Altercation avec des policiers : le député LFI Sébastien Delogu s'exprime après sa garde à vue
Le député des Bouches-du-Rhône dénonce des fuites policières et une campagne de dénigrement après son placement en garde à vue à Marseille.
Quick Look
- Le député LFI Sébastien Delogu a été placé en garde à vue après une altercation avec des policiers en civil à Marseille.
- Il conteste les faits d'outrage, dénonce des violences policières et a porté plainte, tout en critiquant la gestion médiatique de la procédure.
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Why It Matters
Sébastien Delogu a eu une altercation avec des policiers en civil le 24 août dans son immeuble à Marseille. Deux plaintes croisées ont été déposées pour outrage et violences volontaires.
Quelques jours après une altercation avec des policiers en civil, Sébastien Delogu a été placé en garde à vue ce jeudi 27 août, alors "qu'il s'est présenté librement pour être entendu", dit le député LFI qui a publié un communiqué ce 28 août pour s'exprimer sur cette affaire.
Sa prise de parole était attendue. Le député (La France insoumise) de la 7ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu est au cœur d'une affaire médiatico-policière depuis près d'une semaine. Dans la soirée du vendredi 28 août, le parlementaire a publié un communiqué sur ses réseaux sociaux afin de livrer sa version des faits et revenir sur une garde à vue dont il explique avoir eu connaissance de la nature après la presse.
"J'ai été placé pendant huit heures en garde à vue. J'ai dû subir également une campagne médiatique de dénigrement, alimentée par des fuites policières mensongères tout au long de la procédure", commence Sébastien Delogu. Pour rappel, l'homme politique s'est accroché avec des policiers en civil ce lundi 24 août dans l'après-midi, dans l'enceinte de l'immeuble marseillais dans lequel il réside. S'ensuivent alors deux plaintes déposées : une contre Sébastien Delogu pour outrage, une autre par ce dernier contre X pour "violences volontaires et faits commis par des personnes se présentant comme fonctionnaires de police".
"La loi impose une obligation d'identification aux agents de police"
Si les policiers, que l'on voit apparaître en civil sur des images de vidéosurveillance captées par une caméra placée dans le hall d'entrée de l'immeuble, dénoncent des insultes, une autre captation transmise par Sébastien Delogu à BFMTV montre un policier qualifier le député de "trou du cul".
Les premiers reprochent à l'élu d'avoir entravé une opération de police. De son côté, le député explique que la situation s'est envenimée alors que ces derniers ont refusé de justifier leur qualité de policier. "Cette demande n'avait pourtant rien d'anormal puisque ce monsieur n'était pas en uniforme et ne portait aucun signe distinctif apparent. La loi impose en effet une obligation d'identification aux agents de police. Elle était d'autant plus légitime que je reçois depuis des mois des messages de menaces d'individus qui envisagent de porter atteinte à ma personne et à mon entourage", affirme Sébastien Delogu à travers son communiqué.
Le député accuse l'un des policiers de l'avoir insulté. "Il m'a dit que j'étais "une merde", que je "puais de la gueule" et qu'il était "normal que tout le monde me déteste", rapporte-t-il.
"J'ai évidemment porté plainte et saisi l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) pour ces violences et propos injurieux. Les agents de police, lorsqu'ils sont républicains, et même s'ils interviennent en civil, doivent démontrer leur qualité de policiers devant tout citoyen, a fortiori devant un député de la nation", Sébastien Delogu, Député LFI de la 7e circonscription de Marseille.
Convoqué au commissariat, le député apprend être placé en garde à vue
L'affaire, révélée médiatiquement le 26 août, prend une nouvelle tournure le lendemain. Le parquet de Marseille annonce à la presse le placement en garde à vue de Sébastien Delogu "dans le cadre de l'enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique".
Dans son communiqué, l'ancien chauffeur de taxi revient sur cet épisode. "Je me suis présenté librement pour être entendu, accompagné de mon avocat. La convocation ne comportait aucune mention indiquant que mon audition devait intervenir dans le cadre d'une mesure de garde à vue", écrit-il. Ainsi, Sébastien Delogu explique avoir été étonné que ce placement en garde à vue soit immédiatement annoncé par voie de presse. "Dans quel pays des accusations d'outrage aucunement étayées (et que je réfute) conduisent-elles un représentant du peuple à passer 8 heures en garde à vue alors qu'il s'est présenté volontairement devant les policiers", s'interroge-t-il.
Sur ses réseaux sociaux, le député LFI souligne par ailleurs que son voisin, soupçonné de vol de montre de luxe par les policiers intervenus chez lui, a "été relaxé". Une information que le parquet de Marseille a confirmée à Libération. En story Instagram, Sébastien Delogu déclare qu'il ne sortira "plus jamais sans [ses] lunettes connectées", pour filmer en permanence ses déplacements.
Deux convocations en justice l'attendent cet automne
Le député insoumis est à nouveau convoqué le 13 novembre prochain, devant le tribunal correctionnel cette fois. "Je me présenterai donc devant cette juridiction, où je dénoncerai les faits que j'ai dû subir depuis le début de cette affaire", assure-t-il. Le 21 octobre, il est également attendu devant cette juridiction dans le cadre d'une autre affaire dans laquelle il est reproché à l'élu d'avoir diffusé sur les réseaux sociaux les documents privés d'un entrepreneur à qui il reprochait des liens avec Israël.
Enfin, le Marseillais se dit attentif "aux suites qui seront réservées à [s]a plainte" pour "violences volontaires et faits commis par des personnes se présentant comme fonctionnaires de police" contre X. "Merci à toutes et tous pour vos messages de soutien. Notre nombre est notre force. Rien ne nous empêchera de changer ce monde", conclut-il son communiqué.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Sébastien Delogu comparaîtra devant le tribunal correctionnel le 13 novembre.
Very likely · Within months
Open Questions
- Quelles seront les conclusions de l'enquête de l'IGPN ?
- Quelle sera la décision du tribunal correctionnel le 13 novembre ?






