Othman Garrido, djihadiste français, fond en larmes lors de son procès à Paris
Quick Look
- Othman Garrido, accusé d'avoir participé à des exécutions pour l'État islamique en Syrie, a fondu en larmes lors du témoignage de sa tante paternelle à son procès devant la cour d'assises spéciale de Paris.
- L'enquête a établi sa présence sur des photos d'exécutions, bien qu'il ait initialement nié son rôle avant de reconnaître les faits face aux preuves.
AI-generated summary
Why It Matters
Othman Garrido, un Français de 32 ans, est accusé d'avoir participé à des exécutions pour l'État islamique en Syrie entre 2012 et 2020. Il a été extradé de Turquie en 2020 et est jugé devant la cour d'assises spéciale de Paris pour des faits de terrorisme.
Le djihadiste français Othman Garrido, soupçonné d'avoir été un bourreau du groupe État islamique en Syrie, a flanché mardi en écoutant ses oncles et tante paternels venus témoigner à son procès et évoquer son enfance.
L'accusé de 32 ans, qui a regardé sans ciller lundi et mardi des photos d'exécutions sur lesquelles il figure, a laissé couler ses larmes à plusieurs reprises mardi après-midi, notamment lors du témoignage de sa tante paternelle. Cette infirmière à la retraite à la voix douce et posée a raconté à la cour la radicalisation de son frère, le père d'Othman, et a décrit la famille «hors système», coupée de la société, dans laquelle a évolué la fratrie, trois garçons et deux filles.
Passer la publicité
Une maison «spartiate» sans jouets ni télévision, des filles et une femme qui restent à la maison, les «idées arrêtées» et «négatives» du père sur l'éducation et sur la France, son désir de vivre en terre d'islam. La famille paternelle ne pose pas de questions. «On ne voulait pas être intrusifs, on ne voulait pas couper les ponts», dit l'ancienne infirmière. Elle décrit ses neveux Oubey - l'aîné, considéré également comme très radicalisé- et Othman, comme des enfants «polis, affectueux».
Une famille très impliquée dans l’islam
Le départ de ces deux frères en Syrie en octobre 2012, suivis par le reste de la famille neuf mois plus tard, a été «très mal vécu» par les grands-parents paternels, même s'ils n'ont «jamais su» quelle était la destination de la famille, raconte la tante. «C'est terrible ce qu'ils ont fait. Ça me fait beaucoup de peine de voir Othman aujourd'hui, mais c'est terminé, je ne veux plus entendre parler de ça», dit-elle en lançant un regard rapide à l'accusé dans le box.
Garrido se lève. «Ma tante, c'était pour moi celle dont j'étais le plus proche. J'avais une grande affection pour elle. Je respecte son choix mais ça me fait énormément de peine, je veux lui faire des excuses, lui demander pardon», dit le djihadiste, la voix étouffée. Sa tante qui est restée dans la salle pleure aussi, le visage entre les mains.
Le degré de l’engagement djihadiste du Français Othman Garrido et son rôle au sein de l’organisation EI en Syrie, où il a séjourné de 2012 à 2020, ont été longuement abordés plus tôt, dans la matinée, devant la cour d’assises spéciale de Paris. Est-il parti en Syrie «contraint» et «sous emprise» de son père ultraradicalisé, comme il l’a affirmé à l’audience, ou est-il le djihadiste chevronné et prééminent décrit par les témoignages et les pièces du dossier?
Aux enquêteurs qui l’ont interrogé à son retour en France après son arrestation et extradition par la Turquie en 2020, l’accusé a livré des versions évolutives de sa vie en Syrie, a raconté mardi matin l’un d’entre eux, décrivant les revirements du djihadiste au cours de ses interrogatoires.
Passer la publicité
Présent lors d’une exécution
«Garrido a une vérité adaptative. Son discours évolue en fonction des pièces ou des éléments qui apparaissent en cours d’enquête. Ce n’est que quand il est acculé par les preuves qu’il reconnaît les faits», affirme cet enquêteur. Ainsi de l’exécution publique de deux Iraniens en septembre 2015 à Al Qaryatayn, près de Homs (centre de la Syrie), où Garrido apparaît sur plusieurs photos : du pick-up transportant les suppliciés au cliché où il tient les épaules des bourreaux, deux figures du djihadisme français, Yacine Rettoun et Omar Diaw, morts depuis.
Garrido a d’abord nié sa présence puis, confronté aux photos, admis avoir assisté à l’exécution. Mais, souligne l’enquêteur, «au vu de la réputation de l’importance des deux bourreaux dans l’organisation de l’EI, je ne pense pas que le premier quidam venu pouvait s’approcher et les entourer par les épaules». Face à la violence des images et la présence irréfutable de Garrido sur la plupart d’entre elles, la défense de l’accusé tente d’instiller le doute sur son importance au sein de l’EI, en relevant les contradictions et fragilités de témoignages.
Me Antoine Ory, l’avocat du djihadiste, pousse les enquêteurs dans leurs retranchements, particulièrement sur la photo de mauvaise qualité qui vaut à Garrido l’accusation d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste. L’homme qui y figure, visage partiellement masqué, avec, à ses pieds, une tête décapitée et en arrière-plan un cadavre, n’a jamais été formellement identifié. Ni la victime, ni le lieu, ni la date de l’exécution. «Pouvez-vous affirmer qu’il ne s’agit pas d’un montage ?», lance-t-il à l’enquêteur, qui ne peut lui répondre.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
La cour d'assises spéciale de Paris rendra son verdict dans les semaines à venir concernant la culpabilité d'Othman Garrido.
Very likely · Within weeks
Othman Garrido pourrait faire appel du verdict s'il est condamné.
Possible · Within months
Open Questions
- Quel était exactement le rôle d'Othman Garrido au sein de l'État islamique en Syrie ?
- Dans quelle mesure son père ultraradicalisé a-t-il influencé son départ en Syrie ?
- Les preuves présentées sont-elles suffisantes pour établir une responsabilité pénale directe dans les exécutions alléguées ?






