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Présidentielle 2027 : candidatures, alliances et débats budgétaires s'intensifient
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Le Figaro Actualités1 hour agoPolitics7 min readFranceView translation

Présidentielle 2027 : candidatures, alliances et débats budgétaires s'intensifient

À sept mois de l'élection présidentielle, le paysage politique français se fragmente entre candidatures multiples à gauche, appels à une coalition centrale et tensions budgétaires.

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À l'approche de la présidentielle 2027, le paysage politique se recompose : candidatures à gauche (Roussel, Royal), appels à une coalition centrale par Beaune et Grangeon, et débats sur le budget et la Constitution animent la campagne.

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Why It Matters

La France se prépare à l'élection présidentielle de 2027 dans un contexte de fragmentation politique et de défis budgétaires majeurs.

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Le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane (PS) a assuré lundi qu’il ne soutiendrait pas une candidature de François Hollande à la présidentielle si ce dernier ne faisait pas un «mea culpa» sur la déchéance de nationalité.

«S’il est le meilleur pour pouvoir nous rassembler, je ne pourrais pas soutenir François Hollande s’il ne revient pas sur la question de la déchéance de nationalité de façon claire», a expliqué sur Europe 1-Cnews Karim Bouamrane, lui-même candidat à la présidentielle en dehors de la primaire organisée entre le Parti socialiste et Place publique.

Il a souhaité que l’ancien président exprime «un mea culpa, en prenant conscience du fait qu’il nous a blessés et qu’il a blessé une grande partie de la communauté progressiste», a-t-il complété.

Après les attentats du 13-Novembre 2015 à Paris, le président socialiste avait proposé de réviser la Constitution pour étendre la déchéance de nationalité aux binationaux condamnés pour terrorisme.

Cette proposition, finalement abandonnée, avait provoqué un tollé à gauche, entraîné la démission de la ministre de la Justice Christiane Taubira et profondément fracturé le PS.

«Pour le RN il ne faut pas ’diaboliser’ un parti qui prône la séparation des enfants dans les écoles (handicapés et réfugiés du droit d’asile à part)», a écrit le premier secrétaire du Parti socialiste sur X, en repartageant une publication du député Rassemblement National, Jean-Philippe Tanguy, qui demandait à ne pas «diaboliser» l’AFD, un parti nationaliste qui a remporté une victoire électorale dimanche en Allemagne. «Qui refuse la repentance sur le passé nazi de l’Allemagne, veut en finir avec les sorties scolaires dans les camps de la mort, cible les LGBTQI+… Chacun est prévenu».

Clément Beaune, Haut commissaire au Plan, et Philippe Grangeon, ancien conseiller spécial d’Emmanuel Macron, lancent lundi un «appel solennel» pour bâtir dès à présent «une coalition» réunissant le bloc central, la «gauche étanche à LFI» et «la droite hermétique au RN» en vue de la présidentielle.

Pour ces deux piliers de la campagne d’Emmanuel Macron en 2017, qui signent un long texte sur La Grande conversation, «l’idée clé tient en une phrase: nul ne gagnera ni ne gouvernera seul en 2027».

«Il faut donc, pour la première fois sous la Ve République, essayer de bâtir une coalition avant l’élection présidentielle, plutôt que de l’improviser, à chaud, au soir d’un second tour, puis nécessairement en vue des élections législatives», insistent-ils dans la revue du think tank Terra Nova.

L’«appel» est «adressé d’abord aux acteurs du camp central, ensuite à la gauche étanche à LFI et à la droite hermétique au RN, enfin à tous les citoyens qui refusent la résignation», soit un espace «de Raphaël Glucksmann à Xavier Bertrand», plaident-ils, déplorant que la victoire du Rassemblement national soit parfois vécue comme «une fatalité subie».

Pour MM. Beaune et Grangeon, «trois conditions s’imposent» alors que le bloc central part en ordre dispersé vers 2027, avec les candidatures de Gabriel Attal et Edouard Philippe.

