Sabah FC, promu en Ligue des champions neuf ans après sa création, affronte Manchester United
Quick Look
- Le Sabah FC, club azerbaïdjanais fondé en 2017 et champion national pour la première fois en 2026, va disputer son premier match de Ligue des champions contre Manchester United jeudi soir, après avoir surmonté huit tours préliminaires.
- Son entraîneur lituanien Valdas Dambrauskas, 49 ans, ancien livreur de journaux, incarne une ascension atypique grâce à une approche statistique inspirée du «Moneyball».
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Why It Matters
Le Sabah FC, fondé en 2017, a remporté son premier titre de champion d'Azerbaïdjan en 2026 après des échecs répétés en tours préliminaires des compétitions européennes, notamment contre le Levski Sofia et le St Patrick’s Athletic.
La patience est mère de vertus. Pas pour le Sabah FC, qui découvrira la Ligue des champions neuf ans seulement après sa création, mais pour son entraîneur lituanien, Valdas Dambrauskas, 49 ans. «Cela dépasse mon imagination. Je suis souvenu venu à Old Trafford avec les enfants, et voilà que je vais y revenir en tant que coach», s’est-il émerveillé à quelques jours d’affronter Manchester United, jeudi (21h) pour lancer une inédite campagne de Ligue des champions.
Non seulement le Sabah FC va découvrir la reine des compétitions, mais il va même découvrir la coupe d’Europe tout court. Depuis trois ans, ce petit club d’Azerbaïdjan, fondé en 2017 et champion pour la première fois en 2026, échouait toujours en tours préliminaires. L’an dernier, le Levski Sofia (Bulgarie) l’avait privé de la Ligue Conférence. L’année d’avant, c’était les Irlandais du St Patrick’s Athletic. Insolite.
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8 matches de tours préliminaires pour en arriver là
Cette fois, Sabah est allé au bout d’un périple qui a commencé le 7 juillet. Alors que les huitièmes de finale de la Coupe du monde s’achevaient, les joueurs de Dambrauskas battaient les Gallois du New Saints FC en match aller du premier tour préliminaire (2-0). Ils ont ainsi, techniquement, déjà joué 8 matches européens cette saison, les deux derniers en éliminant l’Hapoël Beer-Shava (Israël). C’est aussi ça, la Ligue des champions.
Le grand Manchester United va donc voir débarquer sur sa pelouse la première équipe de l’histoire de la C1 à avoir le rose parmi ses couleurs dominantes, comme l’a très sérieusement relevé ESPN. Cette couleur est celle du lac Masazir, situé dans la localité éponyme en bordure de Bakou, où évolue le Sabah FC. Sur son logo figure un hibou, devenu symbole du club pour son intelligence et sa sagesse, des valeurs vers lesquelles les «Rose et Noir» veulent tendre, à l’image de leur entraîneur.
Dambrauskas «a installé une mentalité de vainqueurs», a loué le président Magsud Adigozalov. Il est surtout parti de rien pour en arriver là. Tout a commencé par un jeu télévisé dans son pays. En 2002, il participe à la version lituanienne de «Qui veut gagner des millions ?» et remporte 4.000 litas, soit un peu plus de 1.000 euros. Il s’en sert pour partir étudier en Angleterre.
Dambrauskas, de livreur de journaux à entraîneur en Ligue des champions
«Le jeu a eu un très faible impact. Même sans cela, je pense que j’aurais quand même trouvé un moyen d’aller en Angleterre», a déclaré celui qui a œuvré auprès des centres de formation de Fulham, Brentford et… Manchester United. En parallèle d’un diplôme en sciences du sport, décroché en 2009 à l’Université métropolitaine de Londres, cet homme issu de la classe ouvrière de l’ex-Union soviétique, grand passionné d’échecs, trouve du boulot dans la livraison de journaux ou la garde d’enfants. Et lance sa carrière d’entraîneur en 9e division anglaise.
Cela fait maintenant presque 20 ans que Dambrauskas enchaîne les clubs de seconde zone dans des championnats obscurs (Hongrie, Bulgarie, Chypre, Croatie…). Jusqu’à poser ses valises en Azerbaïdjan il y a un an et trois mois. Il y a découvert une équipe dont la réussite s’est bâtie sur la stratégie «Moneyball», une approche basée sur une utilisation accrue des statistiques avancées (datas), née dans le monde du baseball aux États-Unis et rendue célèbre par un film sorti en 2011, avec Brad Pitt à l’affiche.
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Cette façon de faire est commune chez les clubs à faible budget. C’est le cas de Sabah, fondé par Yagub Huseynov, patron du conglomérat d’entreprises Bridge Group, spécialisé dans l’immobilier. Pas un milliardaire, ni un Etat, seulement un homme heureux d’avoir vu son équipe finir 5e de deuxième division azerbaïdjanaise pour ses débuts, et être promu grâce à un concours de circonstances : les quatre premiers clubs n’avaient pas la structure nécessaire pour évoluer à l’échelon supérieur.
Jouer contre de tels clubs me donne un plus grand sens des responsabilités et une motivation supplémentaire plutôt que de l’excitation.
Tellur Mutallimov, latéral droit azerbaïdjanais du Sabah FC
Il n’y a que de vrais mordus de football qui reconnaîtront jeudi certains noms dans l’effectif, comme l’ancien latéral droit lillois Akim Zedadka ou l’ex-milieu angevin Zinédine Ould Khaled. S’il y avait une star, ce serait Joy-Lance Mickels, attaquant rwandais et meilleur buteur de l’histoire du club (77 réalisations en 149 matches). Il n’y a, en théorie, pas grand-chose pour rêver à la Bank Respublika Arena, stade qui peut accueillir jusqu’à 13.000 personnes, soit autant que le stade de la Licorne à Angers ou que Jean-Dauger à Bayonne.
Cela fera sûrement bizarre au Borussia Dortmund, Naples ou le FC Barcelone, amenés à se rendre en Azerbaïdjan cette saison. Ce sera surtout spécial pour les Masazirites, mais pas question de débarquer en touristes. «Jouer contre de tels clubs me donne un plus grand sens des responsabilités et une motivation supplémentaire plutôt que de l’excitation», a juré le latéral droit Tellur Mutallimov au micro d’Euronews.
L’enjeu le dépasse, comme l’a souligné le président Magsud Adigozalov : «Si notre participation attire davantage d’enfants vers le football, davantage de familles au stade et renforce la confiance dans le football azerbaïdjanais, alors l’impact ira bien au-delà de Sabah.» La première page du livre est encore blanche. Tel un signe du destin, elle va s’écrire dans un stade surnommé «le théâtre des rêves».
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le Sabah FC gagnera en notoriété et attirera davantage de jeunes vers le football en Azerbaïdjan.
Likely · Within months
Valdas Dambrauskas restera entraîneur du Sabah FC au moins jusqu'à la fin de la saison en cours.
Very likely · Within months
Open Questions
- Quel budget le Sabah FC alloue-t-il à sa stratégie Moneyball ?
- Le club pourra-t-il retenir ses joueurs clés après cette exposition européenne ?
- Quel sera l'impact à long terme de cette participation sur le football azerbaïdjanais ?




