
À une semaine de la primaire du pôle socialiste, les cinq candidats Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal ont débattu jeudi sur France 2 et France Inter sur des sujets tels que la fermeture des établissements scolaires, la crise des carburants, le pouvoir d'achat, l'affaire Jordan Bardella, les guerres en Ukraine et au Proche-Orient, et leur rapport à La France insoumise.
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La primaire du pôle socialiste se déroule une semaine avant le premier tour du scrutin, dans un contexte de tensions sociales incluant des fermetures d'établissements scolaires et une crise des carburants, tandis que les candidats doivent se positionner sur des questions internationales comme la guerre en Ukraine et le conflit israélo-palestinien, ainsi que sur leur rapport à La France insoumise.
Coup de projecteur sur la gauche. A une semaine de la primaire du pôle socialiste, les cinq candidats en lice ont débattu, jeudi 1er octobre, sur France 2 et France Inter. Deux heures d'échanges bien souvent animés, parfois tendus, comme sur le thème des guerres en Ukraine et au Proche-Orient, ou celui du rapport à La France insoumise, sujets de discorde anticipés entre Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal. Huit jours avant le premier tour du scrutin, chacun a tenté de défendre ses positions pour séduire les électeurs pour le début de cette dernière ligne droite. Franceinfo revient sur ce temps fort de la primaire du pôle socialiste en sept séquences vidéo.
1 Sur la colère des lycéens
Pas moins de 400 établissements scolaires seront fermés vendredi et 170 élèves ont été blessés depuis lundi, selon le bilan dressé quelques minutes avant le débat par le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray. Sur ce sujet, plusieurs candidats de la primaire ont refusé de s'étendre sur le rôle de La France insoumise et d'attaquer frontalement le parti de Jean-Luc Mélenchon, comme le fait le gouvernement et la droite, qui l'accusent d'instrumentaliser ce mouvement et d'en encourager les débordements.
"Je ne suis pas là pour commenter LFI, ils nuisent au mouvement, mais on ne va pas passer notre soirée à parler de LFI", a lancé Olivier Faure, pour qui "il est temps de prendre conscience de ce que vivent les lycéens". "Je les juge totalement irresponsables, mais là, le sujet, c'est l'école, c'est l'avenir des enfants, ce n'est pas LFI", a embrayé Raphaël Glucksmann, qui critique pourtant les insoumis très régulièrement. Ségolène Royal et Emmanuel Maurel n'ont pas abordé le sujet et seul Jérôme Guedj a insisté sur les élus insoumis "qui jouent avec le feu et dévoient le combat sincère que ces jeunes sont amenés à porter".
2 Sur la crise des carburants
Les candidats à la primaire ne sont pas tous d'accord sur la manière d'aider les Français face à la flambée du prix des carburants, particulièrement visible depuis la rentrée. En la matière, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal ont exposé leur profond désaccord sur le dispositif à choisir pour répondre à cette crise. Le leader de Place publique estime qu'une aide générale "aidera de manière indifférenciée ceux qui en ont besoin et ceux qui n'en ont pas besoin" en matière de transports, alors que l'ancienne candidate à la présidentielle prône "des mesures simples et immédiates".
Selon Ségolène Royal, que rejoint Jérôme Guedj avec la volonté de baisser temporairement la TVA sur les carburants, "il ne faut pas rentrer dans une police de la consommation" en ciblant spécifiquement certaines catégories de la population, comme les "grands rouleurs". "Une politique qui ne cible pas, c'est ça qui fait exploser la dette, sans aider les plus vulnérables", lui a répondu Raphaël Glucksmann.
3 Sur le pouvoir d'achat
Raphaël Glucksmann est favorable à la baisse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour augmenter les salaires et redonner du pouvoir d'achat aux Français. Ses adversaires dans cette campagne se sont opposés à cette mesure "dangereuse", selon Ségolène Royal, car "si on transfère [ce qui est actuellement financé par la CSG] vers le budget de l'Etat, l'Etat dira qu'il utilisera son argent pour faire autre chose que de la protection sociale". "Ce que tu fais est d'enjamber la difficulté, ça pourrait être une mesure très provisoire, mais ça ne peut pas être une mesure que tu proposes quand tu es candidat à la présidentielle, pour cinq ans", a poursuivi Olivier Faure. Emmanuel Maurel, lui, a dénoncé "une usine à gaz". "Elle rendra du pouvoir d'achat directement aux travailleurs", a insisté Raphaël Glucksmann.
