Aux États-Unis, le sport des jeunes devient un marché lucratif pour les investisseurs, au détriment des familles
Quick Look
- Aux États-Unis, le sport des jeunes représente un marché de 40 milliards de dollars par an, avec des coûts moyens dépassant 1 000 dollars par enfant, en hausse de 46% depuis 2019.
- Les fonds de capital-investissement ont créé un écosystème payant, incluant des obligations comme le 'Stay to Play', poussant les familles à dépenser davantage dans l'espoir d'obtenir des bourses universitaires.
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Why It Matters
Après la crise financière de 2008 et la pandémie de Covid-19, les subventions publiques pour les installations sportives locales ont diminué, poussant les villes et les États à réduire leurs dépenses. Cela a créé un vide comblé par le secteur privé, notamment les sociétés de capital-investissement, qui ont vu une opportunité dans la demande constante des familles pour des activités sportives organisées pour leurs enfants.
Aux États-Unis, la pratique du sport pour les jeunes est devenue un marché très intéressant pour les investisseurs. Le problème, c’est que le coût de cette pratique pour les familles devient parfois difficile à assumer, en cette rentrée 2026. Selon l’Aspen Institute, le sport des jeunes représente un marché de 40 milliards de dollars par an. C’est gigantesque. En moyenne, une famille dépense plus de 1 000 dollars par enfant pour sa pratique sportive, un coût qui a augmenté de 46% entre 2019 et 2024.
Tous les sports ne coûtent évidemment pas le même prix, le hockey sur glace, par exemple, étant particulièrement cher. Mais, dans tous les cas, il faut payer les frais d’inscription, les équipements, les déplacements pour les tournois ou encore, à l’occasion, des coaches privés. L’une des explications à cette augmentation des coûts tient à la réduction des subventions après la crise financière de 2008, lorsque les villes et les États ont dû faire des économies. Même chose après le Covid : l’équivalent local des MJC ne pouvait plus accueillir autant d’enfants qu’avant. Une opportunité s’est donc présentée pour le secteur privé.
Les sociétés de capital-investissement ont compris que les parents voulaient que leurs enfants continuent à faire du sport. Elles ont donc racheté des structures, créé des clubs et mis en place tout un écosystème. Les clubs offrent souvent à des enfants de 10 ou 11 ans des conditions d’entraînement spectaculaires, à la limite du professionnel. Mais ces conditions ont un coût, puisque les sociétés qui financent les installations sont là pour faire du profit.
Dans le magazine The New Yorker, un ancien coach de lacrosse résume le fonctionnement : tout appartient aux investisseurs, des clubs aux équipements à acheter, en passant par les stades, mais aussi les hôtels situés à côté des stades. Des hôtels dans lesquels la famille de l’enfant a l’obligation de loger lors d’un tournoi, en réservant sur une plateforme qui appartient elle aussi à l’investisseur. On appelle cela le "Stay to Play", rester pour jouer.
Chris Murphy, un sénateur du Connecticut, a raconté sa propre expérience. Il filmait en direct sur son téléphone le match de hockey de son fils pour que sa famille puisse le regarder. On lui a dit qu’il devait arrêter, sous peine de voir l’équipe sanctionnée. Pour voir le match, sa famille devait s’abonner à un site de streaming à 15 dollars par mois. Un site qui appartient à la firme également propriétaire de la patinoire.
Alors pourquoi les parents acceptent-ils ce système ? Deux raisons principales. D’abord, ils ne veulent pas priver leurs enfants d’une pratique sportive organisée, plutôt que de les laisser seulement jouer à la balle dans un parc. Ensuite, c’est encore une question d’argent. L’université coûte très cher aux États-Unis et beaucoup de parents comptent sur une bourse.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Des États américains pourraient introduire une législation pour réglementer ou interdire les pratiques comme le 'Stay to Play' dans les tournois de sport jeunesse.
Possible · Within months
Open Questions
- Quelles réglementations pourraient être mises en place pour limiter les pratiques comme le 'Stay to Play' ?
- Quel est l'impact réel de ces coûts sur la participation au sport des enfants issus de milieux à faible revenu ?
- Les bourses universitaires obtenues grâce au sport compensent-elles réellement les dépenses engagées par les familles ?







