
Gabriel Perez, opérateur du téléprompteur à la Maison-Blanche, a amassé plus de 107 000 dollars en pariant sur les mots prononcés par Donald Trump grâce à son accès anticipé aux discours.
Un opérateur de téléprompteur de la Maison-Blanche a été sanctionné par la CFTC pour avoir réalisé plus de 107 000 dollars de gains en pariant sur les discours de Donald Trump grâce à des informations confidentielles.
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La CFTC a sanctionné un opérateur de la Maison-Blanche pour avoir parié sur des marchés prédictifs en utilisant des discours présidentiels non publiés.
Délit d’initié au ras du prompteur. Vous connaissez le téléprompteur, cette vitre teintée qui fait défiler le discours sous les yeux du président pendant qu’il fait semblant de vous regarder. Derrière la vitre, un humain appuie sur les boutons. Et cet humain lit le texte avant tout le monde. Gabriel Perez, opérateur à la Maison-Blanche, a estimé que cette petite avance valait bien quelques paris sur Kalshi. Le gendarme américain des marchés à terme n’a pas partagé son enthousiasme. Vendredi, la CFTC lui a présenté la facture, quelques mois après que la Maison-Blanche a interdit à son personnel de jouer aux marchés prédictifs avec des informations confidentielles.
Kalshi, le prompteur et l’heure d’avance sur Trump
Retour au 8 décembre 2025. Perez ouvre un compte sur Kalshi, la plateforme régulée de marchés prédictifs (on y achète des contrats qui paient 1 dollar si un événement se produit, zéro sinon). Sa spécialité, les « mention markets », ces contrats qui parient sur le fait que Donald Trump prononcera ou non tel mot lors de son prochain discours. « Tarifs douaniers » ? « Groenland » ? À chaque allocution, sa grille de mots croisés cotée en temps réel.
Sauf que Perez ne devinait pas. Il lisait. Selon l’ordonnance publiée par la CFTC le 28 août, l’opérateur avait accès aux discours présidentiels avant leur prononciation et « s’est approprié cette information en violation de son devoir de loyauté et de confiance ». Il avait donc le texte définitif sous les yeux, celui qui allait défiler, avant que le président ne le lise lui-même devant les caméras.
Entre décembre et février, la méthode a rapporté 107 539,02 dollars. Le centime figure dans l’ordonnance. Trois mois de lecture attentive.
La CFTC fait payer l’initié de Kalshi, remise fidélité comprise
L’addition tient en trois lignes. Restitution intégrale des 107 539 dollars de gains, 65 000 dollars d’amende civile et trois ans d’interdiction de trader sur toute plateforme enregistrée auprès de la CFTC. Total, 172 539 dollars et 2 cents. L’amende aurait pu piquer davantage. Le régulateur explique lui-même avoir consenti une « remise substantielle » au motif d’une « coopération exemplaire ». Comprenez qu’il a tout raconté dès qu’on le lui a demandé, ce qui est la moindre des choses quand on a laissé ses empreintes sur chaque contrat.
Parce que c’est bien là le plus savoureux de l’histoire. Ce n’est pas un lanceur d’alerte qui a coincé Perez, mais l’algorithme de surveillance de Kalshi, qui a trouvé que ses positions ne ressemblaient à rien de connu. La plateforme a gelé le compte, plus de 90 000 dollars dedans, puis a transmis le dossier au régulateur. Robert DeNault, responsable de l’application des règles chez Kalshi, a savouré le moment sur X, relayé par Fox Business : « Peu importe qui vous êtes, si vous violez nos règles ou la loi fédérale, vous en subirez les conséquences. » Côté Maison-Blanche, Karoline Leavitt rapportait dès juillet que le président jugeait l’affaire « profondément regrettable et, franchement, une honte ». Perez a été écarté cet été, puis déclaré « plus en poste ». Personne n’a précisé s’il est parti de lui-même.
Marchés prédictifs et Maison-Blanche, le mémo qui n’a pas défilé
Le plus drôle, enfin le plus gênant, tient au calendrier. Le 24 mars, le bureau de gestion de la Maison-Blanche envoyait un courriel à tout le personnel pour interdire l’usage d’informations non publiques sur les marchés prédictifs. Le mémo faisait suite aux paris étrangement bien placés sur Polymarket avant les annonces de Trump sur l’Iran. Perez, lui, avait déjà bouclé l’essentiel de ses paris. Le mémo est arrivé après la bataille, mais il est arrivé.
Et Perez n’est pas le seul client politique de la CFTC cette année. Le 31 juillet, l’ex-élu George Santos acceptait de payer 35 069 dollars pour avoir parié sur sa propre présence au discours sur l’état de l’Union, tout en publiant des messages trompeurs sur ses intentions. Deux dossiers politiques réglés par la CFTC en quatre semaines. Ajoutez le soldat américain qui avait gagné 400 000 dollars sur Polymarket en pariant sur la capture de Nicolás Maduro, et vous tenez un nouveau genre de fait divers.

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