Voile islamique : Bruno Retailleau dénonce le «populisme» du Rassemblement national
Le président des Républicains au Sénat conteste la faisabilité juridique de l'interdiction du voile dans l'espace public prônée par le RN.
Quick Look
- Bruno Retailleau (LR) qualifie de «démagogie» la proposition du RN d'interdire le voile islamique dans l'espace public via un référendum.
- Il juge cette mesure juridiquement inapplicable et préfère des restrictions ciblées, notamment dans le sport et à l'école.
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Why It Matters
Le RN propose d'interdire le voile dans l'espace public via un référendum. Bruno Retailleau conteste la légalité de cette mesure au regard du droit actuel.
La proposition a toujours figuré dans le programme présidentiel de Marine Le Pen. Dimanche, le député RN Jean-Philippe Tanguy mettait fin aux rumeurs sur un potentiel renoncement en la matière : oui, le Rassemblement national (RN) défend l’interdiction du voile islamique dans l’espace public. Une proposition «inapplicable», selon le président des Républicains (LR) Bruno Retailleau qui dénonçait ce matin sur RTL du «populisme» et de la «démagogie».
«Moi je veux dire la vérité aux Français. Et Madame Le Pen, Rassemblement national, brandit des slogans dont elle sait très bien qu’ils sont inapplicables», a affirmé le sénateur vendéen. «D’ailleurs regardez, ça patauge dur dans la semoule, entre l’expression de Monsieur Tanguy, l’expression de Monsieur Bardella, l’expression de Madame Le Pen.» Lundi, Jordan Bardella et Marine Le Pen indiquaient qu’en cas de victoire en 2027, le RN proposerait un référendum contre l’islamisme dans lequel figurerait l’interdiction du voile.
Passer par un référendum aurait l’avantage d’éviter la censure du Conseil constitutionnel, qui s’interdit de contrôler a posteriori un texte voté directement par le peuple souverain. Il n’est pas impossible, en revanche, que les sages de la rue Montpensier refusent la convocation du référendum s’il ne porte pas sur un sujet prévu expressément par la Constitution. Une nuance sur laquelle ne s’est pas attardé Bruno Retailleau, qui a souligné qu’une loi interdisant le voile serait juridiquement contraire au cadre actuel sur la laïcité.
«Si vous interdisez, juridiquement il y a un problème. Si vous interdisez le voile, alors il faut interdire la kippa, il faut interdire aux religieuses, si j’ose dire, de se couvrir les cheveux. (...) On ne doit pas mentir aux Français.» Le patron de LR au Sénat a rappelé ses propositions en la matière, dont certaines ont été votées en première lecture à la chambre haute du parlement. Il souhaite notamment faire interdire le voile «dans les compétitions sportives fédérales, pour protéger le sport» et étendre l’interdiction du voile à l’école aux accompagnatrices scolaires qui encadrent les sorties en dehors des bâtiments.
«Je m’attaque aux causes, je m’attaque à l’idéologie des frères musulmans, précisément à l’entrisme, en créant un délit d’entrisme», a aussi rappelé Bruno Retailleau. Cette proposition a été votée en première lecture par les sénateurs en mai dernier. Bruno Retailleau n’a pas cité, en revanche, la proposition de loi portée par le patron des LR à l’Assemblée, Laurent Wauquiez, qui propose d’interdire le port du voile pour les mineurs dans l’espace public. Les lieutenants du RN «savent que leur proposition n’est pas applicable», a martelé le patron de LR. «Est-ce qu’on va demain mobiliser les policiers et les gendarmes ? (...) C’est du populisme, c’est de la démagogie.»
Bruno Retailleau a aussi réagi aux propos de Jean-Philippe Tanguy qui l’a accusé sur X de «préparer [sa] fusion avec Edouard Philippe et Gabriel Attal». «Je ne suis pas dans le en même temps, sur l’immigration par exemple», a-t-il affirmé. «On a entendu Edouard Philippe être très ferme en ce qui concerne Mayotte. Et puis ensuite dire qu’il nous faut encore plus d’immigrés pour le travail, pour les étudiants. Je pense que si on veut maîtriser l’immigration demain, il faut un signal clair à toutes les filières de trafiquants d’êtres humains. Je ferme au maximum. Par exemple, sur le travail, vous avez quasiment 400.000 étrangers en situation régulière qui pointent à Pôle emploi, à France travail !»
Open Questions
- Le Conseil constitutionnel validerait-il un tel référendum ?
- Quelle sera la position finale de Laurent Wauquiez sur l'interdiction pour mineurs ?




