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Mobilisation lycéenne : tensions, violences et craintes d’une « semaine noire » avant l’acte III de mardi
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Le Figaro Actualités1 hour agoPolitics7 min readFranceView translation

Mobilisation lycéenne : tensions, violences et craintes d’une « semaine noire » avant l’acte III de mardi

Le gouvernement appelle au dialogue et à l'ordre alors que des centaines de lycées restent perturbés ou fermés.

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À la veille d’un nouvel appel à manifester, la mobilisation des lycéens contre la dégradation du système éducatif provoque tensions, blocages et violences, poussant le gouvernement à tenter de désamorcer la crise.

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Le mouvement de contestation lycéen a débuté mi-septembre en région parisienne pour dénoncer la dégradation des conditions d'études et le budget de l'éducation.

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Invité de LCI ce lundi matin, le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou a estimé qu’il fallait «écouter ce qu’ont à dire les lycéens», alors qu’une nouvelle journée de mobilisation est attendue mardi. «Je pense que ces revendications sont légitimes», a-t-il déclaré, tout en précisant que certaines pouvaient être satisfaites et d’autres non. «Il faut écouter et dialoguer», a-t-il insisté.

Le ministre a toutefois dit vouloir éviter que «des éléments extérieurs ne se greffent» au mouvement. Interrogé sur les appels de Jean-Luc Mélenchon à s’organiser, il a accusé plusieurs élus LFI d’avoir «mis de l’huile sur le feu» et estimé que «les premières postures de LFI étaient plutôt pour amener à la violence».

«Il n’y a pas de caractère d’impunité dans ce pays», a-t-il ajouté, appelant chacun à «faire attention à ses paroles et à ses actes». «La destruction ne mène à rien», a conclu Jean-Pierre Farandou.

«Des gesticulations» : la députée LFI Mathilde Panot a critiqué lundi matin sur franceinfo la «feuille de route» adressée par Sébastien Lecornu dimanche à ses ministres pour faire face à la mobilisation lycéenne. L’élue assure que cette lettre est «basée sur un mensonge», puisque Sébastien Lecornu assure que le projet de budget pour 2027 prévoit une hausse de 1,2 milliard par rapport à 2026 pour les crédits de l’Education nationale, alors que «si on rapporte cette augmentation à l’inflation, il y a une baisse pour les collèges et les lycées de 560 millions d’euros».

Alors que La France insoumise est accusée par certains responsables politiques de vouloir surfer sur la mobilisation des lycéens, Mathilde Panot affirme que «le responsable de ce mouvement s’appelle Emmanuel Macron». La députée dénonce «dix ans de casse sociale de la macronie». LFI sera mardi aux côtés des lycéens pour l’acte III de la mobilisation. «S’ils font un blocus et s’ils réclament des choses, c’est parce qu’ils se retrouvent dans des situations d’inégalités et qu’ils sont en train de dénoncer un système à deux vitesses insupportable, notamment pour les quartiers populaires et la ruralité», poursuit Mathilde Panot.

Maud Bregeon a affirmé que la priorité du gouvernement était de «rétablir l’ordre» aux abords des établissements scolaires. La porte-parole du gouvernement a condamné des «images d’une grande violence, avec des policiers, des gendarmes, des pompiers, du personnel de l’Éducation national et des journalistes pris pour cibles». «C’est inadmissible», a-t-elle dénoncé au micro d’Europe 1.

«Entre des lycéens qui ont des choses à dire de manière pacifique (…) et il faut entendre leur message (…) et les violences urbaines, il y a un monde», a-t-elle estimé. Maud Bregeon en a profité pour saluer le «travail remarquable et extraordinaire» des forces de l’ordre. «Les attaques et les accusations dont ils ont fait l’objet sont absolument inacceptables».

Enfin, la porte-parole a pointé le rôle de LFI, qu’elle accuse d’«instrumentaliser» le mouvement de contestation des jeunes. «Ils participent à l’embrasement, ça dit quelque chose de leur stratégie électorale, assumée», a-t-elle jugé.

Le Parti socialiste appelle officiellement à manifester mardi pour l’«acte III» de la mobilisation lycéenne, a confirmé lundi matin Olivier Faure, premier secrétaire du parti. «Nous devons être au côté des lycéennes et des lycéens, protéger ces manifestations, faire en sorte que nous n’ayons pas des images d’une violence terrifiante. Ce sont nos enfants, que nous devons protéger», explique-t-il sur France 2. Et d’ajouter : «Le rôle de la puissance publique n’est pas d’affronter sa jeunesse et son avenir. Quand l’avenir frappe à votre porte, on ne la reçoit pas avec une matraque.»

