Une analyse comparative des systèmes d'accès à l'enseignement supérieur en France et à l'international.
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Le système Parcoursup centralise les candidatures dans l'enseignement supérieur français. La France présente un taux de réussite en licence inférieur à la moyenne de l'OCDE.
En 2025, 980.000 personnes ont formulé des vœux sur Parcoursup, et près de 39.000 jeunes tout juste diplômés du bac sont restés sans proposition. Pourtant, d’après l’édition 2025 de Regards sur l’éducation de l’OCDE, 95 % des candidatures en France débouchent sur une place dans le supérieur. Le problème vient après : seules 34 % des inscriptions en licence aboutissent à un diplôme dans les temps, contre 43 % en moyenne dans l’OCDE. Ces écarts s’expliquent en grande partie par le modèle choisi. En France, on écrème au cours du parcours universitaire, tandis que d’autres pays sélectionnent dès l’inscription dans le supérieur.
Selon l’OCDE, dans près de la moitié des pays étudiés, la candidature se fait directement auprès des établissements. Seul un tiers passe par une plateforme centralisée comme Parcoursup. Le Royaume-Uni se rapproche du modèle français où via l’UCAS, on peut formuler jusqu’à cinq vœux (quatre en médecine ou en dentisterie), et chaque université fixe ses propres critères.
En Belgique francophone, les personnes titulaires du CESS, l’équivalent du baccalauréat, s’inscrivent directement auprès des établissements, sauf pour les filières à concours. Toutefois, cette ouverture a tendance à rallonger les études. C’est pourquoi, depuis 2022, la Belgique francophone a resserré la vis. La réforme du « décret Paysage » impose de valider les 60 crédits de première année en deux ans maximum, contre 45 crédits auparavant pour accéder à certains cours de l’année suivante, et de terminer le bachelier (équivalent de la licence) en cinq ans, sous peine de perdre son financement et de risquer un refus de réinscription.
Aux Pays-Bas, des critères plus lisibles qu’en France
L’algorithme de Parcoursup ne sélectionne pas : il transmet les candidatures aux établissements, qui décident sur la base des notes, des appréciations et parfois de la motivation. « Le problème ne vient pas tant de l’algorithme, qui n’est qu’un outil de mise en relation, que des critères non explicités par les établissements », estime Florence Rizzo, fondatrice d’Écolhuma, association de lutte contre les inégalités scolaires. Aux Pays-Bas, ces critères sont, selon elle, « particulièrement clairs, partagés et transparents. […] Je pense que c’est un sujet à travailler et sur lequel on peut s’inspirer. »
Contrairement à l’ancien système APB, Parcoursup ne tient plus compte de l’ordre des vœux. Le classement n’intervient qu’après la réception des réponses. (« oui », « non », « oui-si » ou « en attente »). Dès qu’une proposition est acceptée, les vœux moins bien classés sont annulés, ce qui libère des places.
Le nombre de vœux varie beaucoup d’un pays à l’autre : un seul au Brésil, trois en Slovénie, quatre aux Pays-Bas, cinq au Royaume-Uni, dix ou plus en France, en Allemagne, en Suède et en Turquie. Dans la plupart des systèmes centralisés, une seule offre finale est faite. Seule la Corée du Sud ne plafonne pas le nombre de propositions.
Candidater avant ou après le bac
En France, les vœux sont formulés avant les résultats du bac. En Chine ou en Corée du Sud, les candidatures se font après un examen. L’Espagne quant à elle combine la note du baccalauréat et celle d’un examen d’entrée pour établir un classement national.
La Finlande explore une troisième voie : l’université ouverte. « Il n’y a pas qu’une trajectoire unique qui permet d’accéder à telle ou telle formation », explique Florence Rizzo. Quels que soient leur âge ou leur parcours, toutes les personnes intéressées peuvent suivre des cours à frais réduits. En validant assez de crédits, elles peuvent ensuite candidater à un cursus diplômant.
Sélectionner tôt ou tard
Pour Florence Rizzo, la France oriente massivement vers l’université, parfois au détriment des filières professionnelles. En Allemagne, l’orientation intervient très tôt dans le cursus scolaire. Selon les Länder, « 50 % d’une classe d’âge est orientée dès 10-11 ans vers des écoles à vocation professionnelle, contre 20 % en France », explique Frédéric Turlan, spécialiste du droit du travail en Europe auprès de Touteleurope.eu. Un modèle qui rend les parcours plus clairs, mais qui réduit aussi le nombre de candidats à l’Abitur (équivalent du bac).
Dans d’autres pays, changer de voie est beaucoup plus facile. En Suède, par exemple, un tiers des places à l’université est réservé à l’obtention du test national (Högskoleprovet) ouvert à toutes et à tous, quel que soit l’âge. Les anciens bulletins scolaires ne sont alors pas pris en compte. « Ce dispositif permet à des personnes ayant eu des parcours de vie différents de bifurquer vers la voie universitaire de leur choix », explique Florence Rizzo.
L’exemple de nos voisins montre que la question dépasse, en France, la simple suppression de Parcoursup. « L’enjeu c’est de donner à 100 % d’une classe d’âge, les moyens d’avoir accès à un socle suffisamment exigeant de connaissance à la fin de la scolarité obligatoire à 16 ans », ajoute la spécialiste. Le défi est, en outre, de proposer une orientation plus précoce mais aussi moins définitive pour laisser le droit à l’erreur. Et ce, tout en revalorisant les filières professionnelles.

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