Violences dans le périscolaire à Paris : Hidalgo et Bloche entendus au Sénat
Quick Look
- Les auditions de la commission d'enquête sénatoriale sur les violences dans le périscolaire à Paris ont débuté, avec les témoignages des familles de victimes, des collectifs #MeTooÉcole et SOS Périscolaire, et des anciens ministres de l'Éducation nationale Vincent Peillon et Jean-Michel Blanquer.
- Anne Hidalgo et Patrick Bloche sont accusés de non-assistance à personne en danger et de mise en délibérée danger de la vie d'autrui, tandis que 203 enquêtes pénales sont en cours à Paris concernant le périscolaire et les écoles.
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Why It Matters
La commission d'enquête sénatoriale sur les violences dans le périscolaire a été lancée le 1er juillet par la sénatrice Agnès Evren (LR) pour comprendre et prévenir les sévices physiques ou sexuels faits aux enfants par des animateurs dans au moins 70 départements. À Paris, 203 enquêtes pénales concernant le périscolaire et les écoles sont en cours selon le parquet du 31 août.
Les auditions des élus parisiens de la commission d’enquête du Sénat sont l’occasion pour les familles d’obtenir des réponses. « Nous attendons des excuses. Pas une formule de compassion ou la reconnaissance de la souffrance des parents : des excuses aux enfants qui n’ont pas été suffisamment protégés et aux familles qui ont alerté et qui, trop souvent, ont eu le sentiment de ne pas être entendues », assène Barka Zerouali, porte-parole du collectif #MeTooÉcole. Le collectif SOS Périscolaire, lui, se veut moins optimiste sur la question. « Anne Hidalgo ne s’est pas excusée sur France Inter (ce 9 septembre, NDLR) malgré trois relances du journaliste. Nous ne pensons pas qu’elle le fera au Sénat », souffle Anne, cofondatrice du groupe de parents d’élèves.
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Néanmoins, « bien que le Sénat ne soit pas une cour de justice, si certaines questions pointent des faits, établis, précis, Anne Hidalgo et Patrick Bloche devront bien y répondre », ajoute-t-elle. À commencer par le rapport de l’inspection générale de la mairie de Paris, qui dressait déjà un diagnostic des risques d’infractions sexuelles sur mineurs commises par des agents de la ville et proposait un ensemble de mesures pour mieux prévenir, signaler et traiter ces situations.
Les animateurs ne sont plus les seuls mis en cause dans les affaires de violences du périscolaire à Paris. Ces 24 et 25 août, trois familles ont déposé plainte contre l’ex-maire socialiste de la capitale, Anne Hidalgo, et son ancien premier adjoint, Patrick Bloche, chargé de l’éducation, de la petite enfance et des familles, d’octobre 2017 à mars 2026, pour non-assistance à personne en danger, et en particulier sur mineurs de 15 ans.
Quelques jours plus tard, ce 4 septembre, le collectif #MeTooÉcole a annoncé le dépôt d’une plainte par 17 familles dont les enfants sont scolarisés dans des écoles des 9e, 11e et 15e arrondissements. Cette plainte vise des cadres de la mairie de Paris, actuels ou anciens, mais aussi Anne Hidalgo, Patrick Bloche ou encore l’actuel maire Emmanuel Grégoire (adjoint chargé des ressources humaines de 2014 à 2017 et premier adjoint de 2018 à 2024), pour «mise en danger délibérée de la vie d’autrui», «non-dénonciation d’agression ou d’atteinte à des personnes mineures» et «non-assistance à personne en danger».
L’association Transparence citoyenne a à son tour indiqué ce 7 septembre auprès du Figaro avoir émis un signalement pour «absence de dénonciation de mauvais traitement et de délit commis à l’encontre de mineurs dans le cadre d’activités dites “périscolaires” à Paris» auprès du parquet de Paris le 6 avril dernier. Connue notamment pour mettre en lumière les montants des notes de frais des représentants politiques parisiens - dont Anne Hidalgo en septembre 2025 -, Transparence citoyenne se définit comme une association qui «vise à lutter pour la probité des élus».
