Primaire de la gauche sociale-démocrate : débats sur l'alliance avec LFI, les retraites et l'Ukraine
Quick Look
- À l'approche du premier tour de la primaire de la gauche sociale-démocrate vendredi et samedi, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont débattu dimanche sur BFMTV.
- Ils ont exprimé leurs divergences sur une alliance avec La France insoumise, présenté leurs excuses après des propos polémiques, affiché leur soutien aux lycéens, débattu de l'âge de la retraite, de la poursuite du soutien à l'Ukraine, de la fiscalité et de l'immigration, tout en maintenant l'unanimité sur certains points comme l'opposition à la réforme des retraites de 2023 et le soutien à l'Ukraine.
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Why It Matters
La primaire de la gauche sociale-démocrate vise à désigner un candidat unique pour l'élection présidentielle de 2027, dans un contexte de fragmentation de la gauche et de montée des tensions avec La France insoumise.
La primaire de la gauche sociale-démocrate approche. Le premier tour aura en effet lieu vendredi et samedi. Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont donc encore une fois tenté de convaincre lors d’un dernier débat dimanche sur BFMTV.
Alors que les électeurs ont jusqu’à ce lundi soir minuit pour s’inscrire pour le 1er tour, 20 Minutes fait le point sur les principales déclarations des candidats à l’investiture pour la présidentielle.
La question d’une alliance avec LFI
Comme lors des précédents débats, les cinq candidats ont affiché leurs divergences sur une éventuelle alliance avec La France insoumise aux législatives. Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj y sont résolument opposés. Jean-Luc Mélenchon est un « boulet » pour la gauche, a ainsi martelé Jérôme Guedj. Ce dernier a aussi accusé Olivier Faure, qui estime nécessaire le rassemblement de la gauche à l’Assemblée, de « tous nous fragiliser » en laissant « entendre que nous aurions des passerelles possibles » avec LFI.
Ségolène Royal a pour sa part dénoncé le « hold-up » que Raphaël Glucksmann mène sur le PS, l’accusant d’être venu dans la primaire car il « n’a pas réussi à créer une dynamique avec son parti politique », et d’accabler la formation de Jean-Luc Mélenchon pour « justifier l’alliance avec la droite ». « Un pur procès d’intention », a déploré le candidat de Place publique, affirmant qu’il n’avait « aucune intention de diluer la famille sociale-démocrate, ni dans le mélenchonisme ni dans la droite ».
Les excuses de Glucksmann
Le procès en « macronisme » qui est intenté à Raphaël Glucksmann s’est trouvé renforcé par la proposition de Gabriel Attal, samedi, de former une « grande coalition » en vue de la présidentielle, avec le leader de Place publique. Ses soutiens se sont empressés dimanche de fermer la porte à cette offre, soucieux de se débarrasser de cette encombrante étiquette.
L’eurodéputé s’est cependant retrouvé en difficulté dès le début du débat, obligé de s’excuser après ses « propos inélégants » à l’encontre de Ségolène Royal qu’il accusait d’avoir fait « la danse du ventre à Macron » ces dernières années, dans une vidéo diffusée samedi sur les réseaux sociaux. « C’est une agression, en plus à connotation sexuelle », lui a-t-elle asséné. Raphaël Glucksmann s’est dit « désolé ».
Le mouvement des lycéens
Après un début de débat « cataclysmique » selon les mots de Raphaël Glucksmann, en ne parlant que de Jean-Luc Mélenchon, les candidats se sont davantage concentrés sur le fond.
Ils ont affiché leur soutien aux revendications des lycéens, Olivier Faure demandant la convocation d'« états généraux lycéens » et déplorant que « 70 % des budgets des écoles privées soient sur des financements publics ». Raphaël Glucksmann a promis pour sa part une « loi de programmation sur cinq ans » pour l’école publique. « Avec moi, il n’y aurait pas de mouvement social », a estimé de son côté Ségolène Royal. « C’est un peu wonder woman », a souri Olivier Faure.
Les retraites
S’ils ont été d’accord pour s’opposer à la réforme des retraites de 2023 d’Élisabeth Borne, les candidats ont par contre affiché des divergences sur l’âge de départ. Raphaël Glucksmann, Olivier Faure et Emmanuel Maurel ont défendu la retraite à 62 ans. Jérôme Guedj a refusé, lui, de mettre en place un âge légal. Selon lui, une nouvelle réforme devra se faire avec le mot d’ordre : prise en compte de la « pénibilité, pas d’age légal ».
Ségolène Royal a pour sa part martelé son refus que l'« on continue à faire peur aux retraités. Ça suffit. Tous les ans il y a des réformes ». Cette peur sur les retraites explique aussi selon elle la « diminution de la natalité ». « Tant que l’on n’a pas réglé la question de la justice fiscale, tant que l’on n’a pas remis l’impôt de solidarité sur la fortune, il n’y a aucune raison de s’en prendre aux retraités. »
La guerre en Ukraine
La poursuite du soutien à l’Ukraine fait l’unanimité chez les candidats. Ségolène Royal est par contre sur une autre ligne que les autres sur la question du rapport avec la Russie. Misant sur la diplomatie, elle a ouvert la porte à un dialogue avec Vladimir Poutine. Jérôme Guedj y a vu, lui, un choix « naïf » car des négociations pourraient notamment entraîner des pertes de territoire pour l’Ukraine. « Poutine est prédateur qui ne veut pas négocier », a renchéri Emmanuel Maurel.
La fiscalité
Lors du débat, Olivier Faure a défendu la taxe Zucman, et Raphaël Glucksmann la taxation des méga héritages, des superprofits et des plus hauts patrimoines. Ségolène Royal a fait savoir que son combat sera « la lutte contre la fraude fiscale ». « Dans ce domaine, l’intelligence artificielle sera peut-être très utile pour faire rentrer des fonds », selon elle.
L’immigration
En matière d'immigration, les cinq candidats se sont accordés sur la régularisation des travailleurs sans-papiers. « Je régularise ceux qui travaillent », a ainsi annoncé Ségolène Royal. Pour Raphaël Glucksmann, « l’immigration zéro, c’est l’effondrement de l’économie française. »
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Jérôme Guedj a pour sa part reconnu une position « parfois iconoclaste à gauche ». Il veut en effet « planifier l’immigration », préconisant pour cela « une loi de programmation débattue au Parlement sur les capacités d’intégration et l’immigration que nous pouvons organiser ». Il souhaite notamment instaurer une « préférence travail plutôt que la préférence nationale », une allusion à la position défendue par le Rassemblement national.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le deuxième tour de la primaire aura lieu si aucun candidat n'obtient la majorité au premier tour.
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Le vainqueur de la primaire cherchera à obtenir des accords de désistement avec d'autres forces de gauche pour l'élection présidentielle.
Likely · Within weeks
Open Questions
- Quel candidat remportera le premier tour de la primaire vendredi et samedi ?
- Les candidats parviendront-ils à se rassembler derrière le vainqueur pour l'élection présidentielle ?
- Comment les positions sur l'immigration et la fiscalité influenceront-elles le choix des électeurs de gauche ?



