
La procureure de Ceuta dénonce une augmentation exponentielle des agressions sexuelles et un effondrement des services publics face à l'afflux massif de migrants.
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Ceuta est une enclave espagnole située sur le continent africain. La ville fait face à une pression migratoire récurrente, avec une crise majeure précédente en 2021.
«Un événement sans précédent dans l’histoire de notre nation.» C’est en ces termes que la procureur de Ceuta, Silvia Rojas, qualifie la crise migratoire à laquelle est confrontée cette enclave espagnole. À la fin du mois de juillet, 70.000 migrants sont entrés sur ce territoire autonome situé sur le continent africain, à la frontière avec le Maroc. Un mois plus tard, entre 5000 et 10.000 migrants sont toujours sur place, selon les différents chiffres avancés par les autorités. Pour la première fois, la justice locale s’est notamment exprimée au sujet des agressions sexuelles commises sur place depuis l’arrivée des migrants.
«Ces crimes ont connu une augmentation exponentielle depuis l’afflux massif de population», a confirmé la magistrate dans le quotidien espagnol El País. Elle souligne que certaines victimes étaient des migrantes mineures «particulièrement vulnérables du fait de leur statut irrégulier sur ce territoire». Silvia Rojas confirme que 23 plaintes pour agressions sexuelles ont été recensées depuis le début de la crise migratoire. Ce qui «représente presque un cas [d’agression sexuelle] par jour», souligne la procureur dont l’entretien a été publié le premier septembre, un mois après l’arrivée des premiers migrants.
Mais les chiffres sont probablement sous-estimés, selon elle. «Beaucoup de personnes ne portent pas plainte, soit par peur, soit en raison de leur situation à Ceuta», explique Silvia Rojas. «Le parquet a insisté sur la nécessité de mettre en place des mesures de protection pour les victimes, allant des ordonnances d’éloignement ou d’interdiction de contact à des mesures plus contraignantes, telles que la détention provisoire.» Par ailleurs, huit hommes font l’objet d’une enquête : quatre Marocains, trois Espagnols et un Belge.
«Ceuta est au bord du gouffre»
Pour la magistrate, qui était déjà en poste lors de la crise de 2021, cette nouvelle vague migratoire est sans commune mesure avec la précédente. «N’oubliez pas que Ceuta est une petite ville d’environ 80.000 habitants, et que le nombre estimé de personnes y entrant avoisine les 70.000, ce qui signifie qu’un territoire a en quelque sorte empiété sur un autre. C’est un événement inédit.» Cet afflux soudain a provoqué «l’effondrement de la plupart de nos services», explique-t-elle. «Les services de protection de l’enfance sont débordés. Mais ce n’est pas tout. Le système de santé, le système éducatif… Ceuta est au bord du gouffre (...).»
Lundi, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez a affirmé que 1200 mineurs étaient encore sur place. De son côté, Silvia Rojas parle de 1400 à 1600 personnes. Elle ne donne pas davantage de précisions sur leur âge ni sur la proportion de filles et de garçons. En théorie, la ville autonome ne peut accueillir que 29 mineurs. Un décret royal de 2025 prévoit la possibilité de mettre en place des mesures exceptionnelles à partir de 87 mineurs présents.
La procureur esquisse plusieurs solutions possibles face à ce débordement des flux habituels. D’abord, comme prévu dans le décret, «une répartition territoriale des mineurs». Par la suite, «la Commission de protection de l’enfance, composée d’experts, évalue la meilleure solution, qui peut consister à renvoyer les enfants dans leur pays d’origine ou à favoriser le regroupement familial si un membre de la famille a déjà franchi la frontière», précise-t-elle.
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Répartition territoriale des mineurs isolés vers d'autres régions espagnoles.
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