Élections sénatoriales 2024 : le RN forme un groupe historique, LFI entre au Sénat
Quick Look
- Lors des élections sénatoriales françaises, le Rassemblement national dépasse le seuil nécessaire pour former un groupe de 15 sénateurs avec son allié UDR, tandis que La France insoumise fait son entrée au Sénat grâce à l'élection de Gabriel Amard dans le Rhône.
- Les résultats marquent une percée historique de l'extrême droite et une stabilité relative des groupes traditionnels malgré des pertes pour les écologistes, macronistes et radicaux de gauche.
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Why It Matters
Les élections sénatoriales françaises se déroulent au suffrage indirect par les grands électeurs. Elles renouvellent partiellement le Sénat tous les trois ans. Le scrutin de 2024 intervient à moins de sept mois de l'élection présidentielle, dans un contexte de montée de l'extrême droite et de recomposition du paysage politique français.
A moins de sept mois de la présidentielle, des élections avaient lieu ce dimanche en France mais seuls les grands électeurs votaient. Et lors de ce scrutin pour les sénatoriales, au-delà du maintien de la majorité de droite, c’est surtout le résultat du Rassemblement national qui est à noter. Le parti disposait déjà de trois sénateurs et en cherchait dix pour former un groupe. Un seuil dépassé.
La percée du RN, le premier sénateur LFI, des personnalités battues ou élues… Voici ce qu’il faut retenir des élections sénatoriales.
Le RN a désormais un groupe
C’était le principal suspense : le RN va bien pouvoir constituer avec son allié de l’UDR, le parti d’Éric Ciotti, un groupe d’au moins 15 sénateurs. Une première sous la Ve République, qualifiée par la candidate à la présidentielle Marine Le Pen de « victoire historique » et d' « étape majeure ». « Les résultats vont au-delà de ce que nous pouvions espérer, la percée est générale », a-t-elle estimé.
Grâce à son implantation locale, en particulier aux dernières municipales, le RN peut revendiquer de nouveaux élus dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Gard, le Vaucluse, l’Hérault, ainsi qu’en Seine-Maritime et en Gironde, remportée par la députée Edwige Diaz. « Aujourd’hui il n’y a plus aucun plafond de verre qui tient, même sur une élection à suffrage indirect », a réagi cette dernière, pressentie pour prendre la tête du groupe.
Prenant « acte » de la création à venir d’un groupe de l’alliance d’extrême droite, le président du Sénat Gérard Larcher, candidat LR à sa réélection, a affirmé que son rôle serait de « permettre à chaque groupe d’exercer pleinement ses droits », y compris dans les instances de la Haute Assemblée.
Entrée de LFI au palais du Luxembourg
Avec l’élection surprise du député insoumis Gabriel Amard dans le Rhône, La France insoumise fait son entrée à la chambre haute. Après avoir remporté trois villes du département aux municipales, les Insoumis sont parvenus à transformer l’essai. Le parti mélenchoniste a également revendiqué la victoire en Haute-Garonne du divers gauche Marc Péré, à la tête d’une liste LFI-EELV-Générations.
LFI n’a par contre pas eu la même chance chez les Français de l’étranger où sa candidate a manqué la marche de 3 voix, entraînant une passe d’armes entre le coordinateur de LFI Manuel Bompard et les Écologistes. Les deux camps qui n’avaient pas réussi à trouver un accord électoral s’en sont renvoyé la responsabilité par X interposé.
Stabilité des trois premiers groupes
La droite, le centre et le Parti socialiste restent les trois forces principales du Sénat, malgré une érosion du groupe LR liée en particulier à la percée de l’extrême droite dans la couronne méditerranéenne.
Selon un décompte partiel, LR (131 sièges avant le vote) perdrait environ sept sénateurs. Le groupe socialiste resterait stable et toujours à la deuxième place, devant l’union centriste, également stable.
Ce sont les Écologistes, les macronistes et les radicaux de gauche qui perdent proportionnellement le plus de plumes dans ce renouvellement de 178 sièges sur 348.
Les personnalités gagnantes et perdantes
Ex-LR passé à Renaissance, le président de la région Paca Renaud Muselier a été élu sénateur sur une liste soutenue par Gérard Larcher et les centristes, qui a obtenu deux sièges. Face à lui, la sénatrice sortante Valérie Boyer, qui a constitué sa propre liste LR avec l’appui de Bruno Retailleau, a également été élue. Bruno Retailleau a d’ailleurs facilement été réélu en Vendée.
La ministre de l’Aménagement du territoire Françoise Gatel a remporté son pari dans l’Ille-et-Vilaine. Ancien ministre d’Emmanuel Macron, le socialiste François Rebsamen a aussi été élu. S’il a repris sa carte au PS, rien ne dit qu’il rejoindra ce groupe.
Notre dossier Politique
Marie-Caroline Le Pen, la sœur de Marine, n’a en revanche pas réussi son pari dans la Sarthe.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le groupe RN-UDR sera officiellement constitué lors de la prochaine session du Sénat et participera activement aux débats législatifs.
Very likely · Within weeks
Gabriel Amard et les nouveaux sénateurs LFI demanderont la création d'un groupe parlementaire à part entière lors de la prochaine rentrée sénatoriale.
Likely · Within months
Les partis écologistes, macronistes et radicaux de gauche vont engager des réflexions sur leur stratégie électorale après leurs pertes proportionnellement importantes lors de ce renouvellement sénatorial.
Likely · Within months
Open Questions
- Le groupe RN-UDR pourra-t-il maintenir sa cohésion malgré les différences idéologiques entre les deux partis ?
- Comment l'entrée de LFI au Sénat va-t-elle influencer les débats législatifs, notamment sur les questions sociales et environnementales ?
- Quel sera l'impact de ces résultats sur la campagne présidentielle à venir, particulièrement pour Marine Le Pen ?
- Les pertes subies par les écologistes et les macronistes vont-elles entraîner des remaniements internes dans ces partis ?



