Primaire de la gauche : les candidats s'affrontent sur l'avenir du parti face au RN et à Macron
Quick Look
Lors de la primaire de la gauche, Jérôme Guedj, Olivier Faure, Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel défendent leurs visions pour représenter le camp social-démocrate face à dix ans de macronisme et la montée du RN, tandis que Dominique de Villepin défend Jordan Bardella contre les accusations d'antisémitisme de Mediapart, et Roland Lescure précise que l'effort demandé aux entreprises dans le budget 2027 est de 10 milliards d'euros, moitié moins que l'estimation du Medef.
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Why It Matters
La primaire de la gauche vise à désigner un candidat unique pour représenter les sociaux-démocrates face à la montée du Rassemblement national et dix ans de présidence Macron. Les candidats débattent de leur vision pour le pouvoir d'achat, la justice fiscale et l'unité de la gauche.
Pourquoi les candidats à la primaire veulent-ils représenter le camp social-démocrate ? «Après dix années de macronisme et de ses illusions et face aux périls du RN, je vous propose un chemin de courage pour répondre aux besoins de dignité exprimés par les Français», quant au pouvoir d’achat, les salaires et les retraites, et la justice fiscale, a lâché Jérôme Guedj, qui s’oppose à «la possibilité d’alliance avec la France insoumise» promue par Olivier Faure.
Un Olivier Faure qui appelle au «rassemblement de la gauche», des écologistes aux syndicalistes, contre le «en même temps» macroniste «qui a donné l’opportunité à l’extrême droite de se présenter comme l’exclusive alternative.»
Dans une France «en état de chaos, de fracture et de déclin», Ségolène Royal promeut sa future présidence, celle du «sens de l’ordre et de la justice». Forte de son parcours, elle veut mettre son «expérience au service de mon pays». Pour ce faire, l’ex-finaliste de la présidentielle de 2007 promet de «déclencher un mouvement pouvant porter la gauche et ensuite élargir entre les deux tours».
Raphaël Glucksmann trouve, lui, «qu’on a tous mal en voyant l’état de notre pays». «Quand on se rend compte à quel point la voix de la France n’est plus écoutée, on a l’impression d’être face à un pays qui tombe. ça n’est pas la France. On doit et on va relever la tête», fait savoir le cofondateur de Place publique.
Emmanuel Maurel se porte candidat «parce qu’il veut servir la France et les Français. Notre pays, il est abîmé. Il est aussi miné par des fractures sociales territoriales entre les générations.» Son objectif ? «Réparer le pays» et de «recréer du commun».
Invité dimanche du «Grand Oral BFMTV-Le Figaro», Dominique de Villepin s’est engouffré dans la brèche ouverte par Mediapart, qui attribue depuis le début de la semaine dernière à Jordan Bardella, dans une enquête en deux volets, des écrits antisémites datant de 2013. Ce que l’intéressé dément en bloc.
Le RN a beau avoir engagé un travail de « normalisation » et de « dédiabolisation » depuis une quinzaine d’années, l’entreprise reste, aux yeux de Dominique de Villepin, loin d’être achevée. « Il faudra beaucoup d’années, de temps et de preuves pour que cette réalité puisse devenir admise par tous », estime le septuagénaire. Jordan Bardella doit-il, selon lui, démissionner, alors que Marine Le Pen vient de lui renouveler sa « totale confiance » ?
« La responsabilité personnelle, c’est une chose ; le problème est celui d’un parti qui hérite d’une tradition, c’est un problème de système, pas de personne », élude l’ancien chef de la diplomatie. Avant d’ajouter : « Si on lance la chasse aux sorcières au RN, on n’en finira pas. »
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Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a affirmé que l’effort demandé aux entreprises dans le cadre du projet de budget 2027 atteignait environ 10 milliards d’euros, soit moitié moins que le montant avancé par le Medef, dans un entretien à La Tribune Dimanche. «La somme avancée par le Medef de 20 milliards d’euros est inexacte. L’effort demandé aux entreprises est de l’ordre de 10 milliards en incluant une réduction à 5 milliards d’euros de surtaxe dans le cadre de l’impôt sur les sociétés et une contribution pour des grandes entreprises de fret maritime», a indiqué M. Lescure au surlendemain de la présentation par le gouvernement de son projet de budget pour 2027.
Première organisation patronale, le Medef a estimé jeudi à «près de 20 milliards d’euros» les prélèvements et taxes touchant les entreprises dans le projet de budget, jugeant «qu’affaiblir encore les entreprises, c’est affaiblir le pays».
Le Mouvement des entreprises de France (Medef) a dénoncé «la multiplication des taxes» sur différents secteurs figurant dans le projet du gouvernement : sur les autoroutes, les produits transformés sucrés, le transport maritime, les conventions d’assurance automobile ou les complémentaires santé.
Entre les salles et les moyens techniques, les coûts d’organisation d’un meeting pour cette présidentielle ont nettement augmenté en raison de l’inflation, obligeant les candidats à s’adapter, voire à réduire la voilure de ce type d’événement. Face à ces prix en hausse pour toute la partie événementielle, poste de dépense parmi les plus importants en campagne électorale, certains candidats remettent une nouvelle fois en cause le plafond, fixé depuis 2009 à 16,851 millions d’euros au premier tour et à 22,509 millions au second.
Éric Zemmour, qui s’apprête à se lancer pour la deuxième fois dans la course à l’Élysée, a d’ores et déjà prévu de faire moins de réunions publiques qu’en 2022, lui qui avait pourtant été l’un des seuls, avec Jean-Luc Mélenchon à l’époque, à enchaîner les impressionnantes démonstrations de force militantes. Officiellement, c’était « très et trop prenant » selon son entourage, mais en réalité se pose aussi une question financière, pour lui comme pour les autres prétendants.
