Baccalauréat et brevet 2027 : le ministère de l'Éducation durcit les sanctions sur l'orthographe
Un nouveau barème officiel précise les modalités de notation de la maîtrise de la langue pour les examens nationaux.
Quick Look
- Le ministre de l'Éducation a publié un nouveau barème pour le bac et le brevet 2027, permettant de retirer jusqu'à deux points pour fautes d'orthographe et de syntaxe.
- Cette mesure s'applique à toutes les matières, y compris les sciences.
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Why It Matters
Le niveau d'orthographe et de syntaxe des élèves français est en baisse constante depuis plusieurs décennies, corrélé à une réduction du volume horaire de français et à l'évolution des pratiques numériques.
Les élèves sauront désormais à quoi s'attendre, pour le baccalauréat et le brevet de juin 2027. Le ministre de l'Education annonce le détail des nouvelles règles pour l'orthographe, dans une publication au Bulletin officiel jeudi 17 septembre. Édouard Geffray avait pourtant déjà donné des consignes en 2025, qui n'avaient pas tellement été suivies. Le ministre de l'éducation a précisé son idée, à l'occasion d'un entretien au Figaro jeudi.
Jusqu'à deux points pourront être retirés dans une copie qui cumule les fautes d'orthographe et de conjugaison lors du brevet et du baccalauréat. Il s'agit d'un nouveau barème, avec quatre niveaux, allant de "très insuffisant" à "très satisfaisant". Le barème revient sur quatre critères : l'orthographe, la syntaxe, le lexique et l'organisation de la réflexion. Avec ce document, les correcteurs, mais surtout les élèves, sauront à quoi s'en tenir précisément.
Une mauvaise maîtrise sanctionnée dans toutes les disciplines
La maîtrise de la langue sera donc sanctionnée, quelle que soit la discipline y compris les maths, ou la physique. Pour les matières qui demandent plus de rédaction, comme le français ou l'histoire-géographie, le candidat ne pourra pas avoir la moyenne si la syntaxe ou le lexique ne sont pas au niveau. Ce dernier point ne changera pas vraiment avec ce qui se faisait jusqu'à présent.
En 2025, Édouard Geffray avait déjà poussé pour que l'expression écrite soit plus durement sanctionnée, dans les examens. Mais ça ne s'était pas vraiment traduit dans la réalité. Avec ce nouveau barème, publié dès le mois de septembre, le ministre de l'Éducation compte bien cette fois clarifier ses consignes.
Le ministre précise bien, qu'au-delà de ces consignes pour les examens, il faut que les établissements scolaires engagent des actions pour prévenir et réduire les difficultés des élèves. Il faudra voir concrètement ce qui peut être mis en place, sachant que la plupart des collèges et lycées ont des budgets en baisse. Ils ont aussi très peu de marge de manœuvre pour organiser des petits groupes, des ateliers ou des travaux de ce type pour faire progresser les élèves.
Un niveau en baisse depuis des années
Face à ce nouveau barème, certains critiques le fait de sanctionner les élèves plutôt que d'améliorer l'accompagnement durant leur scolarité. D'autant plus que le niveau d'orthographe et de syntaxe baisse depuis plusieurs années en raison de plusieurs facteurs. Premièrement, les élèves ont moins d'heures de français à l'école. Un collectif d'enseignants a calculé, il y aurait 500 heures en moins sur toute la scolarité depuis les années 1960. Les élèves lisent également moins et ont un temps d'écran élevé qui s'accompagne d'une plus faible concentration. Dans ce contexte, s'ajoute l'évolution des modes d'écriture : plus de textos et moins de stylos.
Tout cela joue sur le niveau en orthographe. Les fautes réalisées par les élèves se portent principalement sur les accords que sur les noms communs comme "chien" ou "maison" par exemple. La conjugaison est la source d'erreur multiple. Ils auront par exemple du mal à écrire "ils ont été vus" avec le "s" ou encore "elle tombait" en finissant par "ait". À peine un élève sur deux les écrit correctement. C'était près de 9 sur 10 en 1987.
L'origine sociale joue aussi. On observe un écart de six fautes entre les élèves des écoles considérées comme les plus favorisées et celles vues comme les moins favorisées. La baisse de niveau est aussi constatée plus tard chez les étudiants, parfois même chez les meilleurs, et ensuite dans le monde du travail.
Open Questions
- Comment les établissements aux budgets restreints appliqueront-ils ces consignes ?
- Quelle sera l'efficacité réelle de ce barème par rapport aux tentatives de 2025 ?







