«Nous croyons que l’Europe peut sortir de sa torpeur» : dans un vibrant discours face à l’Acropole, Marco Rubio appelle à «raviver la flamme»
Dans un discours prononcé sur la colline de Pnyx à Athènes, le chef de la diplomatie américaine a exhorté l'Europe à renforcer sa défense et sa civilisation.
Quick Look
- Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a exhorté l'Europe à raviver sa puissance et sa défense lors d'un discours à Athènes.
- Il a souligné les risques de déclin de la civilisation occidentale et salué l'alliance stratégique avec la Grèce.
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Why It Matters
Marco Rubio effectue une tournée européenne comprenant des étapes en Islande et en Grèce, axée sur la sécurité et l'énergie.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a vanté mercredi la puissance des États-Unis et appelé l'Europe à sortir de «sa torpeur», dans un vibrant discours prononcé sur la colline de Pnyx en face du rocher de l'Acropole, un monument athénien emblématique de l'Antiquité.
«Nous croyons que l'Europe peut sortir de sa torpeur et raviver la flamme qui fut allumée ici il y a des millénaires», a affirmé le secrétaire d'État américain, louant la civilisation antique grecque, berceau de la démocratie occidentale.
«Partout sur ce continent, nous assistons à ce que nous espérons être le début d'un tournant générationnel : une explosion des dépenses de défense, une vague de nouveaux partenariats et programmes, ainsi qu'un essor de l'industrie et de la production, dans le sillage des engagements historiques pris l'année dernière» au sommet de l'Otan à La Haye, a-t-il relevé, adoptant un ton plus positif vis-à-vis des Européens.
Il a cependant estimé dans ce discours aux relents nationalistes que la civilisation occidentale se trouvait «à un tournant» et à la croisée des chemins entre «puissance nationale» et déclin. Les anciens Grecs «comprenaient que la puissance ne consiste pas seulement à disposer des moyens de se défendre mais aussi à avoir la crédibilité nécessaire pour montrer que l'on est prêt à les utiliser», a-t-il dit. «Telle est la conception classique de la politique et de l'art de gouverner que l'administration Trump espère réhabiliter. La réhabiliter non seulement pour notre pays mais pour l'ensemble de notre civilisation», a-t-il plaidé.
Marco Rubio s'exprimait au coucher du soleil devant un parterre d'invités, dont le président grec Konstantinos Tassoulas, sur la colline du Pnyx, une scène idyllique pour ce diplomate de haut rang et ancien sénateur qui pourrait nourrir des ambitions présidentielles après le départ de Donald Trump. C'est sur ce même site que les citoyens d'Athènes se rassemblaient dans l'Antiquité pour discuter et voter sur les décisions économiques et politiques à main levée.
«Aujourd'hui, nous nous trouvons à la croisée des chemins. La voie que nous emprunterons déterminera si l'Occident conservera sa place à la tête du monde ou s'il se résignera à un avenir marqué par l'atrophie, la servitude et le déclin», a encore dit Marco Rubio. Il a relevé que, pour leur part, les États-Unis de Donald Trump avaient «fait le choix de poursuivre sans complexe» leur «puissance nationale» à travers le contrôle des chaînes d'approvisionnement stratégiques, la réindustrialisation, la défense et la «lutte pour dominer les technologies et les industries de l'avenir», comme l'intelligence artificielle.
Le discours, truffé de références historiques au risque de clichés et de glorification de héros de l'Antiquité comme Alexandre le Grand ou encore, plus étrangement, du conquistador Hernan Cortes, s'inscrit dans la lignée de celui prononcé en février, en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich, où il avait dénoncé le déclin de l'Europe. Il avait alors estimé que l'Europe était en particulier menacée par une immigration massive et appelé le Vieux continent à défendre la civilisation chrétienne.
Auparavant mercredi, Marco Rubio, arrivé la veille en Grèce en provenance d'Islande dans le cadre d'une tournée européenne, a souligné «l'importance» de l'alliance des États-Unis avec la Grèce, notamment sur le plan énergétique, et annoncé un accord bilatéral en vue du partage d'informations en matière de lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme. Le chef de la diplomatie américaine a participé le même jour à un «dialogue stratégique» avec Athènes sur la sécurité régionale et énergétique dans un contexte de fortes tensions provoquées par les guerres en Iran et en Ukraine.
Open Questions
- Quelles mesures concrètes l'Europe prendra-t-elle suite à cet appel?
- Quel sera l'impact de l'accord bilatéral de partage d'informations entre les États-Unis et la Grèce?