Une marche après l’autre. En mars dernier, sa victoire à Nice - loin d’être évidente quelques mois plus tôt - a propulsé Éric Ciotti à la tête de la cinquième ville de France, lui donnant la main sur son collège de grands électeurs. Fin septembre, les élections sénatoriales renouvelleront une partie de la chambre haute. Dans les Alpes-Maritimes, département qui compte 163 communes, cinq sièges sont en jeu, aujourd’hui tous détenus par des élus Les Républicains.

L’occasion pour le patron de l’UDR, qui vise la constitution d’un groupe au Sénat, de tenter de renverser à nouveau la table en faisant élire pour la première fois sur son territoire des candidats issus de son alliance avec le Rassemblement national. « C’est Ciotti qui fait la campagne de l’UDR-RN », observe l’une des têtes de liste adverses, signe que le nouveau maire entend mettre tout son poids politique dans la balance.

En course pour 2027, le premier secrétaire du parti socialiste (PS), Olivier Faure, participera à la primaire d’octobre prochain. Il assure sur BFMTV/RMC, ce lundi, avoir déjà réuni les parrainages nécessaires pour y concourir. Et plaide à nouveau pour un périmètre large : «Je veux une primaire de Ruffin à Glucksmann». L’élu socialiste a aussi décroché une flèche à l’encontre de l’ex-chef de l’État, François Hollande, qui pourrait devenir son concurrent. Il l’accuse de «chercher sa voie avec une alliance de centre droit». Et tacle sa proposition de TVA sociale : «Je ne me suis pas engagé au PS pour appliquer, quatorze ans après, le programme de François Fillon».

Dimanche soir, le secrétaire national du parti communiste (PC), Fabien Roussel, a officialisé sa candidature à l’Élysée. Le coordinateur national de La France Insoumise (LFI), Manuel Bompard, appelle les électeurs communistes sur France 2 à se ranger derrière son leader, car «il y a une telle proximité dans les votes à l’Assemblée». En 2022, Fabien Roussel avait recueilli 2,2% des voix, faisant dire à Jean-Luc Mélenchon - qui a manqué le second tour à 400 000 voix - qu’il était presque responsable de cette non-qualification. «Je souhaite que ça ne se reproduise pas», a argué l’Insoumis, pointant un «souvenir assez douloureux» pour les sympathisants communistes. Avant de défendre : «Le problème ce n’est pas le nombre de candidats, mais le nombre d’électeurs».

Leurs adversaires se prennent à espérer. Et si le poison de la discorde avait été inoculé au Rassemblement national ? Et si des signes d’« amateurisme », selon le mot de Bruno Retailleau ce dimanche, pouvaient commencer d’ébranler la forteresse électorale Le Pen ? Du rappel de la position intangible sur les retraites, là où Jordan Bardella ouvrait la porte à une évolution de celle-ci, aux expressions différentes sur l’interdiction du voile, la rentrée semble être placée sous le signe des divergences, et de lignes et de personnes, au sein du RN ; impression renforcée par des allégations de tensions entre la candidate du parti et celui qui s’était préparé à la remplacer.

À sept mois de l’élection présidentielle, Roland Lescure met en garde les oppositions contre une nouvelle crise budgétaire. Interrogé ce lundi matin sur RTL sur les menaces de censure qui planent sur le budget 2027, notamment du côté du Parti socialiste et de La France insoumise, le ministre de l’Économie les a appelés à «la responsabilité».

«L’alternative, c’est qu’on n’ait pas de budget», a-t-il averti. Un tel scénario pourrait, selon lui, provoquer une forte hausse des taux d’intérêt et avoir des conséquences directes pour les Français : crédits à la consommation plus difficiles à obtenir, taux de découvert plus élevés, voire davantage d’inflation. «Quand les prêteurs perdent confiance, il faut faire de vrais sacrifices», a insisté Roland Lescure.

