«Apolline matin» : la matinale de RMC perturbée par la grève
Les programmes de RMC Story perturbés par une grève, tandis que les journalistes de BFMTV dénoncent des dérives éditoriales.
Quick Look
- Une grève syndicale a perturbé la diffusion de la matinale d'Apolline de Malherbe sur RMC Story.
- Parallèlement, plus de 200 journalistes de BFMTV ont interpellé leur direction concernant des dérives éditoriales et la banalisation de propos discriminatoires.
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Why It Matters
Les journalistes de BFMTV expriment un malaise croissant face à la ligne éditoriale de la chaîne, accusée par certains de banaliser des propos racistes.
Ce jeudi 5 novembre 2026, les syndicats ont appelé les salariés et les fonctionnaires à faire grève pour leurs salaires. Parmi eux, des techniciens du groupe RMC BFM ont décidé de suivre le mouvement en se mettant en retrait. En conséquence, «Apolline matin», la matinale de la station de radio présentée par Apolline de Malherbe, n’a pas été diffusée sur RMC Story. «En raison du mouvement de grève national à l’appel de plusieurs syndicats, les programmes de RMC Story sont actuellement perturbés. Veuillez nous en excuser. “Apolline matin” est à suivre en intégralité sans incident en radio sur RMC», a prévenu le compte RMC Inside dans un message publié sur X à 7h50.
Malgré les perturbations, Apolline de Malherbe a pu mener jusqu’au bout son émission et l’interview de Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a, elle, été diffusée comme d’habitude sur BFMTV. Les programmes de RMC Story ont repris normalement à 9 heures avec «Les Grandes Gueules».
En parallèle, des journalistes de la chaîne d’information en continu réclament, depuis plusieurs jours, des mesures. «Nous voulons retrouver la fierté de travailler pour BFMTV et ne plus craindre de donner le nom de notre média en reportage ou même dans notre vie privée», a écrit la SDJ (Société des journalistes) dans une lettre à la direction signée par plus de 200 journalistes et consultée par l’AFP. Ceux-ci pointent du doigt les «dérives éditoriales» sur leur chaîne. «Nous nous inquiétons de la banalisation de certains propos racistes ou discriminatoires sur notre antenne, parfois relativisés au nom du pluralisme. Les propos racistes constituent des délits, et notre impartialité ne doit jamais être confondue avec de la complaisance», ajoutent-ils.
Deux autres courriers ont été envoyés à la direction. L’un en début de semaine, signé par 160 techniciens du groupe, et l’autre mercredi après-midi par les chaînes locales de BFMTV. En recevant Éric Zemmour dans «100% Mabrouk», BFMTV s’est attiré les foudres de Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise. Ceux-ci accusent la chaîne de relayer des propos racistes.
Dans leur lettre, qui fait suite à une assemblée générale lundi, les journalistes demandent à la direction des «mesures concrètes» pour «couper avec cette image de chaîne raciste qui ne représente absolument pas [leurs] convictions». Parmi elles, un «recadrage systématique et sans équivoque des propos discriminatoires par les présentateurs», et un «meilleur suivi des invités pour éviter les personnalités problématiques, mais également la présence trop récurrente de certains». La rédaction réclame aussi plus de reportages et moins de débats.
En réaction, la direction de CMA Media, groupe auquel appartiennent BFMTV et la radio RMC, a annoncé plusieurs mesures. Notamment une «cellule invité» pour centraliser les demandes d’interviews de responsables politiques et renforcer «la diversité des profils» et «la publication mensuelle d’un baromètre du pluralisme» des antennes pour «rendre compte de la diversité des invités, des intervenants et des courants de pensée».
Ces décisions «ne constituent ni un changement de ligne éditoriale ni une reconnaissance des accusations portées contre nos antennes mais témoignent de la volonté de défendre nos chaînes, injustement mises en cause», a souligné dans ce message Jean-Philippe Baille, directeur général délégué à l’information de CMA Media. «Je conteste fermement les accusations insinuant que nos chaînes banaliseraient le racisme, a-t-il insisté. Recevoir une personnalité ne signifie ni partager ses convictions ni cautionner ses propos. Notre responsabilité est de l’interroger, de vérifier ses affirmations et le cas échéant de la contredire par les faits», a-t-il fait valoir.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Mise en place d'un baromètre mensuel du pluralisme par CMA Media.
Very likely · Within months
Open Questions
- Quelles seront les prochaines actions des syndicats ?
- Le baromètre du pluralisme calmera-t-il la rédaction ?






