
Des élus RN ont voté contre le fait qu'une école soit rebaptisée du nom d'Irène Sapir, rescapée de la Shoah et ancienne élue communiste, invoquant son « militantisme politique ».
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Le conseil municipal de Bergerac a voté pour rebaptiser une école du nom d'Irène Sapir, ancienne élue et rescapée de la Shoah. Des élus RN ont voté contre en raison de son engagement politique passé.
Des élus RN à Bergerac (Dordogne) ont justifié lundi 5 octobre leur opposition récente à une délibération rebaptisant une école du nom d'Irène Sapir, rescapée de la Shoah devenue élue locale communiste, par son «militantisme politique», l'intéressée déplorant un vote pas «vraiment républicain».
Mercredi dernier, trois conseillers municipaux du Rassemblement national ont voté contre cette décision, finalement adoptée, estimant qu'une école «ne peut pas porter le nom d'une militante politique», élue bergeracoise de 1967 à 2001 sous les couleurs du Parti communiste français, qu'ils considèrent comme l'«héritier du stalinisme».
Un travail de mémoire auprès de la jeunesse
Irène Sapir, 89 ans, a fait partie des milliers de Juifs arrêtés en juillet 1942 lors de la Rafle du Vel' d'Hiv', avant d'être déportée à Auschwitz. Devenue enseignante, cette survivante a témoigné dans les établissements scolaires, dont l'école du Bout des Vergnes à laquelle la municipalité bergeracoise a donné son nom. «Son travail de mémoire auprès des jeunes mérite le respect. Ce parcours n'est pas le sujet», a déclaré Christian Gérard, élu RN âgé de 26 ans, lors de la séance.
«Il m'a fait de la peine ce Monsieur (...). Ce qu'il sait de moi, c'est que je suis communiste et que je suis d'origine juive, que je suis une rescapée d'un massacre immonde. S'il était vraiment républicain, il aurait voté», a réagi Irène Sapir au micro de la radio Ici Périgord. «Tenter de disqualifier une femme de 89 ans en réduisant son existence à son appartenance politique est profondément indigne», a réagi pour sa part la sénatrice PCF de Dordogne Marie-Claude Varaillas dans un communiqué.
Le maire PS de Bergerac, Fabien Ruet, a fustigé le RN comme «héritier» d'un «passé qui ne passe pas», rappelant que le Front national, ancien nom du parti, a été fondé notamment par d'anciens Waffen-SS. «Monsieur le maire se livre à une honteuse instrumentalisation dans l'unique but que nos élus soient harcelés médiatiquement», a répondu le RN de Dordogne dans un communiqué transmis lundi à l'AFP, dénonçant le «militantisme politique de Madame Sapir» et qualifiant les accusations d'antisémitisme de «manipulation mensongère et calomnieuse».

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