Vols de raisin pendant les vendanges : surveillance renforcée dans les vignobles
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En période de vendanges, les vols de raisin augmentent dans les vignobles français, poussant les producteurs à renforcer la sécurité avec des agents privés et des systèmes de surveillance, alors que seulement 9 % des enquêtes aboutissent.
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Why It Matters
En période de vendanges, les vols de raisin sont fréquents dans les vignobles français, notamment en raison de la valeur des récoltes et de l'isolement des parcelles la nuit.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
À l’heure où les vignerons sont profondément endormis, une lumière inattendue fend la nuit. Un agent de sécurité inspecte les parcelles. Il veille sur leurs précieuses grappes. "Je vérifie entre les rangs qu’il n’y ait personne. Je repère aussi si je vois des phares de véhicules ou s’il y a des flashs de téléphone", indique Tony, agent de sécurité.
À la nuit tombée, le moindre mouvement dans ces coteaux de champagne paraît suspect. En période de vendanges, les vols sont fréquents. Ce soir-là, Tony doit surveiller 80 hectares, 10 heures de ronde et des arrêts dans les recoins du vignoble les plus exposés.
Dans le Jura, il y a quelques jours, c’est dans la nuit qu’ont été dérobés 100 kilos de raisins à un petit producteur. "J’ai trouvé quelques grappes par terre. Et puis, en regardant de plus près, j’ai vu les traces de sécateurs là où les grappes ont été volées", raconte Paul Bonin, vigneron à Gevingey (Jura). Un préjudice estimé à près de 1 400 euros qui ravive un douloureux souvenir. Il y a deux ans, il a déjà subi un vol, cette fois de 400 kilos. Il venait de se reconvertir. "Quand on débute, quand on n’a pas de revenus, financièrement c’est difficile. [...] Tout ça pour que ça se fasse voler dans la nuit, la veille des vendanges. À 24 heures près, j’aurais été bon, mais c’est comme ça", regrette-t-il.
Quelques producteurs peu scrupuleux
C’est une hantise à laquelle répondent désormais des sociétés spécialisées dans la sécurité, comme à Épernay dans la Marne. Une dizaine de vols ont été recensés dans la région l’an dernier. Alors de plus en plus, l’entreprise propose alarmes, vidéosurveillance, sécurité privée. Les vendanges sont devenues le moment clé de l’année. "On a 30 à 40 % de chiffre d’affaires en plus sur un mois classique, sur cette période des vendanges. Et on embauche entre 25 et 30 personnes en plus uniquement pour cette activité vendange", affirme Nicolas Crinon, dirigeant d’Alliance Prévention Sécurité.
Le raisin attise particulièrement les convoitises cette année, car les récoltes sont précoces et les rendements plus faibles. Selon les gendarmes chargés des enquêtes, c’est parfois ce qui pousse des professionnels de la vigne à s’approprier du raisin. "Au niveau des auteurs, il y a les vendangeurs qui sont payés au kilo, qui vont vouloir augmenter leur chiffre d’affaires, quitte à déborder sur la parcelle du voisin. Et puis derrière, on va avoir peut-être quelques producteurs peu scrupuleux, qui sont prêts à augmenter leur stock", explique le chef d’escadron Rémi Dubois, commandant de la compagnie de gendarmerie d’Épernay.
Sur le terrain, les cavaliers de la garde républicaine viennent en renfort des gendarmes de la région. Une présence qu’ils espèrent dissuasive, car seules 9 % des enquêtes sont résolues.
Open Questions
- Quel est le montant total des préjudices subis par les viticulteurs cette année en raison des vols de raisin ?
- Quelles sont les peines encourues pour les auteurs de vols de raisin identifiés ?
- Les systèmes de sécurité proposés par les entreprises privées sont-ils accessibles aux petits producteurs ?





