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Carcassonne : enquête ouverte après des propos racistes et haineux de policiers municipaux
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France Info54 minutes agoCrime3 min readFranceView translation

Carcassonne : enquête ouverte après des propos racistes et haineux de policiers municipaux

Un brigadier-chef, également membre du service d'ordre du Rassemblement national, a été filmé à son insu tenant des propos racistes, misogynes et LGBTphobes lors d'une patrouille.

Quick Look

  • Une enquête judiciaire est ouverte à Carcassonne après la diffusion d'images de caméra-piéton montrant des policiers municipaux tenant des propos racistes, misogynes et complotistes.
  • Le brigadier-chef mis en cause a été exclu du Rassemblement national.

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Why It Matters

Les propos ont été enregistrés par une caméra-piéton lors d'une patrouille en novembre 2025. L'enregistrement a été révélé par le quotidien Midi libre en septembre 2026.

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Des saillies qui suscitent l'indignation. Des propos racistes, LGBTphobes et misogynes d'un policier municipal de Carcassonne (Aude), jusque-là membre du service de sécurité du Rassemblement national (RN), ont été révélés mardi 8 septembre par le quotidien régional Midi libre. Tenus lors d'une patrouille de police en novembre 2025, ils avaient été enregistrés par la caméra-piéton de ce policier, sans qu'il s'en rende compte. Franceinfo vous résume cette affaire, alors que la justice a ouvert une enquête.

Le 6 novembre 2025, un policier municipal de Carcassonne participe à une patrouille avec trois de ses collègues, relate Midi libre. Cet ancien militaire de 50 ans essaie en début de service sa caméra-piéton, un boîtier surmonté d'un petit objectif porté par les policiers et les gendarmes qui peuvent l'activer et l'éteindre à leur discrétion, lorsqu'ils redoutent un "incident" ou veulent constater une infraction, détaille la loi du 3 juin 2016. Mais alors qu'il pense l'avoir désactivée, la caméra continue en réalité de tourner, et enregistre les six heures d'échanges entre policiers qui vont suivre.

Sur les images, des "propos racistes, misogynes, complotistes voire putschistes, relevant pour certains du Code pénal" sont tenus, en grande partie par le brigadier-chef mais pas seulement, détaille le quotidien régional, qui diffuse plusieurs extraits de l'enregistrement. "Ils roulent vite, ces bougnes, hein ? Hier, ils étaient sur un chameau, aujourd'hui une voiture...", peut-on par exemple entendre dire le brigadier-chef. "J'en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l'Afghan…", lance-t-il également. A deux reprises, les personnes non-Blanches sont traités de "singes".

On entend également les policiers défendre les tortionnaires pendant la guerre d'Algérie, avant que l'un d'eux appelle à "un coup d'Etat, une dictature en France". Le brigadier-chef se prend par ailleurs à rêver que "les Russes viennent pour cinq-six ans" afin de "tuer les blédards" et "mettre au pilori Macron et tous les pédés".

Il tient aussi des propos sur la théorie complotiste transphobe selon laquelle Brigitte Macron serait une personne transgenre. "On essaye de cacher ça au monde entier", affirme-t-il, alors que le relais de ces fausses informations sur les réseaux sociaux a déjà valu une condamnation pénale à plusieurs personnes. De manière plus générale, il tient des propos dégradants sur les femmes, assimilées à des "gonzesses" ou des "connasses".

Fin 2025, ces images circulent au sein du commissariat, entraînant le dépôt d'une plainte pour "atteinte à la vie privée" par le brigadier-chef, puis l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Carcassonne, relate Midi libre. De son côté, la mairie de Carcassonne assure que "la caméra individuelle dont sont issues ces images a été dérobée, soulevant de graves interrogations quant aux conditions dans lesquelles ces vidéos ont ensuite été récupérées et diffusées".

La justice a confirmé mercredi auprès de l'AFP s'être saisie du dossier, sans préciser la date d'ouverture de l'enquête. Sollicitée par franceinfo, la procureure de la République, Géraldine Labialle, n'a pas confirmé le dépôt d'une plainte préalable par le policier.

En plus de ses fonctions au sein de la police municipale, le brigadier-chef que l'on entend dans la vidéo est aussi engagé auprès du Rassemblement national. En février, il a participé au service d'ordre d'un déplacement à Carcassonne du président du parti d'extrême droite, Jordan Bardella, selon des photos de l'AFP. Au lendemain de la publication de l'article de Midi libre, le RN a annoncé à France Télévisions l'avoir exclu "du parti et de toutes ses fonctions bénévoles, notamment au sein du service d'ordre".

"On ne peut pas tolérer ça", a réagi auprès de l'AFP Louis Aliot, maire RN de Perpignan (Pyrénées-Orientales) et vice-président du parti. "Ces gens-là sont des irresponsables dangereux. Ils jettent la suspicion sur l'ensemble du corps de la police municipale. C'est évidemment un cas isolé", a-t-il assuré, bien que le brigadier-chef ne soit pas le seul à tenir des propos racistes dans la vidéo.

En début d'après-midi mercredi, le maire RN de Carcassonne a tenu un point presse pendant lequel il a dénoncé "des propos scandaleux, à vomir". "Tous les protagonistes ont été suspendus", a annoncé Christophe Barthès.

Elu lors des municipales en mars, l'édile maintient sa ligne de défense : il n'était pas au courant de l'existence d'une enquête judicaire sur cette affaire, ouverte avant d'arriver aux affaires. Il dénonce "une volonté de nuire à la nouvelle équipe municipale". "Nous avons embauché un chargé de mission (...) pour réorganiser la police municipale à Carcassonne", a-t-il aussi promis.

La ministre déléguée chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé mercredi sur RMC des propos "absolument inacceptables", qui constituent selon elle un "délit", et a regretté "une libération de la parole raciste".

La présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, sur X, s'est dite "écœurée par ces propos racistes, misogynes et ces appels à la violence de policiers municipaux de Carcassonne", et a appelé à ce que des sanctions soient prises.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Poursuite de l'enquête judiciaire par le parquet de Carcassonne.

    Very likely · Within months

Open Questions

  • Quelles seront les sanctions pénales pour les policiers ?
  • Comment la caméra a-t-elle été récupérée et diffusée ?

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This article was originally published by France Info.

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