4 Sur l'affaire Jordan Bardella
Interrogés sur les propos antisémites attribués à Jordan Bardella lorsqu'il était un jeune militant du RN, selon les révélations de Mediapart, tous les candidats ont chargé le patron du parti à la flamme. "Il est totalement disqualifié", a débuté Olivier Faure. Ces propos, que Jordan Bardella conteste avoir tenus, "ne devraient surprendre personne", selon Emmanuel Maurel. De son côté, Raphaël Glucksmann s'est désolé de la "tentation au sein des élites de croire à cette banalisation" du parti fondé dans les années 1970 par des groupuscules d'extrême droite, alors que Jérôme Guedj considère que "la dédiabolisation sur l'ADN" du RN, jadis le FN, "ne doit duper personne". "Comment cette imposture a pu durer aussi longtemps ?", s'est interrogée Ségolène Royal, favorable à ce que le dirigeant d'extrême droite démissionne de son mandat de député européen.
5 Sur la guerre en Ukraine
Au sein de l'aréopage de candidats qui ont débattu sur France 2 et France Inter, Ségolène Royal a détonné par rapport à ses concurrents en proposant de relancer le dialogue avec Vladimir Poutine, quatre ans et demi après le début de la guerre en Ukraine. "Il faut que cette guerre s'arrête", a-t-elle défendu, en mettant en avant l'"inflation galopante" qui s'en est suivie, notamment. Mais les autres candidats ne sont pas d'accord, à commencer par Raphaël Glucksmann, qui a fait de l'aide à la résistance ukrainienne un cheval de bataille. "Vladimir Poutine, pour l'instant, ne veut pas négocier", a répliqué Emmanuel Maurel. "Il y a des paix munichoises qui préparent des guerres encore plus effroyables", a directement lancé Jérôme Guedj, suscitant une moue réprobatrice chez sa rivale.
6 Sur le conflit israélo-palestinien
Sur la partie internationale, la question du conflit israélo-palestinien ne devait pas faire partie du déroulé actualisé de l'émission, en raison d'une actualité chargée, mais Olivier Faure a insisté pour revenir sur ce sujet. Très vite, les échanges se sont concentrés sur l'utilisation ou non du mot de "génocide" pour qualifier les crimes commis par Israël dans la bande de Gaza. Aux yeux de Jérôme Guedj, qui a rappelé son combat de longue date pour les Palestiniens, "l'utilisation de ce mot de génocide participe à la 'nazification' de l'Etat d'Israël et rend moralement acceptable le principe, pour certains, de sa disparition".
"Je ne crois pas que Pedro Sanchez [le Premier ministre espagnol] puisse être accusé de la façon dont Jérôme [Guedj] vient de le faire", lui a répondu Olivier Faure, qui ne voit pas "pourquoi on n'utilise pas les bons mots". Le ton est ensuite monté entre le premier secrétaire du Parti socialiste et le président de Place publique. "Ton combat, a estimé Raphaël Glucksmann, c'est de nous faire utiliser un mot qui n'est pas utilisé par la Cour pénale internationale. Je vais prendre la parole et tu vas m'écouter. Ce que tu fais est largement obscène. On sait très bien ce que tu fais, toi et moi", a affirmé l'eurodéputé, sans préciser son propos, avant de se lancer dans une anaphore sur ses "combats" en faveur de la paix au Proche-Orient.
7 Sur le rapport à La France insoumise
Autre pomme de discorde anticipée, la question des alliances à gauche, et principalement avec La France insoumise, alliés des socialistes au sein de la Nupes (2022) et du Nouveau Front Populaire (2024). Sans surprise, Raphaël Glucksmann a prôné la rupture avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon : "Nos deux doctrines ne sont pas compatibles. Si nous sommes alliés avec LFI d'une manière ou d'une autre, nous allons perdre face à l'extrême droite." "J'ai du mal à comprendre pourquoi dans chaque débat entre nous, le vainqueur par contumace, ce soit Jean-Luc Mélenchon", a répondu Olivier Faure, entre ironie et lassitude.
Sur ce sujet, le premier secrétaire du PS a fait face aux tirs nourris de Raphaël Glucksman et Jérôme Guedj, sur la même ligne anti-LFI. "Tu es habité par l'esprit de défaite", a lancé le premier à l'adresse de son homologue du PS. "J'ai un problème avec la danse du ventre permanente que tu fais devant LFI", a insisté le second. "C'est honteux ce que tu fais", a estimé Olivier Faure. Ségolène Royal et Emmanuel Maurel ont ensuite partagé leur exaspération de devoir se prononcer sur leur rapport avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise.
AI outlook — possibilities, not facts
Olivier Faure remportera le premier tour de la primaire du pôle socialiste
Possible
Le débat sur La France insoumise continuera de diviser les candidats après la primaire
Likely

Mediapart has published evidence that Jordan Bardella made anti-Semitic remarks in 2013, provoking reactions from personalities such as Édouard Philippe, Olivier Faure and Ségolène Royal, while Bardella announced a complaint for defamation.
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