L’INFLATION CONTRAINT LES MEETINGS
Au lendemain de la nouvelle charge de Mediapart contre Jordan Bardella, ce proche de Marine Le Pen, membre de la direction de campagne, ne bronche pas. Il se sent très bien. « Rien n’a changé pour moi. Je ne suis absolument pas convaincu par ce qu’apporte Mediapart. Leurs preuves ne sont pas convaincantes. Donc, maintenant, on fait campagne et on parle aux Français », affirme-t-il, absolument imperturbable. L’homme va encore plus loin en lâchant : « Franchement, tout va bien. » Et dit ne penser qu’à une chose : le rendez-vous du 6 octobre prochain, quand Marine Le Pen détaillera les 125 milliards d’euros d’économies qu’elle entend faire.
Voilà l’ambiance qui règne parmi les stratèges de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, moins de vingt-quatre heures après le dernier article de Mediapart sur les propos antisémites qu’aurait écrits, en 2013, Jordan Bardella, alors âgé de 17 ou 18 ans et simple militant Front national. Dans ce nouvel article, publié jeudi à 18 heures, le journal en ligne a mis en scène ses « preuves ». Il publie des captures d’écran des messages qu’aurait envoyés Jordan Bardella à une autre personne sur la plateforme Messenger. L’interlocuteur du président du RN a demandé à Meta un téléchargement de cette conversation, dont l’extraction a été authentifiée par un huissier, selon Mediapart. Et puis il y a les éléments biographiques prouvant selon le média que l’auteur des messages était bien Jordan Bardella : une mère née en Italie, la mention d’une interview qu’il avait accordée au Parisien en 2013 ou encore l’échec au concours de Sciences Po.
FACE AUX ACCUSATIONS, LE RN FAIT BLOC
À la veille du dernier débat télévisé des candidats à la primaire, deux extraits de propos tenus par Raphaël Glucksmann, destinés à rester privés, ont été diffusés par Le Media, support en ligne proche de la gauche radicale. Ce dernier se trouve au côté du chef des députés socialistes Boris Vallaud et semble discuter avec des militants.
Dans un premier extrait, l’eurodéputé débriefe le débat du Medef fin août, auquel il avait participé avec six autres candidats à la présidentielle, dont Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. On l’entend dire que «sur les questions économiques», les deux candidats «étaient méga à la ramasse». «Je l’ai vu les yeux perdus Mélenchon, dans ce débat», insiste-t-il. «Qu’est-ce qui s’est passé derrière ?», poursuit-il. «Le Pen a ramené (le sujet du) voile» dans le débat politique. «Et lui (Jean-Luc Mélenchon, ndlr), il a remis l’abaya. Ils ont réagi en symétrie. On leur pisse dessus, on va pas rentrer dedans», s’enflamme-t-il.
Dans une seconde vidéo, l’eurodéputé s’en prend à sa concurrente dans la primaire de la gauche, Ségolène Royal, l’accusant d’avoir fait «la danse du ventre à Macron» ces dernières années alors que lui siège «depuis sept ans et demi au Parlement européen».
Les deux intéressés ont vivement réagi. Jean-Luc Mélenchon s’est étonné sur X de cette vidéo où «R. Glucksmann prétend qu’il me “pisse dessus”. Il y a peu, il annonçait qu’il allait me “plier”», remarque-t-il. «On voit comment il adopte la “méthode de la nuance” qu’il recommande et le “refus de la brutalisation du débat” qu’il proclame», dit-il.
De son côté, Ségolène Royal a déploré sur X «le sexisme consternant de cette remarque immature» et «une contre-vérité», affirmant qu’elle avait été «révoquée» de son poste d’ambassadrice des pôles Arctique et Antarctique pour avoir «dénoncé la violence de la répression contre les gilets jaunes et refusé de (se) taire, comme le demandait Emmanuel Macron».
LIRE L'ARTICLE
«Je vais être élu ce soir. Tu vas l’apprendre à 20 heures, mais je te préviens», confie François Hollande à son père quelques minutes avant l’annonce officielle de sa victoire à l’élection présidentielle en 2012. «Je te plains quand même !», lâche aussitôt Georges Hollande, qui était d’un tout autre bord politique «à la droite de la droite». Il avait fait de ce point de vue «une bonne prophétie», s’amuse l’ancien président de la République. Pour lui, «agir n’était pas vain, mais douloureux.»
Durant 52 minutes, l’ancien chef de l’État répond ainsi aux questions de Vincent Trémolet de Villers, sur la nouvelle chaîne Youtube Empreintes. Il revient sur les ressorts de son ambition politique et sur ce qui l’a construit en tant qu’homme. Le pays de son enfance ? «Nous vivions à Rouen, dans le cabinet médical de mon père. Le lit dans lequel je me couchais le soir était le lit sur lequel il opérait ses patients», se souvient François Hollande, avant d’ajouter avec amusement : «Quand il avait du temps, il nous opérait avec mon frère pour se faire la main…».
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Olivier Faure remportera la primaire de la gauche grâce au soutien du Parti socialiste.
Likely · Within days
Jordan Bardella ne démissionnera pas malgré les accusations de Mediapart et le soutien de Marine Le Pen.
Very likely · Within weeks
Open Questions
- Quel candidat remportera la primaire de la gauche ?
- Les accusations de Mediapart contre Jordan Bardella auront-elles un impact sur sa campagne ?
- Le gouvernement réussira-t-il à faire adopter son projet de budget 2027 malgré l'opposition du Medef ?


