Une enquête a été ouverte après la diffusion d'images de patrouilles montrant des policiers municipaux tenant des propos racistes et sexistes.
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Une vidéo de patrouilles de la police municipale de Carcassonne datant de novembre 2025 a été diffusée en mai 2026, révélant des propos racistes et sexistes d'agents.
Dans une vidéo diffusée ce mardi par Midi Libre, montrant des images enregistrées lors de patrouilles de la police municipale de Carcassonne, on entend plusieurs agents déverser un flot de propos racistes et sexistes. «Une vieille a percuté un bougnoule apparemment !», dit notamment un policier au central radio. «Oh génial», lui répond-on. Les images provenant d’une caméra-piéton déclenchée à l’insu d’un agent, remontent à novembre 2025 et ont entraîné l’ouverture d’une enquête par le parquet et d’une autre par la municipalité de l’époque. Lors d’un point presse, le maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès a condamné «avec la plus grande fermeté» ces propos «à vomir» et nie avoir eu connaissance de l’affaire.
Si à ce stade, il est encore difficile de déterminer la responsabilité de la mairie actuelle, les opposants politiques du RN ciblent le parti. Ils le soupçonnent d’avoir couvert l’affaire et notamment d’avoir maintenu en connaissance de cause l’un des principaux mis en cause, le brigadier-chef principal de la police municipale, également ancien membre de la sécurité du RN.
«Haine désinhibée et encouragée», selon Attal
Sur X, Gabriel Attal a mis en garde contre ce à quoi «ressemblerait une France dirigée par le RN», évoquant la «haine désinhibée et encouragée». «Au RN, les années passent, le racisme, le complotisme, la soumission, la bêtise et la haine restent», écrit-il encore. Pour son acolyte et ex-ministre macroniste Prisca Thévenot, «le FN façon Marine Le Pen est un décor de cinéma: derrière la façade refaite, l’arrière-boutique reste abjecte».
Carole Delga, la présidente PS de la région Occitanie se dit «écœurée» par ces propos racistes, misogynes et ces appels à la violence. Partageant un article du Midi Libre, révélant que le policier en question avait accompagné Christophe Barthès dans une opération visant à ridiculiser des manifestants de la CGT, en mai dernier, Olivier Faure estime que le RN «renie ses amis sulfureux chaque fois qu’ils sont découverts par la presse».
«Repère (sic) privilégié des racistes», selon Tondelier
Une autre candidate de gauche à la présidentielle, Marine Tondelier, dénonce, quant à elle, «la vidéo raciste la plus répugnante de l’année». «Loin de la dédiabolisation vendue par tant de médias, ce parti reste le repère (sic) privilégié des racistes dénués de toute once d’humanité», écrit-elle sur X.
Du côté de LFI, les élus ne se privent pas de ramener le RN à ses travers extrémistes, aussi la plupart des députés insistent-ils sur le fait que cet homme était membre du service d’ordre du RN, jusqu’au mois de février 2026. «Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le Rassemblement National ouvrent les yeux : rien n’a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme», affirme Manuel Bompard, le coordinateur de LFI sur X. Pour le député de Seine-Saint-Denis, Thomas Portes : «L’extrême droite dévoile une fois de plus son vrai visage.»
Jean-Luc Mélenchon qui ne se positionne pas sur l’enquête et la prétendue connaissance des images par Christophe Barthès, considère que cet extrait «montre un visage dont la police doit être débarrassée : racisme, islamophobie, sexisme et homophobie décomplexés.» Candidat communiste à la présidentielle, Fabien Roussel, se garde aussi de s’exprimer sur l’enquête mais évoque des propos d’une «gravité insupportable». Il estime aussi que «la banalisation de l’extrême droite» mène à une libération «de la haine».
«Une affaire purement montée», selon Louis Aliot
Face à ce déferlement de critiques, les élus du Rassemblement national tentent d’éteindre l’incendie. Reprenant la version de Christophe Barthès, tous prétendent que c’est l’équipe municipale centriste de l’ancien maire Gérard Larrat, qui a réintégré le policier dans ses fonctions, malgré ses outrances. Ils évacuent toute responsabilité de la mairie actuelle. Interrogé sur France Info, le maire de Perpignan, Louis Aliot a évoqué «un cas isolé» et une «affaire purement montée». «Depuis que Marine Le Pen a pris les rênes du parti», les «gens qui n’ont rien à faire chez nous» sont «systématiquement mis dehors», se défend-il, affirmant que le maire de Carcassonne ne peut savoir tout ce qui se passe au sein de sa police municipale.
Selon le député de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, «tout le monde peut vérifier : c’est le maire CENTRISTE qui a fait revenir le policier ’en toute connaissance de cause’». Sur BFMTV, le député de l’Yonne, Julien Odoul a évoqué des propos «abjects» et insisté sur le fait que «l’enquête interne a été diligentée par l’ancienne municipalité». Lorsque la journaliste pointe le fait que cette enquête administrative a rendu ses conclusions en mai, après l’élection de Christophe Barthès, Julien Odoul botte en touche. Le duo Le Pen-Bardella ne s’est pas exprimé sur la polémique, qui risque de connaître encore quelques rebondissements.
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Déroulement de l'enquête judiciaire ouverte par le parquet.
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