La direction justifie sa décision par la protection de l'indépendance éditoriale et le refus de céder aux pressions syndicales
La direction de Radio France refuse de retirer Charles Sapin, directeur adjoint de Valeurs Actuelles, de son rôle d'éditorialiste sur France Inter, malgré une motion unanime de 400 salariés et une menace de grève.
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Radio France justifie dans un courriel interne son refus de retirer Charles Sapin, directeur adjoint de Valeurs Actuelles, de son rôle d'éditorialiste sur France Inter, invoquant la protection de l'indépendance éditoriale et le refus de céder aux pressions.
«Nous ne pouvons pas céder, même à vous». Dans un courriel interne envoyé ce jeudi, la direction de Radio France justifie son refus de retirer de l’antenne le directeur adjoint de Valeurs Actuelles Charles Sapin, à qui la direction de France Inter a confié une chronique hebdomadaire le dimanche matin. «Le numéro deux de la rédaction d’un journal condamné par le passé pour injures racistes, sur l’antenne du service public, à l’entrée d’une année électorale : ce symbole, nous ne le minimisons pas, écrit Vincent Meslet, directeur éditorial du groupe public, aux salariés. Mais à ce stade, le procès fait à Charles Sapin repose sur des intentions supposées (...) Ses nombreuses interventions dans des débats comme invités sur nos antennes ces dernières années n’ont jamais posé de problèmes. Il a fait l’essentiel de sa carrière au Parisien, au Figaro et au Point, sans qu’aucun écrit moralement critiquable n’ait été porté à notre connaissance. Et il a lui-même pris ses distances avec les anciennes couvertures ignominieuses publiées par Valeurs actuelles».
L’arrivée de Charles Sapin sur les ondes de la station publique a créé un vif émoi au sein de la Maison-Ronde. Le 28 août, deux jours avant la première chronique du journaliste qui intervient au sein d’un panel d’éditorialistes politiques et économiques pensé dans un souci de pluralisme, la société des journalistes (SDJ) de France Inter a exprimé sa «ferme opposition» au choix d’ouvrir l’antenne à un «représentant d’un média condamné notamment pour injures racistes» et «qui n’a cessé de prendre violemment l’audiovisuel public pour cible». Mercredi, plus de 400 salariés du groupe ont voté à l’unanimité une motion exigeant le retrait de Charles Sapin. En l’absence d’un retrait de l’éditorialiste, les auteurs du texte ont menacé de mandater l’intersyndicale du groupe pour «déposer un préavis de grève dans les meilleurs délais».
«Rester une maison ouverte» dans un contexte électoral
Dans son message, le directeur éditorial du groupe prend soin de ne pas évoquer la menace d’un mouvement social. «Nous savons d’où vient cette colère. Depuis deux ans, vous travaillez sous soupçon permanent (...) Vous êtes convoqués, cités, caricaturés. Ce que vous avez exprimé hier n’est pas de la susceptibilité : c’est de l’usure», écrit-il à l’adresse des salariés de Radio France. Plus loin, le responsable les invite toutefois à considérer «l’autre symbole, celui que nous enverrions en reculant». «Celui d’un service public qui décide qui a le droit de parler, et qui retire une voix avant même qu’elle ait parlé, au nom d’une intention qu’on lui prête. Ce n’est plus juger des faits. C’est condamner par avance. Ce symbole-là ferait plus de mal à notre indépendance que cinquante chroniques du dimanche. Voici pourquoi nous ne pouvons pas céder, même à vous».
Vincent Meslet poursuit en soulignant que l’audiovisuel public a fait l’objet de nombreuses critiques ces dernières années. «Depuis deux ans, on nous réclame des têtes.(...) Ces têtes-là, c’étaient les vôtres. Nous n’en avons livré aucune. Si nous livrons celle-ci parce que la demande vient de l’intérieur, nous n’aurons plus rien à opposer la prochaine fois qu’elle viendra de l’extérieur. Et elle viendra. La règle qui protège Charles Sapin aujourd’hui est exactement celle qui vous a protégés hier et qui vous protégera demain. Une indépendance qui ne s’exerce que vers l’extérieur n’est pas une indépendance : c’est un confort». Le directeur éditorial de Radio France estime que dans la période électorale qui s’ouvre, la radio publique «doit rester une maison ouverte» et «irréprochable». «La culture du renoncement n’est pas la nôtre. Nous tiendrons nos principes (...). Nous ne laisserons personne faire du service public un champ de bataille», conclut-il. Reste à savoir si ces arguments permettront à la direction de mettre fin à l’intense bras-de-fer qui s’est engagé avec les syndicats et la rédaction de France Inter.
The president of Radio France, Sibyle Veil, defended the arrival of Charles Sapin, deputy director of Current Values, for a weekly column on France Inter, despite the unanimous opposition of employees who filed a strike notice for September 13 and 14, considering that his values are incompatible with those of the public service.

The president of Radio France Sibyle Veil on Thursday justified the arrival of Charles Sapin, new columnist for Valeurs nationaux on France Inter, in the name of pluralism, despite the strike notice filed by the inter-union for September 13 and 14. She said the public service must welcome diverse voices, even controversial ones, while recognizing the emotions aroused by this decision.
During the TBT9 show on W9, Cyril Aabou affirmed that France Télévisions had bought the rights to Léna Situations' concert at Bercy for 1.2 to 1.4 million euros, information widely reported on social networks. France Télévisions denied this on September 2, saying that the real cost was less than 200,000 euros, a correction then broadcast on the Wednesday show by Gilles Verdez.

Despite an expulsion order and the freezing of her assets, pro-Kremlin Russian columnist Xenia Fedorova should speak remotely on CNews, according to her presenter Gauthier Le Bret, while voices are being raised to denounce a risk of foreign interference and question the legality of her return to the air.
More than 400 Radio France employees voted for a motion demanding the withdrawal of Charles Sapin, columnist for Valeurs Acteurs at France Inter, threatening a strike if nothing changes.
France 3 broadcasts this Wednesday at 9:10 p.m. "La France des Villages", a new collection presented by Sophie Jovillard which explores the attachment of the French to their hamlets, between traditions, living heritage and the challenges of rural desertification, supported by data from the ANCT showing a strong interest in life in a small town.