BackUlrich Siegmund, candidat AfD en Saxe-Anhalt, vise à devenir le premier dirigeant d'extrême droite allemand de l'après-guerre
Ulrich Siegmund, candidat AfD en Saxe-Anhalt, vise à devenir le premier dirigeant d'extrême droite allemand de l'après-guerre
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Ulrich Siegmund, candidat AfD en Saxe-Anhalt, vise à devenir le premier dirigeant d'extrême droite allemand de l'après-guerre

Quick Look

  • Ulrich Siegmund, candidat de l'AfD en Saxe-Anhalt, est donné largement en tête des sondages avec 41% des intentions de vote pour devenir le premier dirigeant d'extrême droite allemand de l'après-guerre.
  • Il capitalise sur l'Ostalgie, utilise les réseaux sociaux pour mobiliser ses partisans et souhaite expulser les immigrés en situation irrégulière, réformer l'éducation et dénoncer les médias publics s'il est élu.

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Why It Matters

Ulrich Siegmund, né trois semaines après la réunification allemande en 1990, est candidat de l'AfD à la présidence du Land de Saxe-Anhalt. Il bénéficie d'un fort soutien dans l'ex-Allemagne de l'Est où l'Ostalgie – nostalgie de la RDA – est utilisée comme argument politique, notamment auprès des électeurs plus âgés qui associent le régime communiste à la sécurité.

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Derrière son sourire et son aisance sur les réseaux sociaux, Ulrich Siegmund poursuit un objectif historique : devenir le premier dirigeant d'extrême droite de l'après-guerre à la tête d'une région allemande. Le candidat du parti Alternative für Deutschland (AfD), est donné largement en tête des intentions de vote dans le Land de Saxe-Anhalt, dont les électeurs sont appelés aux urnes dimanche 6 septembre. Selon le dernier sondage de la chaîne publique ZDF, le parti antimigrants, russophile et pro-Trump récolte 41% des suffrages – soit quasiment le double de son score de 2021.

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Propulsé mi-août à la une du prestigieux hebdomadaire Der Spiegel avec le titre de "l'homme le plus dangereux d'Allemagne", Ulrich Siegmund vise la direction de cet Etat régional d'ex-RDA. Mais l'AfD n'est cependant pas assurée d'obtenir la majorité absolue qui lui permettrait de prendre les rênes de cette région de 2,1 millions d'habitants. Tout dépend notamment du nombre de partis qui entreront au Parlement régional : en cas de passage des écologistes et des sociaux-démocrates au-dessus du seuil des 5% requis pour intégrer le Parlement, l'extrême droite serait privée d'une majorité absolue.

La nostalgie comme argument politique

Dans son fief de Tangermünde, ville d'environ 10 000 habitants, le candidat est arrivé dimanche matin au bureau de vote avec sa femme Julia sur une Simson, mobylette iconique de l'ex-Allemagne de l'Est, couleur bleu ciel de l'AfD. Ce deux-roues symbolique a régulièrement été enfourché par le candidat d'extrême droite lors de sa campagne.

Né trois semaines après la réunification de l'Allemagne en 1990, l'homme de 35 ans a assisté à l'idéalisation croissante de la RDA parmi ses concitoyens de l'est. L'ancien drapeau de l'Allemagne communiste est même parfois arboré dans ses meetings : les électeurs plus âgés associent le régime communiste à la sécurité, un thème clé d'Alternative für Deutschland. Une "Ostalgie" – contraction de "Ost" (est en allemand) et de "nostalgie" – dont Ulrich Siegmund sait se servir.

Ce membre de l'AfD capitalise notamment sur le sentiment d'injustice de ses électeurs, selon Jeanette Süß, analyste politique sur les relations franco-allemandes à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Ses partisans s'estiment traités en citoyens de seconde zone par leurs compatriotes de l'ouest, considérés comme étant privilégiés. "Les gens parlent du 'déclin', il y a une crainte de déclassement" en Saxe-Anhalt, observe Jeanette Süß. Face à ce sentiment, Ulrich Siegmund concentre ses attaques sur les personnes immigrées, qu'il accuse de vouloir "profiter" des Allemands.