Le gouvernement doit présenter sa copie budgétaire «début octobre au plus tard». Bercy estime que, sans nouvelles mesures, le déficit public pourrait avoisiner 6% du PIB l’an prochain, alors que l’exécutif veut le ramener à, «au pire», 5%. Roland Lescure promet des efforts sur les dépenses de fonctionnement, les collectivités et l’État, tout en assurant ne pas souhaiter de nouvelle hausse d’impôts. «Si on ne fait rien, on va dans le mur», a-t-il résumé.

Bruno Retailleau ne le nomme que trois fois. Pourtant, c’est bien le Conseil constitutionnel que cible le patron des Républicains (LR) dans le projet de réforme constitutionnelle qu’il a présenté dans les colonnes du Figaro. Le candidat LR à la présidentielle souhaite d’une part élargir le périmètre de l’article 11, pour qu’un référendum puisse être convoqué sur n’importe quelle loi. D’autre part, il propose de «donner le dernier mot au peuple» pour que celui-ci puisse valider, en dernier ressort, une loi censurée par les Sages de la rue de Montpensier.

La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui s’est dite «totalement opposée» à ce projet, ne s’y est pas trompée. «Depuis des mois et des mois, certains hommes ou femmes politiques attaquent le Conseil constitutionnel et notre Constitution» mais celle-ci est «notre bien le plus précieux», a-t-elle déclaré. Un débat technique, qui peut sembler fort éloigné des préoccupations des Français. C’est pourtant la puissance du législateur et du peuple souverain qui sont en jeu, notamment sur la très sensible et omniprésente question migratoire. Car au fil des années, le Conseil constitutionnel a encadré l’action du législateur par une jurisprudence toujours plus abondante, sur ce domaine en particulier. «Aucune révision majeure en la matière ne peut faire aujourd’hui l’économie d’une réforme constitutionnelle», souligne derechef Guillaume Drago, professeur de droit public à l’université Panthéon-Assas.

La candidate du Rassemblement nationale à l’élection présidentielle, Marine Le Pen, a défendu dimanche dans un courrier aux buralistes le «gel des taxes sur le tabac», affirmant vouloir «protéger» une activité «vitale pour la vie sociale» des communes. Alors que la Confédération des buralistes a appelé à une «mobilisation nationale» à partir de lundi pour «défendre nos commerces de proximité et nos territoires» face à une hausse des prix du tabac et à l’essor du marché parallèle de cigarettes, la candidate à l’Élysée s’est adressée à ce secteur dans une «lettre ouverte» publiée par le RN dimanche soir.

Cette mobilisation «est totalement légitime», a-t-elle écrit, assurant vouloir «protéger ceux qui travaillent légalement, combattre réellement ceux qui organisent les trafics, redonner de la visibilité à votre profession», une activité «vitale», selon elle, «pour la vie sociale et économique de nos villes et villages». La cheffe de file des députés RN propose notamment deux mesures phares sur le volet économique pour «stopper l’escalade fiscale»: «le gel des taxes sur le tabac et la désindexation du prix sur l’inflation», a-t-elle affirmé.

«L’augmentation permanente du prix du tabac ne peut tenir lieu, à elle seule, de politique publique», a poursuivi Marine Le Pen, qui entend aussi «alourdir fortement les sanctions contre les trafiquants et la vente à la sauvette» et un renforcement des prérogatives des policiers municipaux pour qu’ils puissent notamment «participer aux saisies de produits illicites».

La part du tabac consommé en France métropolitaine qui échappe à la fiscalité nationale (TAFE) représentait un manque à gagner fiscal de 4,3 milliards d’euros en moyenne en 2023, selon une étude des douanes publiée en octobre 2025. Selon un rapport du Sénat de mai 2024, un paquet de 20 cigarettes «premium» vendu 12,50 euros rapportait 10,50 euros à l’État (8,5 euros d’«accise» sur les tabacs et 2 euros de TVA), contre 1 euro au buraliste et 1 euro de marge au fabricant.

Un candidat de plus sur la ligne de départ à gauche. Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle au JT de TF1 à 20H.

