
Selon "Complément d'enquête", des locataires-gérants de l'enseigne Carrefour auraient organisé des ventes fictives de produits en promotion pour toucher indûment les remboursements des fournisseurs.
Une enquête de "Complément d'enquête" révèle une vaste fraude aux ventes fictives et faux tickets de caisse dans des hypermarchés Carrefour, visant à détourner les remboursements de promotions pris en charge par les fournisseurs.
AI-generated summary
Des ventes fictives de produits en promotion auraient été organisées par certains gérants pour percevoir indûment les remboursements des fournisseurs.
Du fromage vendu 30% moins cher, un pot de crème fraîche offert pour deux pots achetés, du pain de mie à moitié prix… Chaque semaine, Carrefour met à disposition de sa clientèle des promotions estampillées "remises immédiates". Ces ristournes sont prises en charge par les différents fournisseurs de l'hypermarché après chaque passage en caisse. Mais cette pratique semble avoir ouvert la porte à une vaste fraude reposant sur des ventes fictives de produits en promotion au détriment de ces marques, révèle "Complément d'enquête" dans son numéro du jeudi 15 octobre.
Selon les informations réunies par le magazine, un locataire-gérant du groupe – ces indépendants autorisés à exploiter un magasin sous enseigne Carrefour en échange du paiement d'une redevance – aurait organisé des ventes fantômes de produits en réduction. Objectif : encaisser indûment les remises immédiates déboursées par les fournisseurs. Pour étayer ses révélations, "Complément d'enquête" s'appuie notamment sur 15 tickets de caisse, datés de 2022, aux montants très élevés, imprimés dans un hypermarché de 9 heures à 9h35, soit moins d'une heure après l'ouverture du commerce.
Les documents montrent des ventes colossales, bien éloignées de simples courses : 776 bouteilles de spiritueux pour un montant de 17 000 euros, 20 347 bouteilles d'eau minérale facturées un peu plus de 8 000 euros, le tout en quelques minutes. "Ce genre de montant en caisse, ça n'existe pas", tranche une source anonyme interrogée par le magazine. Compliqué, en effet, d'imaginer un client charger cette marchandise dans sa voiture.
Cette source détaille un système qui, selon elle, se reproduit régulièrement : "Sur un ticket de 7 000 euros, vous allez avoir 2 998 euros qui vont être reversés au magasin par le fournisseur (…) sans que ces produits aient été vendus." Pour les tickets de caisse étudiés par "Complément d'enquête", le pactole pour le gérant représente en théorie 18 810 euros perçus de manière indue. Au total, "Complément d'enquête" a pu consulter 77 tickets de fausses ventes, étalées sur six journées en 2022 et 2023. Contactée, la direction de ce magasin n'a jamais répondu.
Un locataire-gérant mis en examen en Alsace
Selon plusieurs responsables de magasins Carrefour avec lesquels les équipes de "Complément d'enquête" se sont entretenues, ces pratiques ne seraient pas isolées. Beaucoup reconnaissent d'ailleurs y avoir recouru : "Ce sont des choses qui se pratiquent, je ne connais pas un magasin qui ne le fait pas. On parle de 100 000 euros par an", explique l'un d'entre eux. "Cela peut représenter entre 50 000 et 100 000 euros", ajoute un autre. Un dernier responsable se justifie : "Pourquoi est-ce qu'on le fait ? Parce que notre rentabilité est tellement pourrie qu'on fait ce qu'on peut pour essayer de l'améliorer, ou du moins [pour] survivre."
L'affaire des tickets de caisse, révélée par le magazine, en rappelle une autre, qui remonte à mai. A Illzach (Haut-Rhin), dans la banlieue de Mulhouse, un locataire-gérant Carrefour y est suspecté d'avoir escroqué 1,5 million d'euros auprès de ses fournisseurs en usant des mêmes méthodes.
Le parquet de Mulhouse a ouvert une information judiciaire pour "escroquerie en bande organisée", "abus de biens sociaux", "blanchiment" et "recel". Le gérant a été mis en examen, le 13 mai, pour "escroquerie en bande organisée" et "abus de biens sociaux", et placé en détention provisoire pendant trois mois, rapporte "Complément d'enquête". Il a reconnu "globalement les faits" selon le procureur de Mulhouse cité par ICI Alsace, mais conteste l'accusation de "blanchiment", d'après son avocat.
Le magazine révèle, photos à l'appui, qu'une caisse fantôme a été découverte par les enquêteurs dans l'arrière-boutique du magasin d'Illzach. Cet outil aurait permis au gérant de systématiser ces ventes fictives.
"L'argent va dans la poche du magasin"
Des centaines de magasins dans toute la France pourraient s'adonner à ce type de pratiques frauduleuses. Selon "Complément d'enquête", Carrefour avait déjà été interpellé, dès 2024, par l'un de ses fournisseurs. L'industriel, qui souhaite rester anonyme, avait envoyé plusieurs mails et s'était aussi adressé à l'Institut de liaisons des entreprises de consommation (Ilec), une association de lobbying qui défend les intérêts des marques face aux groupes de grande distribution. Il souhaitait signaler les mêmes dysfonctionnements dans "300 à 400 magasins" sous enseigne Carrefour.
