Procès d'Olivier Bouygues pour destruction d'espèces protégées en Sologne
Le milliardaire et cinq de ses employés sont jugés par le tribunal correctionnel d'Orléans pour le massacre systématique d'oiseaux protégés sur son domaine de chasse.
Quick Look
- Olivier Bouygues et cinq employés sont jugés à Orléans pour la destruction systématique d'espèces d'oiseaux protégées sur le domaine de Fontenaille.
- Des preuves d'un système de primes et d'enfouissement de cadavres ont été découvertes lors d'une perquisition en 2025.
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Why It Matters
Une enquête a été ouverte au printemps 2025 suite à une dénonciation anonyme concernant des pratiques illégales sur le domaine de Fontenaille. Une perquisition en juin 2025 a révélé un charnier d'espèces protégées.
Six personnes sont jugées par le tribunal correctionnel d'Orléans, à partir de ce lundi 7 septembre, soupçonnés d'avoir participé à un système de destruction systématique d'animaux protégés sur le domaine de chasse solognot d'Olivier Bouygues. Le milliardaire fait partie des prévenus.
Un milliardaire sur le banc des prévenus. Olivier Bouygues, fils de Francis Bouygues, fondateur du géant du BTP, des télécoms et des médias, paraît devant le tribunal correctionnel d'Orléans au côté de cinq de ses employés, ces lundi 7 et mardi 8 septembre. Tous sont jugés pour destruction d'espèces d'oiseaux protégées, au sein du domaine de chasse de l'homme d'affaires de 75 ans, situé en forêt de Sologne, dans le Loiret.
Au printemps 2025, France 3 Centre-Val de Loire révélait l'ouverture d'une enquête sur de potentielles pratiques illégales, dénoncées par une source anonyme, au sein de la propriété forestière de Fontenaille, 600 hectares dans le nord de la Sologne. Lors d'une perquisition, le 4 juin 2025, les enquêteurs trouvaient au sein du domaine un "charnier d'oiseaux", selon les mots employés par le parquet d'Orléans et par l'Office français de la biodiversité (OFB). S'y trouvaient des cadavres de plusieurs espèces protégées, notamment des faucons crécerelles, des grandes aigrettes, des busards, des buses variables et des grands cormorans.
Un abattage "systématique" de certaines espèces jugées nuisibles au gibier
Depuis leurs gardes à vue en juillet, les six prévenus ont nié "tout ou partie" des faits qui leur sont attribués. Des faits d'une grande gravité, qualifiés de "destruction systématique" d'espèces protégées par le parquet. Pour atteinte illicite en bande organisée à la conservation d'espèces protégées, ils encourent jusqu'à sept ans de prison et 750 000 euros d'amende.
La circonstance aggravante de bande organisée et le qualificatif de "systématique" ont été retenus par le parquet au regard de "cette organisation, cette systématisation, et cet enfouissement après destruction des espèces", expliquait à l'été 2025 la procureure d'Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, auprès de France 3.
Car les enquêteurs ont mis au jour, sur le domaine de Fontenaille, "des documents décrivant les espèces dites "nuisibles" à éliminer", pour favoriser la prolifération du gibier destiné aux parties de chasse organisées sur le domaine. Le parquet explique avoir identifié "un système de primes", récompensant la destruction des animaux sur le domaine. Une pelleteuse "utilisée pour l'enfouissement des cadavres" a également été saisie. Selon le parquet, ces pratiques auraient lieu "depuis de nombreuses années" au sein du domaine.
Dans la foulée, plusieurs associations environnementales avaient décidé de se porter partie civile, dont la Ligue de protection des oiseaux (LPO), France nature environnement et One Voice. "C'est une décision qu'on n'a pas hésité à prendre parce que cette affaire regroupe vraiment tout ce qu'on dénonce en matière de chasse, soulignait, auprès de France 3, le juriste de One Voice, Nicolas Yahyaoui. À savoir des personnes qui s'arrogent le droit de tuer des animaux, qui considèrent que la nature est un terrain de jeu et au fond que les animaux sont simplement des outils à leur disposition pour s'amuser un peu. En l'occurrence, des espèces protégées."
En tout, une douzaine d'associations de protection de l'environnement se sont constituées parties civiles, tout comme la Fédération départementale des chasseurs du Loiret.
La famille Bouygues, bien implantée en Sologne
Le domaine de Fontenaille est la propriété d'Olivier Bouygues, fils de Francis et frère de Martin, directeur général délégué de l'entreprise familiale de 2002 à 2020, dont il est désormais administrateur. L'immense domaine de 600 hectares, à cheval sur les communes d'Ardon et de La Ferté-Saint-Aubin dans le Loiret, est exploité par une société agricole détenue à 99 % par Olivier Bouygues. Son épouse Brigitte et son fils Cyril se partagent le pourcent restant.
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Verdict du tribunal correctionnel d'Orléans
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