Au grand dam de certains élus de son parti et de La France insoumise, qui l’accuse d’avoir empêché Jean-Luc Mélenchon d’accéder au second tour en 2022, le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) retente sa chance pour 2027, après un vote des adhérents PCF. En 2022, il n’avait récolté que 2,28% des suffrages au premier tour. Dans l’enquête Ipsos/BVA de samedi, il obtient entre 2,5% et 3,5% des intentions de vote.

Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste pour la présidentielle, a annoncé dimanche avoir obtenu les parrainages nécessaires pour y participer, se félicitant d’avoir «gardé beaucoup d’amitiés au sein du PS». «J’ai les parrainages. Ce sont des parrainages (...) qui représentent des sensibilités très différentes au sein du Parti socialiste», a affirmé sur LCI l’ancienne ministre, âgée de 72 ans, battue au second tour de l’élection présidentielle de 2007. «Je ne savais pas que cela viendrait si vite, cela prouve que j’ai gardé beaucoup d’amitiés au sein du PS», ajoute-t-elle.

Quel rôle entend-elle jouer dans cette campagne ? «Je souhaite remettre de l’ordre et de la dignité dans la maison France qui a été très abîmée ces dernières années», a-t-elle résumé, sans dévoiler beaucoup de propositions à ce stade. Vendredi, en déplacement la foire agricole de Châlons-en-Champagne (Marne), elle avait mis en avant le fait qu’elle n’avait «rien à prouver», «pas de carrière politique à faire», contrairement à de nombreux prétendants à l’Elysée. Outre Ségolène Royal, six autres candidats sont déclarés à la primaire, qui aura lieu en deux tours les 9-10 et 16-17 octobre : le patron de Place publique Raphaël Glucksmann; celui du PS Olivier Faure; les députés socialistes Philippe Brun et Jérôme Guedj; l’ex-maire de Châteaudun (Eure-et-Loir) Fabien Verdier, et le chef du petit parti Gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel.

«Une extrême droite française qui a pour habitude de vassaliser notre pays.» C’est en ces termes que la députée LFI Mathilde Panot a qualifié le président du Rassemblement Jordan Bardella, accusé d’avoir signé un accord de principe avec le chef du parti anti-immigration britannique, Nigel Farage. «Je lui reproche depuis l’étranger d’envoyer un signal qui abaisse la parole de la France», a-t-elle assuré au micro de BFM/TV et du Figaro. Ce texte, assure-t-elle, prévoit que «nous allons récupérer les personnes déboutées par le Royaume-Uni. (...) Nous ne sommes pas des gardes barrières, de sous-traitants du Royaume-Uni.

Mathilde Panot appelle à «accueillir dignement» et «ouvrir des voies légales avec le Royaume-Uni» et a dénoncé «tous les mensonges qui sont dits sur la subversion migratoire qui n’existe pas dans notre pays». «La France accueille 0,44% de nouvelles personnes chaque année, c’est en moyenne 1% sur l’OCDE. La plupart des migrations sont entre pays du Sud», a-t-elle rappelé en citant notamment le Liban, dont «un quart de la population est immigrée».

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, qui soutient la candidature d’Edouard Philippe, a appelé dimanche Gabriel Attal et Bruno Retailleau à abandonner leurs ambitions présidentielles «le plus tôt possible» et à se ranger derrière le maire du Havre, le mieux placé dans les sondages pour battre Marine Le Pen.

«On ne peut pas se permettre d’attendre trop longtemps», il faut se rassembler «le plus tôt possible», a exhorté la ministre à l’adresse des prétendants du centre et de droite, particulièrement Gabriel Attal et Bruno Retailleau.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Dépôt du projet de budget par le gouvernement début octobre.

    Very likely · Within weeks

Open Questions

  • Le gouvernement parviendra-t-il à faire voter son budget ?
  • Quelle coalition émergera réellement avant le premier tour ?

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This article was originally published by Le Figaro Actualités.

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