
Une plainte au civil déposée par une ancienne étudiante de Cornell relance l'affaire d'un viol collectif impliquant sept membres de la fraternité Chi Phi en 2024.
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Une étudiante a déposé une plainte au civil affirmant avoir été agressée sexuellement par sept membres de la fraternité Chi Phi à l'université Cornell en 2024.
L’affaire prend de plus en plus d’ampleur depuis ces derniers jours. Celle du cas "Jane Doe", surnom donné à cette femme non identifiée qui, le 18 septembre 2026, a déposé une plainte au civil, affirmant avoir été droguée et violée par sept hommes lorsqu’elle étudiait à Cornell en 2024, prestigieuse université privée américaine dans l’État de New York. Selon elle, les accusés sont membres de la fraternité "Chi Phi", organisation étudiante ancestrale du campus, 100 % masculine.
Alors que l'affaire n'avait débouché sur aucune poursuite judiciaire après un premier signalement en interne à l'université, la nouvelle plainte déposée, rendue publique et apportant de nouvelles preuves, a permis la réouverture de l'enquête. Depuis plusieurs jours, sur les réseaux sociaux, certaines personnalités dénoncent un scandale et soutiennent la victime.
La plainte, contenant 101 pages, a été rendue publique. Le document retrace étape par étape la soirée vécue par "Jane Doe" en octobre 2024. Alors âgée de 20 ans, l’étudiante se rend dans une "fraternity house", maison mise à disposition par l’université à des organisations étudiantes. Ce soir-là, elle rejoint une amie qui participe à une soirée avec des membres de la "Chi Phi", groupe masculin, l’un des plus anciens du campus de Cornell. La plainte soutient que "Jane Doe", une fois arrivée, y est poussée à prendre de la kétamine. La jeune femme est aussi "abreuvée" d’alcool, avant d’être agressée sexuellement, dans un premier temps, par deux hommes.
Plus tard dans la soirée, d'autres étudiants du même groupe sont invités, via un groupe Snapchat, à les rejoindre pour abuser sexuellement de la victime. Des messages explicites sont envoyés, comme le montre le média CBS : "Le magasin est toujours ouvert ?", écrit par exemple un membre de la fraternité à 1h42 du matin. Un autre lui répond "oui". La plaignante explique finalement avoir été violée en tout par sept hommes pendant plusieurs heures.
Au coeur de la polémique, largement relayée et commentée en ligne, exposant par ailleurs les photos des sept hommes accusés dans ce viol collectif : l'absence de poursuite judiciaire après le premier signalement par la victime auprès de la police. Dans un communiqué, Matthew Van Houten, procureur du comté de Tompkins, s'est justifié de n'avoir pas poursuivi dans un premier temps les auteurs. Selon lui, le témoignage de la victime, recueilli à l'époque dans le cadre d'une enquête interne de l'université, ne permettait pas d'établir une absence de consentement. Mais depuis cette nouvelle plainte, et "conscient que le processus de guérison d’un traumatisme est personnel et différent pour chaque individu", le procureur a donc rouvert l'enquête. Il envisage des poursuites pénales contre les sept hommes.
Dans le même temps, la police locale de la ville d'Ithaca a publié lundi un message sur sa page Facebook, indiquant sa consternation d'apprendre l'existence de cette affaire seulement deux ans après.
Maintenant que l'affaire est rendue publique, nombre de personnalités ont pris la parole sur les réseaux sociaux. L'actrice américaine Florence Pugh, suivie par plus de 10 millions d'abonnés sur Instagram, a notamment publié sur son compte un long message d'indignation. "Les établissements d'enseignement supérieur, qu'il s'agisse de collèges, d'écoles ou d'universités, laissent régulièrement tomber les femmes partout dans le monde. Ils forment des hommes à qui l'on répète sans cesse qu'ils peuvent causer un préjudice extrême sans risquer de subir de représailles", dit-elle.
D'autres personnalités vont encore plus loin. Toby Morton, connu pour être l'un des scénaristes de la série animée South Park, a même créé un site internet, baptisé "TheCornell7.org". Cette page "retracera l'histoire de cette femme qui a été violée par sept membres de la fraternité de Cornell Chi Phi en octobre 2014, la plainte qu'elle a déposée et la réaction des institutions face à son affaire", peut-on lire sur l'une de ses publications. L'auteur promet d'alimenter son site de documents utiles à l'enquête. Les noms des sept accusés y sont affichés.
La classe politique américaine commence, elle aussi, à réagir. Alexandria Ocasio-Cortez, figure montante des démocrates, a dénoncé dimanche lors d'un meeting une "culture du viol" dans les établissements d'élite. La plaignante, "cette survivante, en a terminé avec ses études, parce qu'on ne peut pas rester à l'université quand quelque chose comme cela vous arrive", a-t-elle lancé, accusant l'institution de les avoir "protégés".
Kyle Kimball, porte-parole de Cornell, assure de son côté que l'université soutient la décision de rouvrir les investigations. Il souligne par ailleurs que la fraternité "Chi Phi", à laquelle appartenaient les auteurs présumés, a été dissoute en 2024 et qu'une série de sanctions disciplinaires a été prise contre eux, allant "jusqu'à l'exclusion et la suspension" de Cornell. Dans un communiqué publié lundi, la direction explique que cette décision fait suite à une enquête menée en interne pendant plusieurs mois, au cours de laquelle la plaignante et les mis en cause ont apporté leurs témoignages.
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Poursuites pénales envisagées contre les sept hommes
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