Après sa défaite à la primaire sociale-démocrate avec 7,6 % des voix, Ségolène Royal met en garde Raphaël Glucksmann contre une dérive vers le macronisme, critique le coût de la participation et doute de la représentativité du corps électoral, conditionnant son soutien à l'union des gauches.
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Ségolène Royal avait conditionné son soutien à Raphaël Glucksmann à l'union des gauches durant la campagne de la primaire sociale-démocrate.
Même battue, Ségolène Royal n’entend pas signer de chèque en blanc à Raphaël Glucksmann. Bien au contraire. Au lendemain de sa cinglante défaite dès le premier tour de la primaire sociale-démocrate, avec à peine 7,6 % des voix, derrière les 14,4 % d’Olivier Faure, l’ancienne ministre de l’Environnement met en garde le candidat victorieux. Si elle a félicité dimanche, du bout des lèvres, celui qu’elle qualifie encore de «stagiaire», lui souhaitant «toute la force qu’il faut pour faire le rassemblement à gauche qui sera difficile», et l’assurant de son soutien, le ton est tout autre ce lundi.
Quitte à renouer avec ses attaques des débats, lorsque la finaliste PS de la présidentielle de 2007 soupçonnait l’eurodéputé de lorgner vers le bloc central et la droite sous couvert d’hostilité à La France insoumise (LFI). «S’il y a l’union à gauche, j’y aiderai comme promis. Si ça dérive vers le macronisme qui a mis la France en faillite financière, et qui a gouverné par la peur et la brutalité, ce sera sans moi», prévient Ségolène Royal, elle qui n’a eu de cesse de subordonner son engagement dans la campagne de Raphaël Glucksmann à cette union des gauches qu’elle appelait de ses vœux.
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Une sortie loin d’être surprenante, dans la mesure où l’ex-présidente de Poitou-Charentes avait refusé au fil de la campagne de dire si elle soutiendrait l’eurodéputé jusqu’au bout - son appui dépendant à chaque fois de la capacité de son concurrent d’alors à rassembler son camp. Plus encore, elle émet aujourd’hui des doutes sur les conditions mêmes du scrutin, à commencer par le coût de la participation, de 10 à 15 euros, et le net gonflement du corps électoral, qui a dépassé les prévisions internes avec plus de 140.000 inscrits.
Un problème de tarifs ?
Autant d’éléments susceptibles, selon elle, d’avoir pesé sur le résultat de l’élection, emportée haut la main par Raphaël Glucksmann. Prenant ses soutiens à témoin, elle relaie leurs questions : «Vous me demandez si les 80.000 nouveaux inscrits sont de gauche puisque c’est une primaire de gauche ? Je ne le sais pas plus que vous. Vous me dites aussi que beaucoup de gens n’ont pas voté à cause du prix ? Ça c’est vrai». À cet égard, elle affirme avoir réclamé, en vain, un tarif de 4 euros, plus proche de l’euro symbolique demandé à chaque tour de la primaire socialiste de 2011, à laquelle elle avait déjà concouru, que de la fourchette de 10 à 15 euros retenue cette année.
Une exigence d’autant plus justifiée à ses yeux que ces tarifs lui auraient coûté «beaucoup de voix», notamment chez les jeunes et dans les catégories populaires, qui auraient renoncé à voter pour elle faute de moyens. «On aurait bien voulu voter pour vous en famille car au moins on comprend que vous, vous nous voulez du bien, mais on ne peut pas, c’est trop cher», rapporte-t-elle en citant ceux qui l’ont interpellée, avant de s’en dire «désolée».

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