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Ludovic Chaillan élève 25 000 poules pondeuses sur son champ de lavande
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France Info·2d ago·🇫🇷France·Agriculture

Ludovic Chaillan élève 25 000 poules pondeuses sur son champ de lavande

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France Info
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Au bout de son champ de lavande en train de fleurir, sur le plateau de Valensole, dans les Alpes-de-Haute-Provence, Ludovic Chaillan va bientôt élever 25 000 poules pondeuses. "Une parcelle de bois de 10 hectares où les poules seront lâchées en plein air, dans un parc fermé", détaille-t-il.

Pour mener à bien ce projet d'ampleur, dans une région mondialement connue pour ses champs violets de lavande, il compte sur la loi d'urgence agricole, qui doit être votée mardi 2 juin à l'Assemblée nationale. Le texte prévoit notamment de lever les contraintes administratives et de favoriser la création de nouveaux bâtiments. Le permis de construire de Ludovic Chaillan pourra ainsi être déposé dans les prochaines semaines.

"C'est un bâtiment de 2 300 m2, 5 mètres de haut maximum, poursuit-il. On va faire une haie d'arbres pour que ce soit intégré dans le paysage", rassure-t-il.

Un salaire de 2 500 euros par mois environ garanti

L'agriculteur est prêt à investir 1,5 million d'euros parce que la lavande et les autres cultures, comme le fenouil, ne suffisent plus pour vivre : "Il y a eu une surproduction à un moment donné donc le prix a vachement baissé et les aléas climatiques font qu'on a de moins bons rendements. On cherche une diversification plus stable pour assurer un salaire".

Dans son bilan annuel dévoilé en février, le Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO) projette qu'en 2035, les Français consommeront jusqu'à 269 œufs par an et par personne. Avec ce poulailler, Ludovic Chaillan gagnera 2 500 euros par mois environ, garanti par la Compagnie générale d’agriculture, une société des Bouches-du-Rhône qui viendra chercher les œufs pour les mettre en boîte et les commercialiser. Le gérant, Stéphane Monmagnon, travaille déjà avec 25 élevages en plein air, le modèle qu'il défend.

"La France est un peu l'exception en Europe avec quasiment 50% des poules pondeuses qui ont accès à un parcours extérieur."

Stéphane Monmagnon, gérant de la Compagnie générale d’agriculture

à franceinfo

Ce projet de poulailler ne suscite ici aucune opposition pour l'instant, même si la taille peut impressionner : 25 000 poules pondeuses. Cela reste dans la moyenne française, et c'est beaucoup moins qu'ailleurs dans le monde, selon lui. "Vous allez en Amérique du Nord, en Asie, en Europe de l'Est ou ailleurs, c'est au moins cinq millions de poules ! Ce sont des usines à œufs, tout en cages, pas d'accès extérieur. En France, ce sont des choses qui sont en train de disparaître", pointe Stéphane Monmagnon.

"Qui dit une concentration importante, dit recours à des antibiotiques plus fréquents"

Avec son projet de loi, le gouvernement veut créer un régime juridique spécifique à l'élevage, afin de faciliter la construction de ce type de poulailler. La procédure actuelle, au-dessus de 40 000 poules pondeuses, est similaire à l'industrie, déplore la ministre. Il y a notamment des études d'impact environnemental et une enquête publique à réaliser à la charge de l'éleveur qui finit par se décourager, selon le CNPO, qui note une hausse des importations.

Ce n'est pas une bonne nouvelle, commente Stéphane Monmagnon. "Quand on importe, on n’importe pas la qualité du produit qu'on a dans nos élevages, fait-il remarquer. Qui dit une concentration importante, dit recours à des antibiotiques plus fréquents. Nous, il est rarissime qu'on ait recours à ce type de traitement". L'interprofession estime qu'il faudrait 300 bâtiments d'élevage de plus d'ici 2030 pour être autosuffisant.

This article was originally published by France Info.

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