Retraites : Jean-Pierre Farandou exclut tout retour à 62 ans
Le ministre du Travail juge un retour à 62 ans impossible financièrement et plaide pour une réforme globale du modèle social.
Quick Look
- Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a écarté l'idée d'un retour à l'âge de départ à la retraite à 62 ans, le jugeant financièrement insoutenable.
- Il appelle à une réforme globale du modèle social français et attend les conclusions de la conférence sociale.
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Why It Matters
La réforme des retraites de 2023 a instauré un report de l'âge légal de départ. Le gouvernement cherche désormais à équilibrer le modèle social face à l'augmentation des cotisations depuis 1945.
À quelques semaines de l’ouverture des débats budgétaires, le dossier des retraites continue de hanter l’agenda gouvernemental. Invité ce dimanche sur le plateau de CNews, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, n’a pas mâché ses mots pour justifier un nouveau report de l’âge légal de départ. Interrogé sur l’hypothèse d’un retour à 62 ans, défendue notamment par le Rassemblement National, le ministre a été catégorique : «Je pense qu’il faudra repousser l’âge de départ à la retraite […] 62 ans, ce n’est pas possible d’un point de vue financier.»
Une formule qui referme, de fait, la porte à toute idée de retour en arrière sur la réforme de 2023, et qui confirme que l’exécutif s’oriente plutôt vers un allongement supplémentaire de la durée de cotisation ou de l’âge pivot. Et pour cause : «On est au bout d’un système. Il faut des réformes pour la retraite, pour la santé et pour notre système d’aides», a affirmé Jean-Pierre Farandou, plaidant pour une remise à plat globale du modèle social français plutôt que pour des ajustements ponctuels. Le ministre s’est toutefois refusé à avancer un âge précis, renvoyant la décision aux «partenaires sociaux».
«On se porterait mieux»
Pour étayer sa position, le ministre du Travail a remis les choses dans leur perspective historique : en 1945, lors de la création de l’État providence à la française, les cotisations salariales s’élevaient à 4% contre 20% aujourd’hui. Même évolution pour les cotisations patronales, qui sont passées de 12 à 40%, a rappelé le ministre, «et vous rajoutez la CSG». Quant à l’âge de la retraite fixé en 1945, soit 65 ans, le ministre a livré une comparaison frappante : «65 ans, on aurait touché à rien, on se porterait mieux.»
Le ministre a par ailleurs évoqué la «Conférence travail, emploi, retraites», qui a réuni patronat et syndicats pendant dix mois. Son rapport final, a-t-il indiqué, «va être présenté très prochainement» et devrait, selon lui, contenir «des choses très intéressantes». Reste à savoir si ce document parviendra à dégager un compromis social suffisamment solide pour porter la nouvelle réforme annoncée par le gouvernement, alors que la défiance des Français à l’égard du sujet des retraites reste élevée.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Présentation imminente du rapport de la Conférence travail, emploi, retraites.
Very likely · Within weeks
Open Questions
- Quel sera l'âge de départ cible ?
- Quelles mesures seront proposées par les partenaires sociaux ?






