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Mobilisation lycéenne en France : entre revendications sociales et tensions politiques
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Mobilisation lycéenne en France : entre revendications sociales et tensions politiques

Le mouvement de blocage des lycées s'intensifie à travers la France, marqué par des affrontements avec les forces de l'ordre et des accusations croisées entre le gouvernement et La France Insoumise.

Quick Look

  • Des lycéens français multiplient les blocages d'établissements pour réclamer davantage de moyens et de personnel.
  • Le mouvement, amplifié par les réseaux sociaux, fait face à une répression policière accrue et à une vive polémique politique entre le gouvernement et LFI.

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Why It Matters

Le mouvement lycéen dénonce un manque de moyens, des classes surchargées et des problèmes matériels. Il s'est structuré à partir de la rentrée scolaire avec une forte utilisation des réseaux sociaux.

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Davantage de moyens, des classes moins chargées, des bâtiments en meilleur état. Depuis plusieurs jours, les lycéens clament leurs revendications en bloquant leurs établissements. Créteil, Paris, Lille, Marseille, Brest, Strasbourg… Le mouvement concernait 356 établissements partout en France mercredi 30 septembre à 18 heures, contre 338 mardi, selon le ministère de l'Intérieur. L'Union syndicale lycéenne (USL) a appelé à un "acte 2" jeudi et à une journée d'action mardi 6 octobre.

La situation s'est tendue jeudi matin, avec plusieurs incendies devant des établissements scolaires et des échauffourées entre lycéens et forces de l'ordre. A l'issue d'une cellule interministérielle de crise, jeudi après-midi, les services du Premier ministre ont estimé que le mouvement était "une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultragauche". Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a immédiatement reproché à Matignon de "sombrer dans le complotisme".

Créteil, épicentre de la mobilisation

De premiers blocus avaient commencé peu après la rentrée scolaire. D'abord en Bretagne, au lycée Théodore-Monod du Rheu, près de Rennes, où "des problèmes humains et matériels" sont dénoncés par les lycéens. Puis, le 15 septembre, aux lycées Queneau de Villeneuve-d'Ascq (Nord) et Victor-Hugo de Caen (Calvados), où l'emploi du temps surchargé est la principale cause du mécontentement.

Mais c'est à Créteil, dans le Val-de-Marne, que le mouvement se cristallise. Au lendemain d'une grève des enseignants contre le manque de moyens et de personnel, le 17 septembre, les élèves du lycée Saint-Exupéry prennent l'initiative d'organiser un blocus. "Les professeurs nous ont expliqué les raisons de leur mécontentement et on a décidé de se joindre à eux", explique à franceinfo Cheick Sanogo, élève de première dans cet établissement. Ils se disent délaissés par l'Education nationale et dénoncent "le manque de moyens et de personnel, des classes surchargées et un manque de tables dans certaines salles".

Un mouvement amplifié par les réseaux sociaux

Une source académique et l'Union syndicale lycéenne présentent cette mobilisation comme le point de départ du mouvement national. Avec les réseaux sociaux, "la mobilisation a pris une ampleur inattendue", témoigne Cheick Sanogo. "Ça tourne sur TikTok, Snapchat, Instagram et ça fait énormément de vues", constate l'adolescent de 17 ans.

Des contenus sont postés par les adolescents eux-mêmes, mais aussi par des médias en ligne, comme Booska-P, qui donne la parole à huit élèves du lycée Saint-Exupéry. Ils racontent leur sentiment d'abandon en tant que jeunes habitant en banlieue et expliquent comment ils ont décidé de bloquer leur établissement. "J'invite tous les lycées à faire ça", conclut l'un d'eux. Leur interview, publiée le 24 septembre, totalise 1,4 million de vues sur TikTok. "Ça a pu toucher d'autres lycéens qui sont dans la même situation que nous, voire pire", estime Cheick Sanogo. "Les réseaux sociaux agissent comme un amplificateur de mobilisation et exposent aux récupérations diverses", affirme de son côté le rectorat de Créteil le 28 septembre.

