Crise du sport associatif : Pascal Chanteur alerte sur les difficultés financières
Le président de la FNASS dénonce une dégradation du pouvoir d'achat des familles et un manque de soutien politique.
Quick Look
- Pascal Chanteur, président de la FNASS, alerte sur la fragilisation du sport associatif en France.
- Entre inflation, baisse des subventions et difficultés de recrutement des bénévoles, les clubs sportifs font face à une crise majeure de financement.
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Why It Matters
Le sport associatif en France subit les conséquences de l'inflation et des arbitrages budgétaires des collectivités locales. Le pass Sport, dispositif d'aide, voit ses critères d'éligibilité se restreindre.
À l'heure de la rentrée sportive, les associations doivent composer avec la hausse des coûts, la baisse des subventions et des familles contraintes de réduire leurs dépenses. Pascal Chanteur, président de la Fédération nationale des associations et syndicats sportifs, alerte sur les difficultés qui fragilisent aujourd'hui le sport associatif.
L'inflation a grimpé en août à son niveau le plus élevé depuis trois ans au sein de la zone euro. Si le sport reste une part importante des dépenses de loisirs, le pouvoir d’achat des ménages se détériore. La pratique pourrait en pâtir ?
Pascal Chanteur : Oui, bien entendu. Les collectivités sont contraintes de faire des arbitrages. Les subventions s'amenuisent. La recherche de partenaires privés est de plus en plus difficile parce que la situation économique du monde de l'entrepreneuriat est en difficulté aussi. Donc tout va de pair. Les familles sont contraintes de faire des arbitrages parce qu'aujourd'hui les loyers augmentent, l'alimentation augmente, l'énergie, l'essence, l'électricité augmentent. Donc, à partir de là, il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il se passe [des arbitrages], et le sport en fait partie parce que le sport n'a jamais été spécialement un enjeu national au niveau de nos politiques depuis une cinquantaine d'années.
Quelles sont les premières difficultés aujourd'hui sur le terrain ? Qu'est-ce qui est menacé en premier ?
Aujourd'hui, la première des choses pour les associations, c'est le bénévolat. Il y a des gens qui cumulent plusieurs emplois pour essayer de trouver des solutions financières à la vie de leur famille, et à partir de là, ça va aussi à contre-courant du temps mis à disposition de la famille. On le voit, souvent les enfants sont laissés-pour-compte. Deuxième chose, le prix du matériel est excessif, même s'il y a des entreprises liées au sport qui font des efforts pour apporter le meilleur matériel à des prix assez concurrentiels, ça reste quand même un investissement. Et aujourd'hui, le pass Sport est en diminution. Il faut rentrer dans les cases et elles sont de plus en plus restreintes.
Le gouvernement, les parlementaires vont bientôt discuter du budget. L'an dernier, il a baissé pour le programme jeunesse et vie associative. Est-ce que vous avez un appel à lancer cette année ?
Je n'ai pas d'appel à lancer, j'ai affaire à des incompétents. Là, c'est un discours très critique à leur encontre. "Quand vous demandez un rendez-vous au ministère des Sports, personne ne vous répond."
La première des choses, c'est de remettre en avant, ce qui avait été plus ou moins fait dans le discours vis-à-vis des Jeux olympiques de Paris 2024, mais depuis, on voit que c'est encore une fois le grand néant. Donc oui, on a des infrastructures. Aujourd'hui, ces infrastructures, elles doivent continuer à être entretenues. Faire des infrastructures, c'est bien, mais les entretenir, c'est mieux, pour qu'elles vieillissent correctement et qu'on puisse les utiliser dans de bonnes conditions.
Donc, pour ça, il faut que les collectivités locales continuent de s'engager et que le gouvernement maintienne le budget ?
Bien sûr. Mais aujourd'hui, là encore, il va y avoir des arbitrages de fait. Mais je pense qu'au niveau du gouvernement, il ne faut pas attendre grand-chose. Je pense qu'aujourd'hui, les gens, les citoyens, doivent se prendre en charge et doivent être en capacité de pouvoir faire la démarche personnellement, parce que de plus en plus nous aurons des difficultés à demander de l'aide par des tiers.
Open Questions
- Quel sera le montant exact du budget alloué au sport lors du prochain vote parlementaire ?






