
Un père de famille est suspecté d'avoir tué sa femme et ses deux enfants avant de se donner la mort dans la commune de Gy, en Haute-Saône.
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La famille vivait dans un mobil-home sur un terrain isolé à Gy pendant la construction de leur maison. Le couple était en instance de divorce.
Il est un peu plus d’une heure du matin, ce jeudi 3 septembre, lorsque le procureur de la République de Haute-Saône, Arnaud Grécourt, annonce l’ouverture d’une enquête pour homicides volontaires. Quelques heures plus tôt, vers 20 heures, quatre corps appartenant à une même famille ont été découverts sur un terrain isolé dans les hauteurs de Gy, commune d’environ 1.000 habitants située à une trentaine de kilomètres au nord de Besançon, révèle l’Est Républicain.
Sur cette parcelle bordée d’un mur en pierre sèche, entre vignes et bois, la famille vivait dans un mobil-home installé à côté d’une maison en cours de construction, rapporte une journaliste de l’AFP, ce jeudi matin. L’un des corps a été retrouvé dans un utilitaire blanc garé sur le terrain, les trois autres dans le mobil-home. Arrivés sur place dès la veille au soir, le procureur de la République de Vesoul et le maire de Gy, Alexandre Lacroix, ont constaté le quadruple homicide - celui d’un homme, de deux enfants et d’une femme, rapportent nos confrères de la presse locale.
«Il a filmé la scène et l’a envoyée à sa femme»
Selon un homme croisé par l’AFP près des lieux du drame et qui s’est présenté comme son cousin, le père de famille, quadragénaire, aurait commis l’irréparable au moment où sa belle-mère venait chercher les enfants. «Il a filmé la scène et l’a envoyée à sa femme en lui disant : voilà ce que tu mérites», avant de faire suivre les images à ses frères, a raconté le cousin, qui n’a pas souhaité donner son nom. Selon une source officielle, «il s’agit d’un couple en instance de divorce - appartenant à la communauté des gens du voyage -, qui était en train de construire leur maison». Le père de famille travaillait dans le bâtiment, selon l’un de ses voisins.
D’après le membre de la famille interrogé, sa compagne voulait le quitter depuis une infidélité qu’il lui avait faite il y a plusieurs mois, a-t-il rapporté. Ils semblaient s’être réconciliés, partant ensemble en vacances en Grèce cet été, mais mercredi, elle avait demandé à sa mère d’aller chercher les enfants en lui disant : «Je n’ai plus envie d’y retourner».
Un évènement qui «restera gravé à jamais»
Dans cette commune de taille modeste, le drame n’a pas tardé à se propager. Dès 22h30, hier, le maire Alexandre Lacroix a réuni en urgence le conseil municipal pour informer les élus de la situation. Ce jeudi matin, dans un communiqué, il évoque un événement qui «restera à jamais gravé» dans l’histoire de la commune, et appelle les habitants «à la retenue, à la dignité» et à ne pas relayer d’informations non confirmées par la justice.
L’édile affirme également avoir réuni la communauté éducative dès 7h45, avant la mise en place d’une cellule de soutien psychologique dans les quatre établissements scolaires de la ville. Quatre psychologues sont ainsi mobilisés pour échanger avec les enfants comme avec le personnel enseignant, la mesure ayant été étendue au-delà du seul pôle éducatif Catherine-Fraischot où étaient scolarisées les jeunes victimes. D’après ce dernier à l’Est Républicain, la famille était «très impliquée dans la vie associative de la commune».
Parallèlement, le conseil municipal a par ailleurs décidé l’annulation des deux rendez-vous festifs du week-end : la cérémonie des Trophées de la Ville pour le sport, prévue vendredi soir, et le feu d’artifice de ce samedi. Sollicité jeudi matin par l’AFP, le parquet de Vesoul n’avait pas encore répondu aux questions sur les circonstances exactes du drame. L’enquête, elle, se poursuit.

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