Allemagne: la coalition de Friedrich Merz fragilisée après le départ de la ministre du Travail
La ministre du Travail et codirigeante du SPD quitte ses fonctions, dénonçant des attaques au sein de la coalition gouvernementale.
Quick Look
- La ministre du Travail allemande Bärbel Bas a démissionné, citant un deuil personnel et des attaques de ses partenaires conservateurs.
- Ce départ fragilise la coalition de Friedrich Merz, déjà en difficulté face à l'impopularité et à la montée de l'extrême droite.
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Why It Matters
La coalition entre le centre-droit et le centre-gauche est en place depuis un an et demi. Elle fait face à une impopularité record et à la montée de l'opposition d'extrême droite.
La coalition du chancelier allemand Friedrich Merz se retrouve lundi encore fragilisée par la démission soudaine de sa ministre du Travail et codirigeante du parti social-démocrate, Bärbel Bas, qui s'est dit victime d'attaques provenant des rangs conservateurs au gouvernement.
Cette annonce surprise survient dans un contexte de tensions entre les deux alliés, qui peinent à s'entendre sur les réformes sur fond d'impopularité record du chancelier et de sondages au plus haut pour l'opposition d'extrême droite. Mme Bas, 58 ans, a expliqué sur les réseaux sociaux son départ de la tête du SPD et du gouvernement par le décès de sa belle-fille, une épreuve personnelle, mais elle a dans la foulée dénoncé les «attaques publiques» envers elle, y compris «de la part du partenaire de coalition».
Il s'agit d'une nouvelle illustration des tensions au sein de la coalition réunissant centre-droit et centre gauche depuis un an et demi et qui minent l'action gouvernementale. La pression s'était accrue ces dernières semaines sur la ministre, des responsables de la CDU/CSU, le bloc conservateur de M. Merz, lui reprochant de freiner les réformes jugées nécessaires dans les domaines du social et des retraites.
Situation indécente
Le visage grave devant la presse, le coprésident du SPD Lars Klingbeil, également ministre des Finances et vice-chancelier, s'est dit «très triste» et a tancé, sans les nommer, les conservateurs. Le chef du SPD en Bavière, Sebastian Roloff, a même dénoncé auprès du quotidien Handelsblatt des attaques «en provenance de la direction de la CDU». Déplorant la situation «indécente» que vient de subir sa collègue, M. Klingbeil a appelé à résister «au jeu destructeur de l'extrême droite» qui veut que les forces politiques traditionnelles doivent «se déchir(ent) entre elles».
Réagissant au départ de sa ministre devant la presse après une réunion des cadres de son parti, Friedrich Merz a admis «des divergences, des désaccords sur le fond» avec Mme Bas, mais rejeté toute attaque «sur le plan personnel», assurant lui avoir dit de «prendre le temps» dont elle avait besoin pour son deuil. «La CDU a toujours exprimé sa compassion», a insisté le chancelier.
Ce nouveau couac intervient alors que la popularité de M. Merz est à un plus bas historique, notamment du fait de son incapacité à aboutir à des compromis au sein du gouvernement sur les réformes destinées à relancer l'économie et à maîtriser les dépenses sociales. Il l'a payé sur le plan électoral en septembre, le parti d'extrême droite AfD remportant deux scrutins régionaux dans l'est du pays.
Crises multiples
La coalition reste divisée sur une multitude de sujets, à commencer par la question de l'augmentation de l'âge de la retraite. Mme Bas était en charge de rédiger un projet de loi de compromis sur le sujet, et était accusée par ses partenaires de droite de freiner. Un dossier dont va hériter son successeur désigné lundi, Alexander Schweitzer, 53 ans, un des vice-présidents du SPD.
Friedrich Merz a mis la pression sur les sociaux-démocrates: «Nous avons pris du retard sur certains processus législatifs. Nous devons rattraper ce retard», a-t-il dit, pointant la «crise de confiance» envers les deux partis au gouvernement. Réagissant aux développements consécutifs aux déroutes électorales face à l'extrême droite, il a réaffirmé que la CDU «ne votera nulle part en Allemagne pour des extrémistes». Une référence à l'élection à bulletin secret d'un candidat AfD à la tête du parlement de Saxe-Anhalt, obtenue avec 4 voix dont la provenance reste inconnue. Les spéculations vont depuis bon train quant à des transfuges de la CDU, ce que le SPD voit d'un très mauvais œil.
M. Merz a aussi évoqué une autre source de tensions. Dans la ville-État de Berlin, le parti de gauche radicale Die Linke, qui y a gagné des élections le 20 septembre, a entamé jeudi des négociations avec écologistes et sociaux-démocrates pour constituer une majorité, malgré des accusations d'antisémitisme la visant. «Ce qui nous inquiète profondément, c'est l'antisémitisme très répandu dans ce parti», a répété le chancelier, prévenant le SPD qu'un accord avec Die Linke constituerait «un poids» de plus pour la coalition gouvernementale.
What to Watch
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Alexander Schweitzer succédera à Bärbel Bas au ministère du Travail.
Very likely · Within days
Open Questions
- Qui remplacera officiellement Bärbel Bas ?
- Quel sera l'impact sur la réforme des retraites ?






