
Le collectif dénonce un mépris institutionnel après le rejet de sa demande de rencontre avec le pape Léon XIV.
Le collectif des victimes de Bétharram exprime sa consternation après le refus de la Conférence des évêques de France d'accorder une audience avec le pape Léon XIV lors de sa visite à Lourdes, malgré des demandes répétées depuis 2025.
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Le collectif des victimes de Bétharram représente plus de 200 anciens élèves ayant subi des violences. Le pape Léon XIV doit effectuer une visite en France du 25 au 28 septembre.
Le collectif des victimes de Bétharram "qui regroupe plus de 200 anciens élèves" annonce vendredi 4 septembre dans un communiqué "prendre acte avec consternation du refus d'accorder une audience à une délégation de victimes à l'occasion de la venue du pape Léon XIV à Lourdes".
Le collectif demandait à être reçu "depuis le 22 juillet 2025". Une demande "renouvelée le 22 mai 2026" qualifiée de "simple" : "Quelques minutes pour prier, recevoir une bénédiction et remettre au pape cinq propositions concrètes pour protéger, réparer et prévenir". "Cette main tendue aux victimes vient d'être refusée", déplore le collectif. "Nous ne demandions pas un privilège, nous demandions une rencontre".
"Bétharram n'est pourtant pas une affaire parmi d'autres"
"Le symbole est particulièrement douloureux : le pape sera à Lourdes, à quelques kilomètres seulement de Bétharram, là où des générations d'enfants ont subi des violences", regrette le Collectif qui insiste : "Bétharram n'est pourtant pas une affaire parmi d'autres". "Après des décennies de silence, après avoir dû nous battre pour que notre parole soit entendue, le refus de cette audience constitue pour nous une nouvelle manifestation du mépris institutionnel dont les victimes sont encore trop souvent l'objet", poursuit le Collectif fondé par Alain Esquerre. Un choix que le Collectif "regrette profondément et dénonce publiquement".
De son côté, la Conférence des évêques de France rappelle dans un communiqué daté du 28 août que "dès l'élaboration du programme [de la venue du pape], une rencontre avec des personnes victimes de violences sexuelles commises au sein de l'Eglise catholique a été voulue par le pape lui-même et les institutions ecclésiales en France". Le pape qui sera en France du 25 au 28 septembre prochain "souhaite que ce temps permette des échanges interpersonnels", poursuit la Conférence des évêques de France qui annonce que "sept personnes victimes" rencontreront le souverain pontife.
La Conférence des évêques comprend "combien cette réponse peut être décevante"
"Vous imaginez à quel point il a été extrêmement délicat et difficile de choisir ces personnes", explique la Conférence des évêques qui détaille : "Nous nous sommes appuyés sur des critères, notamment la représentativité (mineurs/majeurs, hommes/femmes), et la diversité des situations vécues et des parcours, des lieux où les violences ont été commises (enseignement catholique, paroisse, congrégation religieuse...), des territoires de résidence, ou encore des engagements des personnes victimes, qu'elles soient ou non membres d'un collectif ou d'une association".
"Hélas, nous regrettons sincèrement de ne pas donner une suite favorable à votre demande", poursuit le communiqué. La Conférence des évêques dit comprendre "combien cette réponse peut être décevante" et redit son "profond respect pour toutes les personnes qui, comme vous, ont subi des violences au sein de l'Eglise".
Contacté par ICI Béarn Bigorre, Alain Esquerre, fondateur et porte-parole du collectif des victimes de Bétharram, confie que "la déception est immense" et indique que l'identité de ces sept personnes n'est pas précisée. Le collectif ne sait donc pas si certaines sont des victimes de Bétharram. Alain Esquerre assure en revanche qu'elles ne représenteront pas son collectif : "En tout cas, ce ne sera pas du collectif historique qui propose de l'action, qui propose une parole collective". Le porte-parole souhaite néanmoins "bon courage aux sept victimes qui seront vues par le pape".
Paris, Lourdes puis Metz
La visite du pape Léon XIV en France est prévue du 25 au 28 septembre. Pour le premier jour de sa visite en France, le 25 septembre, le pape doit rencontrer le président Emmanuel Macron, se rendre au siège de l'Unesco avant de célébrer les vêpres à la cathédrale Notre-Dame de Paris et d'enchaîner avec une veillée avec les jeunes au Stade de France, à Saint-Denis. Le lendemain, il doit tenir une messe sur la place de la Concorde et les Champs-Elysées.

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