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Zelensky limoge le « boucher » Syrsky et nomme Mykhaïlo Drapaty à la tête de l’armée ukrainienne
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20 Minutes5 hours agoPolitics3 min readFrance

Zelensky limoge le « boucher » Syrsky et nomme Mykhaïlo Drapaty à la tête de l’armée ukrainienne

Le président ukrainien a remplacé Oleksandre Syrsky, surnommé le « boucher » par l’opinion publique, par Mykhaïlo Drapaty, une figure populaire et adepte de la guerre technologique.

Quick Look

  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a limogé le commandant en chef de l'armée, Oleksandre Syrsky, le remplaçant par Mykhaïlo Drapaty.
  • Ce changement, sur fond de contestation populaire et de critiques envers Syrsky, est perçu comme un « souffle d’air frais » et suscite l'espoir d'une approche plus moderne de la guerre.

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Why It Matters

Le limogeage d'Oleksandre Syrsky fait suite à des manifestations quotidiennes à Kiev, provoquées par le départ forcé de l'ancien ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov, qui accusait Syrsky de bloquer ses réformes. Syrsky était surnommé le « boucher » par l'opinion publique après la bataille de Bakhmout.

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Les grondements sourds de la rue ont eu raison du poste du « boucher ». Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a annoncé mardi le limogeage d’Oleksandre Syrsky, remplacé par une figure bien plus populaire : celle de Mykhaïlo Drapaty. Le commandant des forces interarmées devient donc commandant en chef de l’armée. Pour nombre d’Ukrainiens, ce remaniement est un « souffle d’air frais et une nouvelle source d’espoir », comme l’écrit l’ancien ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov.

C’est justement le départ forcé de ce dernier, à la surprise générale, le 15 juillet dernier, qui a provoqué des manifestations et une crise politique majeure en Ukraine. Cette éviction est survenue après seulement six mois de fonction et alors que Mykhaïlo Fedorov était en conflit direct avec Oleksandre Syrsky, qu’il accusait de bloquer ses tentatives de réformes. Depuis lors, des centaines de personnes manifestaient chaque jour à Kiev, malgré l’intensification des frappes russes sur la capitale.

Alors sur les réseaux sociaux, le départ de Syrsky et l’arrivée d’une figure proche de Fedorov provoquent l’engouement, peut-être suffisamment pour calmer étouffer les braises de la contestation populaire. Sous le post Telegram de l’activiste Serhiy Sternenko, une myriade d’internautes lui assurent que « le peuple ukrainien est avec [lui] » ou salue les qualités de cet « homme empli de bonté », « honorable et intègre » ou encore, plus simplement « sympa ».

D’autres affichent des attentes plus concrètes comme cette personne qui commente : « Maintenant, monsieur le Commandant en chef, brûlez Moscou. » Car les Ukrainiens espèrent que cette nomination insuffle un vent de nouveauté sur le front, alors que les décisions du haut commandement se retrouvent de plus en plus contestées.

Du « boucher » au « héros » de Marioupol

En deux années à ce poste, Oleksandre Syrsky, 60 ans, n’est pas parvenu à se départir de sa réputation de général à la mentalité soviétique. Après la bataille de Bakhmout, l’opinion publique l’a tenu responsable des dizaines de milliers de morts dans l’armée ukrainienne, lui accolant le surnom de « boucher ». « Oleksandr Syrsky menait une "guerre à la papa soviétique". Sa génération a été formée à l’époque soviétique et cette vision de la guerre qui, on le voit d’ailleurs du côté russe, n’hésite pas à envoyer des hommes à la mort pour quelques kilomètres carrés », analyse Carole Grimaud, spécialiste de la Russie. D’après le directeur de la CIA, l’espérance de vie d’un soldat russe n’est que de 20 à 30 minutes sur le front ukrainien.

En revanche, Mykhaïlo Drapaty, 43 ans, incarne une vision plus proche de celle de Mykhaïlo Fedorov. En juin 2025, il a démissionné de son poste de commandant des forces terrestres après le bombardement d’un terrain d’entraînement près de Dnipro qui a tué 12 soldats. Il fait partie d’un courant plus jeune pour qui le « nouveau front technologique et la guerre à distance, notamment via l’utilisation de drones, un domaine où l’Ukraine excelle, peut (et doit) permettre d’économiser les vies de jeunes hommes », explique l’experte qui décrit « deux Ukraine qui s’affrontent, une tournée vers une vision traditionnelle du militaire, et l’autre tournée vers l’avenir. »

Le héros derrière le char

Mais Mykhaïlo Drapaty n’est pas seulement un adepte de la modernité. L’homme est auréolé d’une réputation de héros de guerre. En 2014, alors qu’il n’était que major au sein de la 72e brigade mécanisée, une vidéo l’a immortalisé aux commandes d’un blindé BMP perçant les barricades érigées par les séparatistes russes à Marioupol, afin de sauver plusieurs centaines de soldats encerclés. Il s’est ensuite illustré à l’automne 2022 comme l’un des cerveaux de la libération de Kherson. « Ces images montrent qu’il est capable d’aller sur le terrain et de comprendre les soldats sur le front. Par extension, il est donc des leurs. Ce n’est pas par hasard que cette vidéo circule en parallèle de sa nomination », note Carole Grimaud.

« Compte tenu de son expérience, de sa réputation et de l’importance qu’il accorde aux réformes, Drapaty serait un excellent choix pour le poste de commandant en chef des Forces armées », estimait Rob Lee, auprès du Kyev Independant. Le chercheur au Foreign Policy Research Institute ajoutait qu’il était particulièrement respecté pour sa capacité à « demander à ses subordonnés leur avis et à s’informer du soutien dont ils avaient besoin ». Une qualité essentielle, alors que sur le front, la gestion verticale de son prédécesseur faisait particulièrement grincer des dents.

Pas de « tournant majeur » sur le front

Aussi populaire soit-il, le nouveau commandant en chef ne pourra pas faire de miracles face aux faiblesses structurelles qui rongent l’armée ukrainienne. « Un changement de chef ne résoudra pas les difficultés de l’armée ukrainienne : le manque de soldat ne changera pas, l’énergie des centrales pilonnées par la Russie ne changera pas, les bombardements à Kiev ne changeront pas », énumère Carole Grimaud, pour qui il ne faut pas espérer un « tournant majeur pour l’armée ukrainienne ».

D’autant plus que sa nomination intervient dans un contexte de détérioration dramatique de la situation sécuritaire avec un bond de 37 % des victimes civiles sur les six premiers mois de l’année et une lassitude de la population ukrainienne face à sa jeunesse sacrifiée pour défendre le pays de l’invasion russe. Des dizaines de milliers d’Ukrainiens ont été tués depuis le début du conflit. Autant de « talents et de vies qui ne reviendront pas peupler le pays », note Carole Grimaud. Et ce, peu importe qui dirige la contre-offensive.

Open Questions

  • Quelles réformes spécifiques Mykhaïlo Drapaty mettra-t-il en œuvre ?
  • Comment Drapaty abordera-t-il les faiblesses structurelles de l'armée ukrainienne ?
  • Quel sera l'impact réel de cette nomination sur le front ?

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This article was originally published by 20 Minutes.

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