Mouv'Enfants saisit le tribunal administratif pour suspendre la messe du pape place de la Concorde
Quick Look
L'association Mouv'Enfants a déposé un recours en annulation avec référé-suspension devant le tribunal administratif de Paris contre la messe du pape Léon XIV prévue le 26 septembre place de la Concorde et sur les Champs-Élysées, invoquant la dignité des victimes de violences sexuelles dans l'Église catholique et citant les travaux de la Ciase qui dénombrent environ 330.000 victimes.
AI-generated summary
Why It Matters
L'association Mouv'Enfants lutte contre toutes les formes de violences faites aux enfants et relie son action aux violences sexuelles commises dans l'Église catholique, citant les travaux de la Ciase qui ont estimé à environ 330.000 le nombre de victimes mineures entre 1950 et 2020, incluant les abus par des clercs, religieux et laïcs dans les institutions ecclésiastiques.
Le 26 août, à un mois de la messe de Léon XIV place de la Concorde et sur les Champs-Élysées, Mouv’Enfants, une association de protection de l’enfance qui lutte contre toutes les formes de violences faites aux enfants, a saisi le tribunal administratif de Paris d’un recours en annulation, assorti d’un référé-suspension, a appris Le Figaro auprès de l’association, confirmant une information de franceinfo. Le 23 août, Mgr Benoît Bertrand, président du comité d’organisation du voyage apostolique, indiquait dans La Tribune : «Non seulement le Stade de France est complet, mais nous avons déjà 400.000 inscrits pour la messe du 26 septembre place de la Concorde».
Les violences sexuelles commises au sein de l’Église «au cœur» de la démarche
Mouv’Enfants rattache directement son action aux violences sexuelles commises dans l’Église catholique. «C’est au cœur de notre démarche. Nous estimons qu’on ne peut pas permettre à l’Église catholique de bénéficier d’une visibilité aussi exceptionnelle dans l’espace public sans prendre en compte les centaines de milliers de victimes de violences sexuelles commises dans ce cadre», explique l’association.
Passer la publicité
Dans sa requête, elle cite les travaux de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase). La commission a estimé à environ 216.000 le nombre de personnes victimes, lorsqu’elles étaient mineures, de violences sexuelles commises par des clercs ou religieux entre 1950 et 2020 ; un chiffre porté à environ 330.000 en incluant celles commises par des laïcs exerçant dans les institutions de l’Église. L’association assure que son action «ne vise ni les croyants ni la liberté de culte». «Elle pose une question simple : quelle place donne-t-on aux victimes dans une décision de cette ampleur ?"
Une suspension demandée en urgence
Le recours vise la décision, «implicite ou explicite», permettant la tenue de la messe. Celle-ci n’a pas été communiquée à l’association, qui en a demandé la transmission au préfet de police de Paris. «Nous contestons la décision par laquelle l’autorité administrative a autorisé, ou ne s’est pas opposée à la tenue de la messe du 26 septembre place de la Concorde et sur les Champs-Élysées ».
Mouv’Enfants invoque principalement la dignité de la personne humaine, «composante de l’ordre public». «Nous soutenons que l’autorité de police devait prendre en considération les conséquences susceptibles de résulter d’une manifestation d’une telle ampleur pour les victimes de violences sexuelles commises au sein de l’Église catholique.» L’association avance aussi le contrôle de proportionnalité et, «à titre subsidiaire», le principe de neutralité des personnes publiques.
«La messe doit avoir lieu le 26 septembre et une décision sur le fond risque donc d’intervenir après l’événement. Or, si la messe a lieu, l’atteinte à la dignité des victimes que nous invoquons aura déjà eu lieu et ne pourra pas être effacée par une décision de justice ultérieure», conclut Mouv’Enfants.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le tribunal administratif de Paris examinera le référé-suspension dans les jours précédant la messe du 26 septembre.
Likely · Within days
Si la messe est maintenue, Mouv'Enfants poursuivra son action juridique pour faire reconnaître le préjudice subi par les victimes.
Possible · Within weeks
Open Questions
- Le tribunal administratif de Paris va-t-il accorder le référé-suspension demandé par Mouv'Enfants ?
- Quelle sera la réponse des autorités publiques et du comité d'organisation du voyage apostolique face à ce recours ?
- La messe du pape Léon XIV aura-t-elle lieu malgré le recours juridique en cours ?






