Plus de 8 000 militants réunis à Châteauneuf-sur-Isère pour les « Amfis » de LFI, portés par l'ambition présidentielle de Jean-Luc Mélenchon pour 2027.
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Les universités d'été de LFI, appelées « Amfis », se tiennent dans la Drôme. Jean-Luc Mélenchon est positionné comme une figure centrale de la gauche radicale en vue de 2027.
Ils n’auront jamais été aussi nombreux. Plus de 8.000 personnes attendues pendant le week-end : un record pour La France Insoumise, qui n’avait jamais organisé d’universités d’été de cette ampleur. Le désir d’une victoire en 2027 plane dans l’air, la ferveur militante encouragée par la popularité de Jean-Luc Mélenchon.
« En 2017 et 2022 on avait de l’espoir. Mais là, clairement, on sent une autre dynamique. On y croit », explique Fabrice, 59 ans. Maillot de foot « Mélenchon 27 » sur le dos, pin’s aux couleurs du mouvement de gauche radicale et de la Palestine sur la sacoche, ce masseur est venu de Chambéry pour quatre jours de conférences politiques, dans un cadre bucolique autour d’un lac dans la Drôme.
15 % des intentions de vote
Huit mois avant la présidentielle, un tel afflux de militants aux Amfis, « amphis d’été » de LFI, est inédit. Vendredi matin, il fallait traverser 1h30 de bouchons pour pouvoir accéder au site de Châteauneuf-sur-Isère. Les organisateurs ont ainsi dû trouver de nouveaux parkings et les députés Aurélien Le Coq et Bastien Lachaud se sont improvisés agents de circulation sur la départementale voisine.
Une « super dynamique » qui prend ses racines dans le premier meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, selon François, enseignant de 26 ans originaire de Villeneuve-d’Ascq (Nord). L’événement avait revendiqué 26.000 spectateurs. Enthousiaste, le militant assure retrouver cet engouement « dans les sondages », qui donnent Jean-Luc Mélenchon largement en tête à gauche avec environ 15 % des intentions de vote.
Une image « diabolisée »
La question posée aux Insoumis est simple : si leur champion dispose d’un socle électoral important, comment peut-il convaincre au-delà de sa base pour devenir majoritaire, alors qu’il reste une figure repoussoir pour une grande partie du pays ? « Quand le programme va être dévoilé, les gens vont se rendre compte que l’image de La France insoumise qu’ils se font n’est pas la bonne et qu’elle a été diabolisée », assure François.
« On voit d’autres personnalités politiques, des chercheurs ou des artistes se rallier à la candidature de Jean-Luc Mélenchon », complète Céline, orthophoniste de 43 ans venue de Cherbourg.
Barrage républicain ?
La plupart des sympathisants insoumis croient fermement que leur candidat affrontera le Rassemblement national au second tour, comme il le prédit depuis quinze ans, et bénéficiera lui aussi d’un barrage républicain face à l’extrême droite. Et ce, même si les sondages le donnent facilement battu par Marine Le Pen en cas de duel entre les deux.
« Certaines personnes ont peur des deux partis mais, à force de pédagogie, ils prendront conscience que l’extrême droite est trop dangereuse et voteront pour un parti humaniste », prophétise Céline. Jean-Pierre, retraité de 78 ans du Pas-de-Calais, lui aussi vêtu d’un maillot « Mélenchon 27 » et d’une casquette rouge siglée du logo « Phi » de LFI, partage le même avis. « Le RN a beaucoup progressé mais, là, ils ont atteint leurs limites. Les problèmes judiciaires de Marine Le Pen c’est un vrai plafond de verre », dit-il.
« On va gagner »
François, lui, pense que les macronistes revendiquant de ne pas choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, si les deux s’affrontaient au second tour, sont dans une « posture ». « Leurs électeurs voteront pour Mélenchon, même si les cadres politiques ne le feront pas forcément » prédit-il. Tous les sympathisants insoumis, qui ont fait de « On va gagner » leur chant du weekend, croient en tout cas que leur nombre en cette fin d’été est un bon présage pour le reste de la campagne.
Et ce n’est pas le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, qui va les contredire. « J’ai fait des recherches : ce sont les plus grosses universités d’été jamais organisées par un parti politique. Le précédent record, c’était celles du PS à La Rochelle en 2011. Et ils avaient gagné la présidentielle l’année d’après », a-t-il glissé dans un sourire.

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