Candidat à la primaire du camp social-démocrate, Olivier Faure a par ailleurs appelé à des «états généraux des lycéens». «Quand il n’y a pas d’espace» pour qu’ils puissent «être entendus», l’espace devient «la rue», poursuit-il. «Il a fallu attendre 10 jours pour qu’enfin ils (les dirigeants politiques, ndlr) daignent recevoir les syndicats lycéens. J’espère que le gouvernement va comprendre, et que cela va déboucher sur une vraie concertation.» Enfin, le premier secrétaire du PS estime que le gouvernement «se trompe» avec son budget, qui «sert la ceinture» au monde enseignant.

Le député LFI de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel a apporté ce lundi son soutien aux lycéens mobilisés. «Je vais devant les lycées pour les écouter et les soutenir», a déclaré le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, évoquant une «grande angoisse des lycéens pour leur avenir».

Selon lui, la contestation est particulièrement forte dans les établissements des quartiers populaires. «Ça vient d’abord des villes populaires, des lycées populaires où l’angoisse est plus grande», a-t-il estimé, disant penser que «ce mouvement va s’étendre».

Éric Coquerel a également vivement critiqué les déclarations du gouvernement sur la mobilisation. «J’appelle Sébastien Lecornu à mesurer ses propos», a-t-il lancé, avant d’ajouter : «On n’est pas en guerre». Le député insoumis a aussi dénoncé la réponse policière et judiciaire apportée aux blocages, évoquant des «consignes» de Gérald Darmanin et des «poursuites pénales dures». Il a dénoncé «l’utilisation d’une instrumentalisation de la répression» et demandé que les lycéens puissent s’organiser : «Qu’on laisse faire des assemblées générales dans les lycées.»

Faut-il faire payer la facture des réparations des dégâts causés par le mouvement de blocus des lycées aux parents des casseurs ? Face à la multiplication de ces dégâts, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a durci le ton vendredi, sur RTL, faisant part de sa volonté de «demander la responsabilité civile des parents».

«Oui bien, entendu, et le tribunal peut déjà le faire», a réagi ce lundi matin sur France 2 Jean-Rémi Girard, président du syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC). Mais «la difficulté est de prouver que telle personne est responsable de telle dégradation», a-t-il ajouté, affirmant par exemple que l’incendie du lycée Mandela, à Nantes, n’aurait pas été déclenché par les élèves de l’établissement. Jean-Rémi Girard appelle ainsi à faire la distinction entre les lycéens et les casseurs, qui n’ont parfois rien à avoir avec les lycées.

Le président du SNALC a assuré par ailleurs «soutenir» les revendications des lycéens. «L’école ne va pas bien, elle est en crise, c’est fou qu’on ne s’en rende compte qu’aujourd’hui», a-t-il déploré.

Invitée de TF1 ce lundi matin, Sophie Binet a apporté le soutien de la CGT à la mobilisation des lycéens et étudiants. Alors qu’elle était interrogée sur les rassemblements prévus mardi, la secrétaire générale du syndicat a assuré que «la CGT sera là» et que ses militants seraient présents «pour protéger les lycéens». Elle a également exprimé «tout le soutien de la CGT au personnel et aux élèves blessés».

Sophie Binet a vivement critiqué la gestion des premières mobilisations. «On ne gère jamais une mobilisation lycéenne comme ça, on n’envoie pas les policiers comme ça», a-t-elle estimé, jugeant qu’il fallait au contraire «laisser le personnel éducatif ouvrir le dialogue». «Les violences desservent toujours les revendications», a-t-elle toutefois insisté.

La dirigeante syndicale a également pointé la dégradation des conditions d’étude. «Les conditions d’étude ont rarement été aussi dégradées», a-t-elle affirmé. Alors que le budget 2027 est actuellement débattu à l’Assemblée nationale, elle réclame notamment l’annulation des 1588 suppressions de postes d’enseignants prévues dans le texte.

La «feuille de route» adressée par Sébastien Lecornu dimanche à ses ministres pour faire face à la mobilisation lycéenne est un simple exercice de «communication», a dénoncé ce lundi matin sur France 2 Jean-Rémi Girard, professeur de français et président du syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC). «À un moment, il va falloir mettre des choses concrètes sur la table, pas juste des courriers», ajoute-t-il. Prioriser les remplacements de professeurs ? «On n’a pas de remplaçants. On va les trouver où ?» Aménager les locaux ? «Ça ne dépend pas de l’État donc ça ne coûte pas cher de le dire. Ça dépend des régions.»

