
Jaroslaw Kaczynski réclame une réforme profonde de l'UE, incluant la suppression de la Commission européenne, sous peine de négocier une sortie de la Pologne.
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Le PiS a gouverné la Pologne de 2015 à 2023, période marquée par des tensions avec Bruxelles sur l'État de droit. Donald Tusk, ancien président du Conseil européen, dirige actuellement le gouvernement polonais.
L'exécutif proeuropéen en Pologne a dénoncé jeudi 29 octobre les déclarations du chef de Droit et Justice (PiS), principale formation de l'opposition national-conservatrice, évoquant l'hypothèse d'un Polexit si l'Union européenne ne se réformait pas comme il l'entend. Premier ministre en 2006 et 2007 et aujourd'hui député, Jaroslaw Kaczynski exige la suppression de la Commission européenne, «un organe très néfaste (qui) ne devrait pas exister», ainsi qu'un nouveau traité entre États.
Si ces revendications n'étaient pas satisfaites, l'actuel traité européen «précise les conditions de sortie d'un pays de l'Union européenne», a-t-il dit lors d'un forum mercredi. «Tout commence par des négociations, et nous devons absolument les entamer. C'est une méthode difficile et risquée, mais la situation est tellement critique qu'il vaut la peine d'y recourir si les autres échouent», a-t-il plaidé. Aux affaires entre 2015 et 2023, le PiS, qui a largement contribué à l'élection du nationaliste Karol Nawrocki à la présidence de la République en juin 2025, a engagé au cours de cette mandature des réformes jugées à Bruxelles contraires aux règles d'un État de droit.
Le parti estime que la politique de l'UE est dictée par ses pays fondateurs et en particulier l'Allemagne, à qui il réclame 1 300 milliards d'euros de réparations pour les crimes nazis perpétrés pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour Jaroslaw Kaczynski, les vents politiques en Europe sont en train de tourner en faveur de son camp, avec notamment l'hypothèse d'une victoire de Marine Le Pen (extrême droite) à la présidentielle française en 2027 ou les législatives de novembre en Espagne qui pourraient conférer au parti d'extrême droite Vox un rôle d'arbitre.
Le premier ministre polonais, Donald Tusk, président du Conseil européen (2014-2019), s'est dit prêt jeudi à mener une «lutte acharnée» contre une sortie de son pays de l'UE. «Jaroslaw Kaczynski vient d'annoncer que la Pologne devrait entamer des négociations sur les conditions de sortie de l'Union européenne. C'est pour un enjeu de cette nature, entre autres, que se livre aujourd'hui en Pologne une lutte acharnée. Une lutte impitoyable. Je n'entends pas la perdre», a-t-il écrit sur son compte X.
Pour son chef de la diplomatie Radoslaw Sikorski, le PiS veut «une frontière douanière avec l'Allemagne, la République tchèque, la Slovaquie et la Lituanie. Des contrôles d'identité dans les aéroports. La fin des subventions aux agriculteurs et aux investissements». Il a également cité le fonds européen SAFE destiné à financer des projets dans la défense et au nom duquel Varsovie, voisine et soutien de l'Ukraine - et qui partage aussi une frontière avec la Russie et le Bélarus - a perçu 43,7 milliards d'euros.
La majorité parlementaire accuse régulièrement la droite de faire du pied à l'extrême droite europhobe, en hausse dans les sondages à un an des prochaines législatives. Jeudi, M. Kaczynski a semblé en partie revenir sur ses propos. «Tusk ment comme d'habitude», a-t-il réagi sur X. «L'Union européenne est nécessaire, mais elle exige une réforme en profondeur (...). Nous voulons que l'Union profite non pas aux élites, mais avant tout aux citoyens ordinaires».
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Intensification des débats politiques en Pologne avant les législatives.
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