
Face aux troubles liés aux manifestations contre la vie chère, des mesures de restriction de circulation ont été mises en place dans plusieurs grandes agglomérations.
Suite aux violences et pillages du week-end des 17-18 octobre lors de manifestations contre la vie chère, des couvre-feux partiels ont été instaurés à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Nice et Marseille, ciblant parfois uniquement les mineurs.
AI-generated summary
Des manifestations contre la vie chère ont dégénéré en violences et pillages les 17 et 18 octobre. Les autorités locales utilisent leurs pouvoirs de police pour rétablir l'ordre public.
Des rues désertées à la nuit tombée. Après les violences et pillages de samedi 17 et dimanche 18 octobre, en marge des manifestations contre la vie chère, des "couvre-feux partiels et localisés" ont été instaurés, lundi 19 octobre, dans plusieurs grandes villes de France, à savoir Paris, Bordeaux, Lyon, Lille et Nice – et parfois dans leur proche banlieue. De plus petites communes ont également pris des décisions similaires, comme Coulaines (Sarthe), ou deux communes de Guadeloupe, Pointe-à-Pitre et Les Abymes, dès dimanche.
De nouveaux couvre-feux pourront être décrétés mardi, a prévenu le Premier ministre Sébastien Lecornu. Dans foulée, le maire de Marseille, Benoît Payan, a annoncé la mise en place d'une telle mesure dans sa ville. Qui est concerné ? A partir de quelle heure ? Combien de temps ces mesures vont-elles durer ? Franceinfo répond à vos questions.
1 Quels sont les horaires des couvre-feux ?
Tout dépend de la ville dont on parle. A Paris, le couvre-feu de la nuit était en vigueur de 23 heures à 6 heures du matin, d'après l'arrêté publié par la préfecture de police. A Lyon, le texte courait de 21 heures à 6 heures. Même chose à Nice, selon le texte de l'arrêté municipal.
A Lille et dans plusieurs communes voisines, le couvre-feu était en vigueur de 20 heures à 6 heures du matin, d'après le texte de l'arrêté. A Bordeaux, l'interdiction de sortir courait de 22 heures à 7 heures du matin, d'après l'arrêté. Les détails concernant Marseille n'ont pas encore été communiqués.
2 Qui est concerné ?
A Paris et Lyon, c'est l'ensemble de la population qui est interdite de circuler dans les zones concernées, quel que soit l'âge. A Bordeaux comme à Lille et à Nice, seuls les mineurs non accompagnés d'un responsable légal sont concernés. Même chose à Marseille, affirme le maire Benoît Payan sur X.
3 Dans quelles zones est-il interdit de circuler ?
Certains périmètres sont très larges, d'autres très restreints. A Paris, deux zones distinctes sont concernées. La première est le "terre-plein central de la place de la République". Le second inclut la zone de Châtelet et des Halles, grossièrement délimités par l'allée André Breton à l'ouest, la rue Rambuteau au nord, le boulevard Sébastopol à l'est et la rue Berger au sud.
A Lyon, c'est une partie de la presqu'île qui est concernée, soit la partie centrale de la ville. Le secteur concerné va de l'hôtel de ville à la place Carnot, et inclut la célèbre place Bellecour, mais pas celle des Terreaux.
Dans le Nord, les restrictions touchent "certaines parties" de Lille, mais aussi les villes voisines de Douai, Wattignies et Denain. A Lille par exemple, le périmètre concerné est bordé par la rue Voltaire et la rue des Bateliers au Nord, et le boulevard Louis XIV au sud, avec le boulevard de la Liberté à l'ouest et la M651 à l'est.
A Bordeaux, la mesure concerne les "secteurs particulièrement touchés par les pillages", selon la préfète. L'arrêté désigne plusieurs axes, dont la rue et la promenade Sainte-Catherine, le cours de l'Intendance et la rue de la Porte-Dijeaux.
A Nice, le couvre-feu concerne plusieurs secteurs dont le centre-ville, le Vieux-Nice, le quartier Trachel, et la Gare du Sud, résume France 3.
A Marseille, le couvre-feu doit affecter "exclusivement les zones commerciales de notre ville, particulièrement touchées par les pillages survenus ce week-end et menacées si nous devions vivre de nouveaux épisodes de violences", décrit Benoît Payan.
4 Combien de temps les couvre-feux vont-ils rester en place ?
Difficile à dire. A Paris, l'arrêté de couvre-feu publié n'était valable que pour la nuit du 19 au 20 octobre. Idem pour Lyon, où le couvre-feu n'était prévu que pour une nuit. A Lille, la décision vaut également pour la nuit du 20 au 21 octobre, selon la préfecture de région. A Nice, il est en vigueur du lundi 19 au lundi 26 octobre au matin. Le couvre-feu de Bordeaux ne commence que mardi soir, et doit durer jusqu'au matin du lundi 26 octobre.
Mais Sébastien Lecornu a déjà annoncé sur X que "de nouveaux couvre-feux seront décidés" mardi soir "là où la situation le nécessite" – des décisions prises "par les préfets, en lien avec les maires". Celui de Marseille prend effet mardi soir "et pour les jours qui viennent", selon le maire, sans communiquer de date de fin.
5 Sur quelles bases légales reposent ces décisions ?
Le Code général des collectivités territoriales reconnaît au maire des pouvoirs de police générale pour assurer "le bon ordre, la sûreté, la sécurité" publiques, qui lui permettent de prendre des "mesures de sûreté exigées par les circonstances" en cas "de danger grave ou imminent". En octobre 2025, le Conseil d'Etat avait par ailleurs confirmé, dans une décision, la légalité des couvre-feux décidés par les maires et visant uniquement les mineurs, "à la condition qu'elles soient justifiées par l'existence de risques particuliers de troubles à l'ordre public auxquels ces mineurs seraient exposés ou dont ils seraient les auteurs".
Le Code général des collectivités territoriales confie également au préfet un pouvoir de police générale, lui permettant de prendre "toutes mesures relatives au maintien de la salubrité, de la sûreté et de la tranquillité publiques". Le Code de sécurité intérieure précise également qu'il "anime et coordonne l'ensemble du dispositif de sécurité intérieure". Là encore, le texte prévoit que des mesures de restriction de la circulation puissent ne s'appliquer qu'aux mineurs en cas de "risque manifeste pour leur santé, leur sécurité, leur éducation ou leur moralité".
AI outlook — possibilities, not facts
Extension des couvre-feux dans d'autres communes mardi soir.
Likely · Within days

Paris suffered the consequences of urban violence that occurred on October 17, marked by looting. At the same time, the Grand Mosque of Paris criticizes CNews and Chawki Benzehra following the arrest of two Algerian influencers.
In the aftermath of national demonstrations against the “high cost of living” which brought together 800,000 people, Paris and several French cities are facing a heavy toll of looting and damage, sparking indignation among traders and local residents.

The Minister of Justice, Gérald Darmanin, will travel to Marseille this Wednesday following the violence, damage and looting that occurred on October 17. He advocates a firm criminal response, raising the possibility of qualifying the facts as organized crime.

A 14-year-old teenager injured two people in a college in Aubagne, prompting the National Anti-Terrorism Prosecutor's Office to investigate. At the same time, 21 people were arrested after damage to the headquarters of CNews and Europe 1.

Around 800,000 people demonstrated in France against the high cost of living. The movement degenerated into riots and looting in several cities, notably in Paris where businesses were ransacked for two consecutive nights.

Two investigations were opened in Paris to determine the causes of the death of two men, aged 48 and 59, who died on public roads during the weekend of October 17 in a context of urban violence. No third party intervention is suspected.