciation des discriminations après l'attentat raciste de Trappes, dans les Yvelines, fin octobre. "Depuis le 17 octobre, il y a une très forte augmentation du nombre de nos signatures" de parrainages citoyens pour Jean-Luc Mélenchon, avec un total de 469 000 soutiens vendredi soir, assure un cadre. "La séquence produit une polarisation. Il y a deux alternatives qui se dégagent et on est l'une d'elles", estimait Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, auprès du média Actu.fr.
"Les grands perdants de la séquence sont le bloc central."
Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise
à Actu.fr
Dans les sondages, la dynamique semble profiter au candidat insoumis, qui grignote quelques points, semaines après semaines, sur les candidats du bloc central, à commencer par Edouard Philippe (Horizons). Selon un sondage réalisé pour Le Parisien fin octobre, Jean-Luc Mélenchon est qualifié au second tour dans toutes les configurations au centre et à droite. Mais dans ces mêmes enquêtes d'opinion, l'ex-député des Bouches-du-Rhône arrive loin derrière Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national (RN) dépasse systématiquement les 30%, à plus de dix points devant ses principaux rivaux. "Je pense que leurs socles sont stabilisés. Mais la différence, c'est qu'elle n'a pas de plafond, contrairement à lui", estime un influent soutien de Raphaël Glucksmann.
"Il n'y aura pas de magie au second tour"
Comme le redoute un député insoumis, Marine Le Pen a pu, elle aussi, bénéficier en miroir de la mobilisation sociale et des violences commises en marge des manifestations, en particulier celles du 17 octobre à Paris, Marseille, Lyon ou Limoges. "Il y a eu pas mal d'abonnements sur certains comptes du RN sur les réseaux sociaux. Il y a eu un effet de basculement de certaines personnes de la droite vers l'extrême droite", relève cet élu de La France insoumise.
Deux dynamiques pour deux places au second tour en avril ? L'élection présidentielle est encore loin d'être jouée, comme le montrent les précédents de 1995, 2002 ou 2017. Et tous les adversaires de Jean-Luc Mélenchon insistent sur son incapacité à pouvoir battre Marine Le Pen s'il devait l'affronter en finale. "Il n'y aura pas de magie pour lui au second tour, ce sera un mur", prédit un proche de Raphaël Glucksmann.
"Son vrai point de fragilité, c'est la victoire de Marine Le Pen."
Un proche de Raphaël Glucksmann
à franceinfo
What to Watch
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Jean-Luc Mélenchon prendra la parole lors de la convention présidentielle pour lancer officiellement sa campagne.
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Open Questions
- Quel sera l'impact réel de la convention présidentielle sur les intentions de vote ?
- Marine Le Pen conservera-t-elle son avance en tête des sondages ?






