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Consommation de crack à Marseille : le désarroi des riverains face à une crise sanitaire et sociale
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20 Minutes59 minutes agoHealth3 min readFrance

Consommation de crack à Marseille : le désarroi des riverains face à une crise sanitaire et sociale

Dans le centre-ville de Marseille, l'usage de crack s'est intensifié au cours des derniers mois, provoquant l'exaspération des habitants et des commerçants face à des scènes de détresse quotidienne.

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La consommation de crack s'est intensifiée dans le centre-ville de Marseille, entraînant la détresse des riverains face à des scènes de rue quotidiennes et l'appel urgent des associations et des habitants pour des solutions concrètes.

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Why It Matters

La consommation de crack s'est développée à Marseille, alimentée par l'arrivée de consommateurs parisiens déplacés pour les Jeux olympiques et par la précarité.

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En contrebas de la gare Saint-Charles, un couple de touristes chemine sur le trottoir, traînant une valise à roulettes. Jetant un regard furtif, ils dépassent deux femmes d’une trentaine d’années, assises sur les marches d’une porte cochère. L’une d’elles fait chauffer quelques cristaux dans une cuillère en métal, avant d’inhaler le mélange dans une pipe déjà noircie. Cette scène à ciel ouvert, au milieu de la matinée, est devenue banale dans certains quartiers du centre-ville de Marseille, où la consommation de crack s’est renforcée depuis quelques mois.

Constaté depuis deux ans, via l’arrivée de consommateurs parisiens déplacés pour les Jeux olympiques, l’usage de ce dérivé de cocaïne hautement addictif s’est répandu comme une traînée de poudre dans les rues de la cité phocéenne. Entre marché saturé et précarité extrême, les réseaux se sont aussi adaptés, proposant des doses entre 5 et 10 euros. Sur le terrain, les associations en première ligne ont défini une vingtaine de « zones d’intervention prioritaire » où les usagers se rassemblent et consomment, notamment autour de la gare, de la porte d’Aix ou encore du quartier des Réformés. Mais cette répartition géographique évolue quotidiennement, au fil des opérations policières qui dispersent les consommateurs.

« Presque morts »

Dans le quartier autour de la place Alexandre-Labadié, située dans le 1er arrondissement, la vie quotidienne est marquée par ces errances. « C’est insupportable, on entend crier du matin au soir », témoigne Marie, résidente d’un immeuble qui donne sur le square de la place, plutôt déserté par les enfants et les personnes âgées. « Les gens se piquent, s’engueulent, on retrouve des seringues… », énumère-t-elle. Sa voisine, Catherine, confie éviter de sortir la nuit.

« Ce mois d’août a été atroce, on voit des gens drogués, étendus par terre, presque morts », poursuit Philippe, qui vit aussi dans depuis dix ans. « On a l’impression que ça va dériver vers une situation irrécupérable si on ne fait rien », redoute-t-il. Quelques mètres plus loin, la fermeture provisoire du « Sleep In », un centre d’accueil spécialisé dans la toxicomanie, pour des travaux liés à l’insalubrité des lieux, a créé une embolie au début de l’été.

« L’ambiance, c’est toujours aussi sport », constate Damien. Il travaille dans une bagagerie sociale proposant des casiers et un accueil de jour pour les personnes sans domicile. Il multiplie les anecdotes. « A 9 heures du matin, on m’a demandé du feu pour allumer une pipe à crack. Il faut s’habituer à ce genre d’interactions », reconnaît-il. Au bout de la rue, un homme se pique entre deux voitures.

Reprise du dialogue

« Ils sont au coin de la rue, devant les immeubles », balaie Benjamin, qui a ouvert son garage il y a deux ans dans le quartier. « Depuis deux mois, c’est un enfer », précise-t-il. Certains consommateurs s’installent même sur les motos, en exposition devant la boutique. « Les policiers ne font que passer », grince le commerçant, alors qu’une voiture de police s’engage dans la rue.

« Le problème prend des proportions énormes et on a l’impression d’être seul », se désole Thibault Imhoff, président du Comité d’intérêt de quartier (CIQ) « Chapitre-Réformés », qui déplore une « catastrophe sanitaire et sociale à tous les niveaux ». Ce Marseillais, habitant du quartier depuis trente-cinq ans, témoigne de mails d’alerte quotidiens envoyés par les riverains « tétanisés ». « On est dans une situation d’extrême dangerosité », ajoute-t-il, pointant des scènes « très violentes ». « C’est du Zola », lâche-t-il, épuisé par la situation. Il appelle pour une reprise du dialogue, avec les CIQ, pour avancer. « On a l’impression que ce n’est pas priorisé. On est tous dans la même galère, on aimerait voir des actions », martèle le responsable. Plusieurs pétitions de riverains circulent d’ailleurs sur les réseaux sociaux.

La médiation et les échanges avec ces derniers, c’est justement l’un des volets du plan global imaginé par le collectif Tempo, lancé en février. Face à l’urgence, des associations de première ligne sur la précarité à Marseille, historiquement implantées, se sont unies avec l’AP-HM et d’autres partenaires pour réfléchir à une stratégie commune qui permettrait une réponse à cette « crise du crack ». « Les habitants assistent à des scènes intolérables », reconnaît Marianne Poisson, coordinatrice du projet Tempo et salariée de Médecins du Monde. « Tant qu’il n’y a pas d’endroit sécurisé pour mettre à l’abri les consommateurs, ils resteront dans les rues et la situation sera plus risquée pour tout le monde », assure-t-elle.

Open Questions

  • Quelles mesures concrètes seront prises par les autorités ?
  • Quel est l'impact de la fermeture provisoire du Sleep In ?

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This article was originally published by 20 Minutes.

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