Des députés venus en soutien

En parallèle, des politiques s'emparent de la mobilisation de ce lycée de Créteil. Le 21 septembre, Louis Boyard et Clémence Guetté, deux députés du groupe La France insoumise, se rendent sur place. Sur X, la publication de Louis Boyard est vue près de 520 000 fois. "Que des personnes importantes, des élus de la République viennent nous soutenir, ça nous fait plaisir. On se sent plus écoutés", confie Cheick Sanogo.

Le mouvement ne tarde pas à se répandre en banlieue parisienne. Le 25 septembre, le rectorat de l'académie de Créteil répertorie une "grosse dizaine" de lycées bloqués, en particulier en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne. L'académie de Versailles fait elle aussi état de "perturbations" dans trois établissements de l'Essonne.

Peu à peu, la mobilisation s'organise. Dans un communiqué relayé sur les réseaux sociaux, l'USL appelle à une mobilisation nationale mardi 29 septembre contre le "manque de professeurs et de personnels", les "lycées délabrés", les "emplois du temps et classes surchargés" et le "stress engendré par Parcoursup". Elle invite aussi les élèves à rejoindre les manifestations pour la fonction publique. En 2025, l'USL avait déjà appelé au blocage national des lycées pour les mêmes raisons. Selon l'organisation, il avait alors été suivi par 170 établissements.

"Du jamais-vu dans l'Education nationale"

Lors d'une conférence de presse, mercredi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, signale la présence de "personnes cagoulées, vêtues de noir, munies de projectiles, de mortiers, parfois de bouteilles d'acide chlorhydrique" aux abords des blocages. "Des groupes (...) tentent de provoquer des perturbations et des blocages en tournant d'un établissement à l'autre. (...) Certains sont d'une extrême violence", affirme le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray. Depuis le début des blocus, 119 personnes (85 élèves et 34 membres du personnel) ont été blessées. "C'est du jamais-vu dans l'Education nationale", a déploré Edouard Geffray devant les journalistes. En deux jours, mardi et mercredi, les forces de l'ordre ont procédé à 1 065 arrestations.

Lundi, un lycéen a été blessé au visage après le tir d'un projectile par un policier lors d'un blocage à Saint-Ouen-l'Aumône, dans le Val-d'Oise. La scène a été filmée. Sur les réseaux sociaux, les images choquent et font des milliers de vues. Le lendemain, dans les attroupements lycéens, des adolescents brandissent des pancartes dénonçant des violences policières. C'est le cas de Jasmine, scolarisée à Paris : "Je manifeste en soutien aux lycées de banlieue qui ont été réprimés", explique-t-elle à franceinfo devant son établissement du 3e arrondissement.

Gouvernement et LFI se renvoient la balle

Dans ce contexte tendu, le gouvernement et La France Insoumise s'accusent mutuellement d'entretenir les tensions. Jean-Luc Mélenchon reproche sur X à l'exécutif d'avoir ordonné la répression avec "un arrière-goût raciste évident". "Des députés LFI encouragent (...) des jeunes à bloquer les lycées", affirme le ministre de l'Education nationale le 25 septembre sur X. "On ne peut pas réclamer des professeurs et encourager les blocages qui empêchent les élèves d'aller en cours", juge-t-il. Trois jours plus tard, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, fustige une "surenchère irresponsable" : "Instrumentaliser leur colère à des fins partisanes est une faute", estime-t-il. "Les insoumis appellent à la non-violence des méthodes de lutte", assure pour sa part Jean-Luc Mélenchon sur X.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Journée d'action nationale prévue le 6 octobre.

    Very likely · Within days

Open Questions

  • Quelle sera l'ampleur de la mobilisation le 6 octobre ?
  • Comment le gouvernement compte-t-il répondre aux revendications sur le fond ?

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This article was originally published by France Info.

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