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BackRecrutement des enseignants : les chiffres de la rentrée 2026 à l'épreuve de la réalité
Recrutement des enseignants : les chiffres de la rentrée 2026 à l'épreuve de la réalité
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France Info3 hours agoEducation3 min readFrance

Recrutement des enseignants : les chiffres de la rentrée 2026 à l'épreuve de la réalité

Si le ministère de l'Education nationale se félicite d'une amélioration du recrutement grâce à la réforme du concours à bac +3, les syndicats appellent à la prudence face à des résultats en trompe-l'œil.

Quick Look

  • Le ministère de l'Education nationale annonce une hausse des postes pourvus pour la rentrée 2026 grâce au nouveau concours à bac +3.
  • Toutefois, les syndicats tempèrent ces résultats, soulignant l'effet transitoire du double concours et le temps de formation des lauréats.

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Why It Matters

Le gouvernement a réformé le concours de recrutement des enseignants en abaissant le niveau requis à bac +3 pour élargir le vivier de candidats face à la pénurie de professeurs.

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Avant la rentrée, le ministre de l'Education nationale a tenu à rassurer. Edouard Geffray a mis en avant une amélioration du recrutement des enseignants, attribuée au déplacement du concours à bac +3. "On a fait le plein cette année" grâce à cette réforme, s'est-il félicité lundi 31 août sur France Inter.

"Tous les postes offerts aux concours de recrutement des enseignants ont été pourvus (...) C'est tout le sens de la réforme de la formation initiale des enseignants que j'ai portée", s'est également réjouie sur X l'ex-ministre de l'Education nationale Elisabeth Borne. Les syndicats appellent néanmoins à la prudence. Ils jugent ces résultats en partie "en trompe-l'œil" en raison de la coexistence cette année des épreuves à bac +3 et à bac +5. Franceinfo démêle le vrai du faux.

Une hausse du nombre d'admis

Cette réforme du concours externe de recrutement des enseignants avance les épreuves à la fin de la licence. L'objectif : élargir le vivier de candidats et ainsi contrer la pénurie de professeurs. Plus de 2 600 postes étaient notamment restés vacants en 2025, selon l'AFP. Jusqu'à la rentrée passée, les aspirants professeurs, dans le premier degré comme dans le second, ne pouvaient passer ce concours qu'après un master, c'est-à-dire un bac +5.

L'effet positif de cette réforme sur l'attractivité du métier avait déjà été vanté par le ministre de l'Education nationale au début de l'été. Dans un communiqué du 9 juillet, le ministère avait mis en avant "une hausse de près de 50% du nombre d'admis" aux épreuves de recrutement dans l'enseignement public. Sur les 25 043 postes offerts, 24 351 ont été pourvus pour la rentrée 2026, précise le ministère.

A titre de comparaison, 16 311 candidats avaient été admis au total en 2025 pour 17 800 postes proposés. Selon le ministère de l'Education, le taux de postes pourvus atteint ainsi 98,5% cette année dans le premier degré, contre 92,1% en 2025. Dans le second degré, il dépasse les 96%, contre 90,6% l'année précédente.

Le double concours favorise les bons chiffres

Ces signaux, au premier abord favorables, doivent cependant être regardés à l'aune des conditions inhabituelles de la session de recrutement 2026. Afin d'éviter une année blanche, un double concours a été organisé : le nouveau à bac +3 et celui à bac +5 déjà existant. Ce système transitoire doit durer jusqu'en 2027, avant la disparition définitive du recrutement à bac +5 en 2028.

Pour cette raison, les syndicats appellent à ne pas crier victoire trop vite. "Comme deux concours existent concomitamment, il y a mécaniquement plus d'inscrits et de lauréats", estime auprès de franceinfo Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. "On pourra dresser le bilan seulement dans un an et demi, lorsque l'on sera arrivé au bout de la session transitoire et qu'il n'y aura plus qu'une seule épreuve", selon l'enseignante.

Même si le ministère considère les postes comme "pourvus", une partie des 9 800 lauréats du concours à bac +3 du primaire et du secondaire ne vont pas se retrouver devant les élèves, mais faire leur entrée en master enseignement et éducation (M2E). Cette formation professionnalisante rémunérée dure deux ans. En première année, la formation de ces étudiants, qui sont élèves fonctionnaires, est répartie entre 12 semaines de stage d'observation et de pratique accompagnée et 450 à 500 heures de formation en institut national du professorat et de l'éducation (Inspé). En deuxième année, les aspirants enseignants, alors fonctionnaires stagiaires, effectuent un stage de 18 mois à mi-temps, en responsabilité devant les élèves, et sont formés durant 300 heures.

Des affectations au cas par cas

En revanche, certains des admis au nouveau concours avaient en réalité un niveau bac +4, voire bac +5. Dans ce cas de figure, les affectations ont été effectuées au cas par cas. Le ministère de l'Education nationale a fait savoir à franceinfo que sur les 13 146 lauréats des épreuves interne et externe du premier degré, "un peu plus de 16% sont intégrés en tant qu'élèves fonctionnaires". Environ 2 100 d'entre eux sont donc entrés en première année de master M2E. Les 11 000 autres sont directement fonctionnaires stagiaires à mi-temps ou à temps plein.

Parmi les 14 027 lauréats du secondaire, tous concours confondus, "un peu plus de 13% sont intégrés en tant qu'élèves fonctionnaires et un peu moins de 87% en tant que fonctionnaires stagiaires mi-temps ou plein-temps", détaille le ministère. Au regard de ces données, les chiffres avancés en juillet par le ministère de l'Education sur le taux de postes pourvus méritent d'être précisés. Dans le premier degré, seuls 84% des lauréats se retrouveront en responsabilité devant les élèves cette année, dont certains seulement à mi-temps. Dans le second degré, 87% des admis débuteront dans l'enseignement.

Une baisse des postes offerts au concours à bac +5

Un autre indice conduit à nuancer les résultats présentés par le ministère de l'Education. Comme les années précédentes, le nombre de postes a été réduit en 2026. Dans l'académie de Versailles, déjà confrontée à une pénurie d'enseignants, le concours à bac +5 des professeurs des écoles n'a offert que 663 postes en 2026, contre 960 en 2025, peut-on lire sur le site du ministère.

Près de 700 postes étaient offerts pour le concours à bac +3 dans cette académie, mais une bonne partie de ces lauréats, dont le nombre exact n'est pas connu, vont d'abord passer par une période de formation avant d'exercer véritablement leur métier. "Il ne s'agit que de la première année d'application de la réforme", admet de son côté l'Education nationale, qui assure ne pas être "en mesure d'apporter des éléments complémentaires à ce stade".

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Fin définitive du recrutement à bac +5 en 2028.

    Very likely · Within years

Open Questions

  • Quel sera le taux de réussite réel après la fin de la période transitoire en 2028 ?
  • Quel est l'impact réel sur la présence effective des enseignants devant les élèves ?

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This article was originally published by France Info.

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