Dividendes : la France en tête en Europe au deuxième trimestre
Les entreprises françaises ont distribué 70,4 milliards de dollars à leurs actionnaires, se classant deuxièmes au niveau mondial derrière les États-Unis.
Quick Look
- Au deuxième trimestre, la France a dominé les versements de dividendes en Europe avec 70,4 milliards de dollars distribués, se plaçant deuxième mondial.
- Cette performance, portée par Bolloré et Sanofi, suscite une vive polémique politique entre LFI et le RN.
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Why It Matters
Le rapport de Janus Henderson analyse les données des 1500 plus grandes capitalisations boursières mondiales. Les dividendes mondiaux ont progressé de 7,3% cette année.
Le montant des dividendes versés par les grandes entreprises françaises au cours du deuxième trimestre a été le plus important en Europe, et en deuxième place sur le podium mondial derrière les États-Unis, selon une étude publiée ce mardi. Les principales sociétés cotées en France ont distribué 70,4 milliards de dollars à leurs actionnaires (61 milliards d’euros), selon ce rapport du gestionnaire d’actifs Janus Henderson, qui analyse les données des 1500 plus grandes capitalisations boursières mondiales. La France est première en Europe, devant l’Allemagne (51,3 milliards de dollars), l’Italie (17,5 milliards de dollars) et l’Espagne (13,2 milliards de dollars), et deuxième au niveau mondial, derrière les États-Unis (177,2 milliards de dollars).
Parmi les entreprises qui ont soutenu le volume français, le rapport souligne notamment le versement exceptionnel de Bolloré SE, le groupe contrôlé par la famille de l’homme d’affaires Vincent Bolloré, de 4,2 milliards d’euros à ses actionnaires, dont une partie à des sociétés situées dans le giron du groupe. Le groupe pharmaceutique Sanofi a aussi été un contributeur important, «avec un dividende par action en hausse de 5,1%» cette année, «soutenu par les ventes du Dupixent», son médicament dont les ventes ont dépassé les 4 milliards d’euros, selon le rapport. Les actionnaires des sociétés françaises profitent par ailleurs de la très bonne dynamique du secteur financier, premier contributeur mondial avec 239,7 milliards de dollars, soit une hausse de 8,1% par rapport à l’an dernier.
Sur l’ensemble de la planète, les dividendes ont grimpé de 7,3% cette année, à 757,8 milliards de dollars, selon Janus Henderson. Les rachats d’actions, qui consistent à utiliser ses bénéfices pour acquérir ses propres titres - une autre façon de choyer ses actionnaires en augmentant la valeur des actions restantes -, ont bondi de 26,8%, à 572 milliards de dollars. Ces opérations, généralement plus avantageuses fiscalement qu’un versement de dividendes, ont été massivement réalisées par les groupes du secteur technologique (121 milliards de dollars) dans le monde.
Des actionnaires «nuisibles» pour LFI
Les chiffres révélés par l’étude ont suscité l’ire de la députée européenne LFI Manon Aubry. Sur le réseau social X (ex-Twitter), l’élue a dénoncé «61 milliards pris du travail de centaines de milliers de salariés qui aujourd’hui peinent à se nourrir et subissent l’envolée du prix de l’essence», qualifiant au passage les actionnaires de «nuisibles».
De quoi provoquer une réaction du président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella. «Il y a entre 4,5 et 5 millions d’actionnaires individuels en France, dont environ 3 millions sont des salariés actionnaires de leur propre entreprise. Représentante de Jean-Luc Mélenchon, Manon Aubry utilise le mot "nuisible", que l’on emploie par exemple pour désigner des cafards, pour qualifier ces millions de travailleurs et investisseurs français de toutes conditions. Quelle sera la prochaine étape de leur délire totalitaire ?» a répondu l’eurodéputé nationaliste.
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