Andréa Bescond : l'énergie de la lutte contre les violences sexuelles
Portrait de la comédienne et réalisatrice engagée, de son combat pour la proposition de loi intégrale à son parcours personnel.
Quick Look
- Portrait d'Andréa Bescond, comédienne et réalisatrice engagée contre les violences sexuelles.
- Elle milite activement pour une proposition de loi et revient sur son parcours marqué par le drame, le théâtre et la danse.
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Why It Matters
Andréa Bescond est une artiste et militante connue pour son œuvre 'Les chatouilles ou la danse de la colère', traitant des violences sexuelles.
Quand on regarde les vidéos postées par Andréa Bescond sur Instagram, ce qui frappe c’est son énergie et sa bonne humeur. Elle est indignée, c’est sûr : quand elle manifeste devant le ministère de la justice, place Vendôme, elle se brise la voix, elle lève le poing. Tous les lundis soir, elle se mobilise pour la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles, examinée à l’Assemblée nationale.
Dans plusieurs vidéos filmées en intérieur, on remarque aussi derrière elle un poster de Rocky, le plus obstiné des boxeurs. Pas de doute, elle est prête à en découdre mais avec le sourire. Andréa Bescond a la colère joyeuse et quand on l’interroge sur son engagement, elle s’enthousiasme même.
“Ce qui est beau, c’est ce mouvement populaire ! Enfin la société civile se lève ! Nous, on a fait des manifestations à dix personnes pendant des années… On était dix ! Aujourd’hui, on est des milliers, des milliers et des milliers et partout sur le territoire, en Outre Mer, partout ! Et ça c’est magnifique” lance-t-elle.
En fait, Andréa Bescond a du punch même quand elle raconte son drame. Elle a 9 ans quand elle commence à être violée par un ami de ses parents. Ensuite, c’est l’amnésie traumatique et à l’adolescence, les souvenirs qui commencent à remonter. Un jour, à 17 ans, elle est dans la rue dans la petite ville du Tarn-et-Garonne où elle a passé une partie de son enfance, quand elle se fige. Elle voit son violeur et ça lui revient comme un boomerang.
“D’un seul coup mais alors sans prévenir… tout te revient… Bam !”
Andréa Bescond, comédienne et réalisatrice à franceinfo
Le premier viol date du 1er janvier 1989. À l’aube, elle dort à côté de son petit frère et en garde un souvenir très vivace. “Tu au tout ! Les gestes, la voix, les odeurs, le cadre, raconte-t-elle au podcast InPower. “Je me souviens regarder mon frère qui dort là, je me souviens qu’il y avait ses fils à lui qui dormaient à l’autre bout de la chambre, je me souviens du contexte total je me souviens que c’était ce putain de Nouvel An, qu’il avait convaincu mes parents qu’il fallait qu’on reste dormir là parce que, lui, il avait prévu son coup !”
Andréa Bescond finit par porter plainte. Son violeur, qui a fait d’autres victimes, est condamné à 10 ans de prison. On est alors en 2006, à l’époque elle a 27 ans et là voilà qui sombre. Comme elle fait toujours tout à fond, elle sombre à fond… Elle boit à outrance, fume "15 pétards par jour". Dans sa vie, elle a tout essayé, même l’héroïne.
En 2014, elle déballe tout au théâtre. Un seule en scène qu’elle a écrit comme une performance physique. Pendant 1 heure et demie elle bondit, sportive, musclée, d’un personnage à l’autre, tour à tour la victime, la mère, l’ami, le médecin, le policier, le violeur. Même si, comme d’habitude, Andréa Bescond s’autorise la dérision, l’humour, elle admet que tous les soirs elle a l’impression de monter sur un ring.
Le titre de cette pièce, sacrée par un Molière et qui plus tard sera adaptée au cinéma remportant deux Césars : Les chatouilles ou la danse de la colère. Car depuis toujours, depuis qu’elle marche, Andréa Bescond danse.
"Je balance l’énergie, comme ça, dans l’air "
Sur son CV, le prestigieux Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. La danse de la colère, elle l’apprend au milieu des années 2000 dans la rue à Los Angeles. Ça s’appelle le Krump. “Hop le bras il va là, je prends le genou, bim! Je fais un tour de tête clac clac ! Ça revient et là, bim ! Je balance l’énergie, comme ça, dans l’air !” détaille-t-elle dans le podcast La voix du corps
C’est intense, explosif. Les danseurs se font face dans un cercle. Parfait pour son tempérament de guerrière pacifique. “Tout le monde se motive et c’est relativement bienveillant. Et des fois par contre ça ne l’est pas. Des fois d’un seul coup c’est : ‘toi, tu te la racontes un petit peu et bien tu sais quoi, je vais te prendre et regarde-moi et là je vais te montrer !’” explique la comédienne.
Open Questions
- Quel est le contenu exact de la proposition de loi examinée ?






