
Deux tiers des établissements du secondaire manquent d'au moins un personnel, qu'il s'agisse d'un enseignant, d'un CPE ou d'un AESH.
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Le Snes-FSU réalise chaque année une enquête sur les conditions de la rentrée scolaire dans les établissements du second degré français.
69% des collèges et lycées français ont fait leur rentrée scolaire la semaine dernière avec une équipe incomplète, selon l'enquête du Snes-FSU que franceinfo révèle lundi 7 septembre. Deux tiers des établissements du secondaire manquent d'au moins un personnel, qu'il s'agisse d'un enseignant, d'un conseiller principal d'éducation (CPE), d'un psychologue, d'un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) ou d'un assistant d'éducation (AED).
C'est moins que l'an dernier, à la même période, où il manquait d'au moins un personnel dans 73% des établissements. "Ce sont les postes qui n'ont pas été pourvus sur lesquels l'Education nationale n'a pas mis quelqu'un, ou les remplacements de moyenne ou de longue durée", précise lundi sur franceinfo Sophie Vénétitay, secrétaire général du Snes-FSU.
"La situation reste donc très dégradée faute de personnels en nombre suffisant", alerte le principal syndicat des enseignants du second degré dans le public. Le Snes-FSU "rappelle qu'il n'est pas possible d'envisager une amélioration des résultats de notre système éducatif sans apporter de réponse forte à la question des moyens humains", à la veille de la publication de l'étude Pisa de l'OCDE, sur le niveau scolaire des élèves.
"Deux établissements [du secondaire] sur trois ont une équipe incomplète !", insiste le Snes-FSU qui dénonce une "pénurie généralisée". Dans le détail, il manque au moins un professeur dans plus de la moitié des établissements publics (53%). "Contrairement aux discours optimistes du ministre, il n'y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée", dénonce le syndicat. L'an dernier, au 4 septembre, il manquait au moins un professeur dans 55% des collèges et des lycées. En ce qui concerne les disciplines, en cette rentrée, la situation est particulièrement tendue en mathématiques, français, physique-chimie ou encore en anglais.
Le syndicat dénonce par ailleurs une "crise de l'école inclusive" qui se "confirme". Selon l'enquête, il manque au moins un ou une AESH dans 17% des collèges et des lycées. Il manque également un ou une psychologue scolaire dans 16% des établissements "à l'heure où le ministère, et le gouvernement, font de la santé mentale une grande cause nationale".
Ces problèmes de recrutement touchent l'ensemble des académies, même si toutes ne sont pas logées à la même enseigne. Dans l'académie de Versailles, ce sont ainsi plus de 70% des établissements où il manque au moins un professeur. Les académies de Toulouse (66,70%), Nantes (61,70%) et Créteil (61,10%) sont aussi très touchées. La situation est moins tendue à Amiens avec 23,10% des établissements concernés, ou encore à Reims avec 26,30%.
"Les concours n'ont pas fait complètement le plein. Il y a près de 440 postes qui n'ont pas été pourvus au concours pour le second degré. On paye aujourd'hui une pénurie structurelle de professeurs depuis plusieurs années", explique Sophie Vénétitay.
Cette année, le syndicat pointe également le fait que dans près de quatre établissements sur cinq, "aucune adaptation du bâti n'est envisagée" pour faire face aux épisodes de chaleur et de canicules. "Dans l'immense majorité des établissements, rien n'a évolué depuis la fin de la dernière année scolaire et il n'y a aucune perspective pour les prochains mois", dénonce le syndicat. Dans les collèges et lycées où des actions sont réalisées, "le recours aux ventilateurs, aux brasseurs d'air ou climatiseurs mobiles apparaît beaucoup plus fréquent que la rénovation thermique", regrette le Snes-FSU.
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