Nice, Montpellier, Rouen... Plusieurs responsables politiques dénoncent des violences de l'ultradroite en marge de manifestations du 24 octobre
Des affrontements signalés à Nice, Montpellier et Rouen, suscitant des réactions politiques et des interpellations policières.
Quick Look
- Des militants d'ultradroite ont tenté d'affronter des manifestants contre la vie chère samedi 24 octobre, notamment à Nice, Montpellier et Rouen.
- Le ministre de l'Intérieur a confirmé ces tensions, tandis que des interpellations ont eu lieu.
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Why It Matters
Des manifestations contre la vie chère ont eu lieu le 24 octobre en France, marquées par des tensions entre manifestants et groupuscules d'ultradroite.
"Une première", selon le ministre de l'Intérieur. En marge des manifestations contre la vie chère ayant réuni au moins 410 000 manifestants, samedi 24 octobre, "on a observé dans au moins deux villes – c'était le cas à Nice et à Montpellier – la présence de militants de l'ultradroite qui cherchaient à affronter l'ultragauche, en tout cas à protéger eux-mêmes les commerces", a rapporté Laurent Nuñez lors d'un point presse samedi.
"Nous avons recensé au moins quatorze villes dans lesquelles il y a eu des groupuscules d'extrême droite qui ont attaqué des manifestants", a aussi assuré dimanche sur France 2 Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI. "Comment est-il possible que ces milices aient pu tranquillement traverser une ville avec un dispositif policier hors norme ? (...) Qu'en dit le ministre de l'Intérieur ?", a commenté sur franceinfo Clémentine Autain, députée L'Après de Seine-Saint-Denis.
A Nice, "une centaine de militants d'ultradroite masqués ont convergé vers le centre-ville pour affronter physiquement les manifestants", samedi après-midi, a rapporté la préfecture des Alpes-Maritimes. "Les forces de sécurité ont manœuvré tout l'après-midi pour empêcher les deux groupes de se rencontrer", y compris au moyen d'un engin lanceur d'eau et de grenades lacrymogènes. Pour autant, "des rixes ont eu lieu aux abords du Vieux-Nice entre des individus violents issus des deux groupes, très mobiles", selon la même source. Selon un communiqué de la Ville de Nice, la scène a eu lieu "aux abords de l'Hôtel des Postes et de la rue Alberti".
Plusieurs témoins, interrogés par Nice-Matin, font de leur côté état d'un "assaut foudroyant" d'une "centaine d'individus" de l'ultradroite à l'encontre de manifestants ou de simples passants. "Trois blessés légers (...) ont été pris en charge par les sapeurs-pompiers" après ces rixes, précise la préfecture.
"Je condamne avec la plus grande fermeté les agressions commises aujourd'hui à Nice par des militants d'ultradroite contre les manifestants du cortège pacifique ! Rien ne peut justifier de tels actes, et leurs auteurs devront en répondre devant la justice, comme les nervis d'extrême gauche !", a réagi sur X le maire de Nice, Eric Ciotti, allié du Rassemblement national.
Le procureur de la République de Nice a fait savoir dimanche, dans un communiqué, que onze personnes "susceptibles d'appartenir à la mouvance d'ultradroite" ont été placées en garde à vue. Le parquet indique que les individus ont été "interpellés dans deux véhicules". "Certains étaient en possession de masques, gants, gazeuses et matraques", précise le procureur de la République. Parmi ces onze personnes, cinq sont déjà connues des services de police.
A Montpellier, "un groupe d'une vingtaine de personnes est allé plusieurs fois au contact des manifestants, cherchant les heurts, sans intervention des forces de l'ordre", relate France 3 Occitanie. Il s'agissait de personnes mobilisées après un appel lancé par un Montpelliérain à l'origine du site internet Alpha Rise, où sont recensés des groupes Telegram dans 66 villes de France, dont Montpellier, pour un projet "Entraide citoyenne". L'objectif affiché était de protéger les commerces après les dégradations et les pillages de la manifestation du 17 octobre.
Sur des images filmées par un photographe indépendant, plusieurs de ces hommes frappent des manifestants sous les yeux des forces de l'ordre, qui ne chargent que lorsque les manifestants répliquent.
Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a condamné sur X ces agissements, parlant d'une "milice d'extrême droite" ayant "fait usage de la force contre des manifestants". Dimanche, l'élu à annoncé à ICI Hérault faire un signalement auprès du procureur de la République après avoir été destinataire de plusieurs vidéos des violences. Le député LFI de Seine-Saint-Denis Thomas Portes a dénoncé sur le réseau social une "connivence entre les CRS et les militants fascistes". Une "complaisance" également pointée par son collègue Raphaël Arnault.
A Rouen, des manifestants ont été "violentés" par des "identitaires d'extrême droite" sans être interpellés par la police, rapporte aussi le média Blast, qui diffuse des images de la scène. Là encore, il s'agissait de personnes mobilisées via un canal Télégram "Entraide citoyenne", selon le média.
En fin de journée la préfecture de la Seine-Maritime a dressé un premier bilan faisant état de 30 personnes interpellées à Rouen pour "des faits de port d’armes, participation à des groupements, visages masqués". Trois personnes ont été légèrement blessées, dont un policier, rapporte la même source, citée par France 3 Normandie.
Enfin, à Lyon, l'AFP a vu un petit groupe d'une douzaine de jeunes hommes encagoulés ou visage caché scandant "la rue, la France nous appartient" dans la presqu'île, interdite à tout cortège ou attroupement. Ce groupe n'a "jamais crois[é] les manifestants dispersés par le dispositif policier", affirme LyonMag, qui assure que ces militants étaient une vingtaine.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Poursuite des procédures judiciaires contre les 11 individus en garde à vue à Nice.
Very likely · Within days
Open Questions
- Quelle sera la suite des poursuites judiciaires contre les interpellés ?
- Y a-t-il eu des manquements dans le dispositif policier ?