Ainsi, le SNALC «soutient» les revendications des lycéens, et Jean-Rémi Girard se dit «très agacé» car les «réalités» dénoncées «ne sont pas nouvelles». «L’école ne va pas bien, elle est en crise, c’est fou qu’on ne s’en rende compte qu’aujourd’hui. […] On défend le fait de pouvoir manifester sans empêcher ceux qui veulent aller en cours d’aller en cours. Mais il ne s’est rien passé, le système s’est dégradé petit à petit, et quand le dialogue ne marche pas, certains vont sur autre chose… C’est triste qu’il faille commencer à casser et à foutre le feu pour que d’un seul coup le gouvernement réagisse. Il était où quand le lycée n’allait déjà pas bien ?», poursuit-il.

Le président du SNALC appelle toutefois ses collègues à la «prudence» lors des prochaines journées, qui s’annoncent «extrêmement compliquées». «On est beaucoup à avoir assisté à des choses parfois très violentes», affirme Jean-Rémi Girard, qui précise que 80 personnels de l’éducation ont été blessés depuis le début du mouvement. «Là, ce qui nous fait peur, c’est que des personnels de l’éducation nationale soit agressés», alors que les professeurs sont «aussi victimes de la dégradation du système éducatif».

«Il faut que tous nos politiques désescaladent», appelle Jean-Rémi Girard. «Il faut qu’ils arrêtent de se renvoyer la balle et de s’engueuler les uns et les autres, il faut qu’ils travaillent ensemble. […] Il faut faire quelque chose pour nos lycées, nos lycéens, notre école, et que le message soit un message de consensus politique.»

Dans une lettre adressée ce dimanche à ses ministres, au premier rang duquel le ministre de l’Éducation nationale, Sébastien Lecornu exhorte son équipe gouvernementale à «engager cinq chantiers pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels». Ces travaux, qui devront aboutir à des propositions «avant fin octobre», doivent «prolonger le dialogue engagé avec les représentants lycéens, les organisations syndicales et les parents, dans les établissements et les académies», explique le premier ministre, après une semaine de blocages de lycées entachée de tensions et de violences.

Dans sa lettre, Sébastien Lecornu souhaite que les cours reprennent dès lundi 5 octobre partout où la sécurité le permet, et fixe un calendrier pour répondre à une partie des revendications, à la veille d’une journée de mobilisation redoutée.

Des centaines de lycées vont à nouveau fermer au moins partiellement lundi, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, que des syndicats appellent à rejoindre, et alors que fleurissent sur les réseaux sociaux des appels à un blocage dur. Le début d’une «semaine noire»?

Sur les 3700 lycées du pays, les cours seront «totalement ou partiellement» suspendus lundi dans 400 à 500 établissements où les conditions de sécurité ne sont «pas réunies», a indiqué dimanche le ministre de l’Éducation Édouard Geffray. En Ile-de-France, plus d’un tiers des lycées seront fermés lundi, soit plus de 160 établissements, selon la présidente LR de la région, Valérie Pécresse.

L’Union syndicale lycéenne a promis un «acte III» mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des «violences urbaines». Une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à participer aux mobilisations de mardi. La CGT a elle promis d’être «aux côtés» des lycéens, pour notamment «sécuriser» les manifestations, et a appelé les salariés de l’énergie, en grève, à les rejoindre.

Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une «semaine noire», avec des blocages quotidiens. «Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (...) ça va vraiment être une semaine noire: blocus, blocus, blocus, blocus», a assuré dimanche, dans le rassemblement à Saint-Denis, une étudiante mobilisée, Leila Nehari.

Comme ces derniers jours, les rassemblements seront en théorie interdits lundi aux abords de nombreux établissements scolaires. A Nancy, les manifestations seront par exemple prohibées dans l’ensemble du centre-ville de lundi à 06H00 jusqu’à mardi 07H00, selon la préfecture.

Bienvenue dans ce direct consacré à l’actualité autour du blocage des lycées. Des centaines de lycées seront à nouveau fermés au moins partiellement lundi, avant un «acte III» mardi.

Les étudiants réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires, ou encore les inégalités créées par Parcoursup.

Parti mi-septembre de région parisienne, le mouvement s’est étendu et enflammé la semaine dernière, marquée par une multiplication d’incidents et d’affrontements avec les forces de l’ordre. L’exécutif recense 5.000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements «incendiés ou saccagés» et «78 personnels de l’Éducation nationale blessés», «généralement par des personnes extérieures» aux lycées concernés, selon le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Journée de mobilisation de l'acte III avec des manifestations lycéennes.

    Very likely · Within days

Open Questions

  • Quelles seront les mesures concrètes adoptées par le gouvernement avant fin octobre ?
  • Comment l'exécutif va-t-il sécuriser les établissements scolaires pour l'acte III ?

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This article was originally published by Le Figaro Actualités.

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