"Déjà, sur quelques industriels, on est sur des montants de plusieurs centaines de milliers d'euros à chaque fois. Donc sur le tout, on est en train de parler de plusieurs millions d'euros [de fraude], c'est évident", s'inquiètent les représentants de l'Ilec. L'organisme a par ailleurs transmis un courrier aux 110 marques qu'il représente et dont les produits sont commercialisés dans les magasins Carrefour, afin de vérifier si elles pouvaient être concernées par de tels agissements.
Sur les 55 industriels ayant répondu, 17 affirment avoir remarqué des remboursements anormaux, soit près d'un tiers des sondés. "C'est de la captation de valeurs indues puisque l'argent qui doit aller dans la poche du consommateur va en fait dans la poche du magasin, ce qui est très grave d'un point de vue financier", condamne l'Ilec auprès de "Complément d'enquête".
"Carrefour n'hésitera pas à signaler les faits aux autorités compétentes"
Comme le révèle "Complément d'enquête", au printemps 2026, après l'affaire d'Illzach, la direction de Carrefour a adressé un courrier à l'ensemble de ses locataires-gérants. Le groupe y condamne fermement "ces faits d'une particulière gravité" et annonce que des sanctions seront prises pour "tout comportement similaire". "Carrefour n'hésitera pas à engager toute action utile afin d'obtenir réparation du préjudice subi, à signaler les faits aux autorités compétentes lorsque les circonstances le justifient et à tirer toutes les conséquences contractuelles de tels agissements", énumère le courrier.
Le groupe Carrefour pouvait-il avoir connaissance de l'existence de telles pratiques ? Cela semble techniquement possible, selon un ancien cadre de l'enseigne et d'après des documents internes que "Complément d'enquête" s'est procurés. Ils proviennent du logiciel du groupe qui centralise les comptes de 117 hypermarchés gérés par des indépendants et montrent l'existence de remboursements massifs de produits censés avoir été vendus à des clients avant de faire l'objet d'un remboursement.
En janvier 2026, la veille de la fin des promotions, l'ensemble de ces 117 hypermarchés a ainsi enregistré pour 1,114 million d'euros de remboursement en une seule journée. La palme revient à un hypermarché des Landes, qui a déclaré avoir remboursé ce même jour ses clients à hauteur de 170 000 euros. Six mois plus tard, au dernier jour d'une nouvelle période de promotion mi-juin, soit quelques semaines après l'arrestation du patron alsacien soupçonné de fraude et après le courrier de rappel à l'ordre de Carrefour, on constate que les montants liés aux remboursements chutent : 155 594 euros seulement pour l'ensemble des 117 hypermarchés, soit sept fois moins.
Sollicité sur toutes ces questions, Carrefour a de nouveau fermement condamné ces pratiques et affirme avoir renforcé ses procédures de contrôle après quelques alertes il y a un peu moins de deux ans. Il précise par ailleurs : "Bien que nous ayons un système de contrôle, la falsification délibérée de données informatiques constitue un acte frauduleux complexe à déceler." L'enquête ouverte pour escroquerie concernant le magasin de Mulhouse est, elle, toujours en cours. Son ancien gérant est présumé innocent. Le groupe Carrefour s'est constitué partie civile dans cette affaire.
AI outlook — possibilities, not facts
Poursuite de l'information judiciaire concernant le gérant d'Illzach
Very likely · Within months

The principal of a college and a teacher were injured by gunfire in front of their establishment in Aubagne in Bouches-du-Rhône. A 14-year-old student was subsequently arrested.
Rémy Daillet, instigator of the kidnapping of little Mia in 2021, was sentenced Thursday to six years in prison by the Paris criminal court. Thirteen other defendants were also sentenced to mostly flexible sentences.

The National Anti-Terrorism Prosecutor's Office is taking up the case of the shooting in a college in Aubagne involving a 14-year-old shooter fascinated by mass killings. Furthermore, two stolen Renoir paintings were found in Clermont-l’Hérault.

The 14-year-old schoolboy suspected of having shot in Aubagne claimed to be part of the TCC movement on TikTok. He shared numerous videos glorifying mass killings before his action.

A 14-year-old teenager opened fire with a shotgun in his college in Aubagne, injuring the principal and a teacher. Indicted, he was placed in pre-trial detention.

A 14-year-old schoolboy injured the principal and a teacher in an establishment in Aubagne. The Pnat took up the investigation, revealing the suspect's probable membership in the "True Crime Community", a movement glorifying ultraviolence.