Une star des réseaux sociaux depuis le Covid-19

Durant des semaines, Ulrich Sigmund a ainsi écumé sa région natale, enchaînant les selfies, les autographes sur des tasses et des tee-shirts à son effigie. Ce tribun cumule plus de 600 000 abonnés sur Instagram et plus de 800 000 sur TikTok. Son principal adversaire, le conservateur Sven Schulze, en comptabilise respectivement un peu plus de 12 000 et de 4 000. "Ulrich Siegmund communique très bien, avec le sourire et un air engageant. Il est très apprécié", observe Valérie Dubslaff, enseignante-chercheuse à l’université Rennes 2.

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Cet ancien membre du parti conservateur, qui a rejoint l'AfD en 2014, un an après sa création, a été propulsé sur le devant de la scène au moment de la pandémie de Covid-19, selon Der Spiegel. Porte-parole du groupe parlementaire pour les questions de santé, il a tiré profit de la crise sanitaire à travers des vidéos dénonçant la "panique autour de la pandémie". Il est ainsi "rapidement devenu l'un des responsables politiques les plus suivis sur TikTok. A l'issue des élections suivantes, il a pris la tête de son groupe au Parlement, avant de devenir tête de liste", retrace le quotidien allemand.

Des anciens néonazis dans son entourage

Au-delà de son succès sur les réseaux sociaux, Ulrich Sigmund est entouré de membres d'une ancienne organisation néonazie, la Heimattreue Deutsche Jugend, rapporte Der Spiegel. Ce groupuscule a été interdit en 2009 en raison de sa "parenté idéologique avec le national-socialisme, notamment avec les anciennes Jeunesses hitlériennes", est-il expliqué sur le site du ministère de l'Intérieur allemand.

Concrètement, ce mouvement cherchait à "recruter de nouvelles générations de militants et de former une élite partageant une vision (...) fondée sur une conception ethno-nationaliste du peuple", en enseignant notamment la "science raciale" aux enfants, retrace le gouvernement allemand. Son magazine intitulé Funkenflug contenait par ailleurs des textes "antisémites et glorifiant le nazisme", selon le ministère.

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En novembre 2023, Ulrich Sigmund a par ailleurs participé à une réunion secrète entre des personnalités politiques de l'AfD, des néonazis et des hommes d'affaires, a révélé le média Correctiv en janvier 2024. Cette entrevue avait pour objet la "remigration", un projet d'expulsion massive d'étrangers et d'Allemands d'origine étrangère.

Une volonté de revoir le programme scolaire

En cas d'accession au pouvoir, Ulrich Sigmund entend mettre en œuvre des mesures qui marqueraient une rupture historique avec l'héritage politique et culturel de l'Allemagne d'après-guerre. "Dès la première minute" de son entrée en fonction, il veut ainsi expulser de Saxe-Anhalt les immigrés en situation irrégulière.

Il souhaite aussi dénoncer le contrat régissant les médias audiovisuels publics allemands qu'il accuse d'être biaisés, leur préférant les réseaux sociaux et leurs algorithmes. Chantre de la famille traditionnelle, il promet d'"interdire l'affichage officiel du drapeau arc-en-ciel (symbole des personnes LGBT+) dans les écoles et veiller en revanche à ce que le drapeau national flotte tous les jours d'école dans les établissements publics".

Comme l'éducation est du ressort des Etats régionaux en Allemagne, il compte aussi supprimer l'obligation de fréquentation de l'école, qui ouvrirait en particulier la voie à l'enseignement à domicile. Il pense également modifier les programmes d'histoire dans les écoles, trop centrés à son goût sur la culpabilité de l'Allemagne du IIIe Reich.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Ulrich Siegmund deviendra le président du Land de Saxe-Anhalt après les élections du 6 septembre 2025.

    Likely · Within days

  • L'AfD ne parviendra pas à obtenir la majorité absolue au Parlement régional de Saxe-Anhalt.

    Possible · Within days

Open Questions

  • L'AfD obtiendra-t-elle la majorité absolue au Parlement régional de Saxe-Anhalt malgré les sondages favorables ?
  • Quel sera l'impact réel des liens présumés d'Ulrich Siegmund avec des groupes néonazis sur sa campagne et sa crédibilité ?
  • Comment les électeurs de Saxe-Anhalt réagiront-ils aux propositions d'expulsion d'immigrés et de réforme de l'éducation si Siegmund est élu ?

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This article was originally published by France Info.

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