Depuis son lancement le 1er juillet, la commission d’enquête sénatoriale a auditionné différents acteurs du périscolaire. Au début de l’été, les collectifs de parents lanceurs d’alerte (SOS Périscolaire, #MeTooÉcole et Innocence en danger) ont été reçus, puis, début septembre, d’autres groupes de parents à Bordeaux, Mardié (Loiret), Tarnos (Landes) et Paris ont été entendus. Lundi 7 septembre, la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, et son adjoint, Laurent Guy, ont ensuite été auditionnés, suivis du procureur de la République de Nanterre, Yves Badorc, la procureure générale de Paris, Marie-Suzanne Le Quéau, puis la brigade de protection des mineurs. Deux tables rondes de psychologues et d’associations de protection des enfants et d’élus locaux ont été organisées.
Ce lundi, les deux ex-ministres de l’Éducation nationale, Vincent Peillon (2012-2014) et Jean-Michel Blanquer (2017-2022) ont été invités à s’exprimer sur la réforme des temps scolaires qui ont conduit à allonger le temps périscolaire dans de nombreuses communes, notamment à Paris, en passant à la semaine de 4,5 jours. Le temps périscolaire prenant une large place dans l’éducation des enfants, il est urgent de redonner du crédit au métier d’animateur, a estimé Vincent Peillon. « Ceux qui s’occupent de nos enfants après 16 h 30 doivent être qualifiés, contrôlés et payés décemment. Je reconnais que cela n’a pas été fait, et je le regrette », a-t-il déclaré lors de son audition. Une formation des animateurs doit certes être dispensée avant leur prise de fonction, mais aussi de façon régulière. « La formation doit être continue quand on s’occupe d’enfants », a-t-il souligné.
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Pour son successeur, Jean-Michel Blanquer, il n’est pour autant pas question de réformer le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa). « C’est quand même historiquement un grand succès français, il faudrait faire attention à ne pas trop le remettre en cause », a-t-il indiqué. D’autant qu’« il y a des gens avec des très grands diplômes qui sont coupables de pédophilie et des gens sans diplôme qui sont remarquables et à l’honorabilité irréprochable », a poursuivi l’ex-ministre.
Mercredi 16 septembre, ce sera au tour d’Emmanuel Grégoire, de répondre aux questions de la commission d’enquête.
Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré aux violences dans le périscolaire à Paris. Ce mardi, l’ancienne maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, et son ex-adjoint Patrick Bloche - chargé de l’éducation, de la petite enfance et des familles, d’octobre 2017 à mars 2026 -, sont entendus au Sénat à partir de 9 h 30 dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire dédiée aux violences dans le périscolaire. Lancée par la sénatrice Agnès Evren (LR) le 1er juillet, cette mission d’information a pour objectif de comprendre et de prévenir les sévices physiques ou sexuels faits aux enfants de la part d’animateurs ces dernières années dans au moins 70 départements.
Rien qu’à Paris, selon les derniers chiffres énoncés par le parquet le 31 août dernier, 203 enquêtes pénales concernant le périscolaire et les écoles sont en cours. Parmi ces enquêtes - dont les suspects sont en majorité des animateurs -, 143 concernent des écoles maternelles, 36 des écoles élémentaires et 24 des crèches. Ce 10 septembre, la procureur de Paris, Laure Beccuau, a par ailleurs annoncé avoir « lancé » des investigations visant notamment Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo.
En avril, le nouveau maire Emmanuel Grégoire a annoncé un plan à 20 millions d’euros contre les violences sexuelles dans le périscolaire. Il a aussi inauguré lundi l’école du périscolaire avec une nouvelle formation de 100 heures pour professionnaliser la filière. Il sera entendu par la commission d’enquête ce mercredi.
Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : notre dossier pour tout comprendre
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Anne Hidalgo et Patrick Bloche seront entendus par la commission d'enquête du Sénat concernant les accusations de non-assistance à personne en danger.
Very likely · Within days
Emmanuel Grégoire sera entendu par la commission d'enquête mercredi 16 septembre.
Certain · Within days
Les enquêtes pénales en cours concernant le périscolaire à Paris continueront et pourraient entraîner des mises en examen.
Likely · Within weeks
Open Questions
- Quelles sanctions seront prises contre les élus mis en cause ?
- Comment sera assurée la protection des enfants dans les périscolaires à l'avenir ?
- Quelles mesures concrètes seront mises en place pour former et contrôler les animateurs ?
- Les plaintes déposées aboutiront-elles à des condamnations ?




